InFOrmation syndicale

MARDI 22 MAI GRÈVE DANS LA FONCTION PUBLIQUE - DU LUNDI 18 AU VENDREDI 22 JUIN STAGE CE/CSE - ...

18 avril 2011

IL Y A CDI ET CD..I

On connaît l'empressement généreux du patronat et du gouvernement à satisfaire les revendications des salariés... Comme en son temps pour le CPE, au motif de faire reculer la précarité et de favoriser l'emploi, ils proposent aujourd'hui un nouveau CDI .

Dans le privé, le Medef voudrait voir "évoluer" le contrat de travail, non seulement en allongeant la période d'essai à 3 voire 6 mois (1), mais en créant un unique contrat de mission à durée indéterminée. La durée de la mission n'étant pas déterminée, le patronat continue à parler de CDI. Mais ce CDI d'un type nouveau n'aurait plus rien à voir avec l'actuel CDI, puisqu'il prendrait fin avec la réalisation du projet...

En réalité, il s'agit donc de précariser l'actuel CDI !

Dans le public, le gouvernement, tout aussi empressé de faire reculer la précarité des actuels 875 000 non-titulaires, a proposé aux organisations syndicales un "protocole" de "cédéisation" qui concernerait une centaine de mille d'entre eux. Là aussi, il ne s'agit pas d'un CDI "classique" mais d'un "contrat de projet" assis sur le "métier" et non sur la "fonction".

Certes, le gouvernement a légèrement reculé sur ses premières intentions, mais il n'a rien lâché sur l'essentiel : le refus de titulariser sur poste les non-titulaires. Un coin est donc enfoncé contre le statut, comme cela se passe à la Poste, où c'est la condition de la privatisation.

Le secrétaire d'Etat à la fonction publique, Monsieur Tron, n'a pas caché que cette "cédéisation" d'une centaine de milliers de non-titulaires s'accompagnerait de la poursuite de la politique de suppression de postes statutaires par le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite (100 000 en trois ans), et que, de toutes façons, signature ou pas des organisations syndicales, le gouvernement légifèrerait à la veille des élections professionnelles du 20 octobre ...

C'est donc une signature "politique" que recherchait le gouvernement, une signature politique qui non seulement paralyse le combat pour la titularisation, mais surtout associe les sommets syndicaux à la "gouvernance" sociale telle que la revendique la CES.

La direction de la CGT ne s'y est d'ailleurs pas trompée, qui a paraphé le protocole Tron d'une signature "responsable" (sic), dans la foulée de son obstination à refuser le "retrait" de la réforme des retraites.

L'encre à peine sèche de l'aval à l'arnaque de la "cédéisation", le gouvernement annonçait le 31 mars le gel du point d'indice pour deux ans au nom de la "nécessaire réduction des déficits publics" ...


JA
___ __ _
(1)- Le "Contrat Nouvelle Embauche" a été pourtant condamné par l'OIT, parce que, entre autres, la longueur de la période d'essai pendant laquelle l'employeur pouvait licencier sans motif était "disproportionnée".