InFOrmation syndicale

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21 juin 2011

OVERDOSE DE THIBAULT, ILS PASSENT A FO

Le temps n'y fait rien : trois ans après l'adoption de la "Position Commune" MEDEF-CGT-CFDT à l'origine de la loi liberticide du 20 août 2008, et un an après avoir rejeté la proposition de FO de "bloquer le pays" par une une "grève franche" contre la "réforme" 2010 des retraites, Thibault et la direction CFDTisée de la Centrale de Montreuil ne parviennent toujours pas à "normaliser", "euro-normaliser", la CGT.

Il y a maintenant des années qu'au fur et à mesure que se cristallise l'axe Thibault-Chérèque, se développe en réaction au sein de la CGT une résistance croissante aux orientations confédérales.

En 2008, face à la "Position Commune" Thibault-Sarko-Parisot-Chérèque, on avait vu, non seulement à titre individuel des militants CGT dénoncer là une atteinte aux libertés syndicales élémentaires, mais aussi des syndicats locaux, nationaux également, et même des fédérations CGT prendre publiquement le contre-pied de la position confédérale.

Puis sur le dossier des retraites, on a retrouvé, montant au créneau, grosso modo les mêmes, mais considérablement renforcés par des pans entiers de la CGT vent debout contre la politique d'accompagnement Thibault-Chérèque.

L'exacerbation des tensions internes s'est traduite, au congrès confédéral CGT de décembre 2009 à Nantes, par la "désinvitation" en catastrophe du "camarade" Chérèque par Thibault et Le Duigou, obligés d'en passer par là pour d'éviter à leur complice un accueil sous les huées.


Quand ça ne passe plus...

Puis lorsque les contours, tant du projet gouvernemental sur les retraites que du consensus accompagnateur du "syndicalisme rassemblé" sur le sujet se sont précisés à l'épreuve des faits, ce fut l'heure du "grand écart" sur le terrain :

- Avec, au niveau national, les appareils confédéraux "rassemblés" (celui de Montreuil montant en première ligne) contre Mailly et contre le mot d'ordre FO de "retrait" du projet gouvernemental assorti de la proposition de grève interprofessionnelle,

- Et à l'opposé au niveau local, parfois départemental, une multiplication des appels FO-CGT (pouvant inclure dans une géométrie variable d'autres syndicats) sur la base de la grève et du "retrait".


Sous la poussée de la lutte des classes, un seuil décisif fut même franchi, avec passage de l'affirmation de la nécessité de la "grève pour le retrait" à la grève reconductible effective. Ainsi à Nantes à la CARSAT, chez les Municipaux, et aussi parfois dans l'industrie.

Comme en 2003, c'est sur Marseille que le phénomène connut le plus d'ampleur, avec un véritable blocage de secteurs-clé de l'activité économique phocéenne.

Et, à échelle nationale cette fois, la grève reconductible partit dans la chimie, le raffinage pétrolier en particulier (ainsi à Donges). Avec une implication particulièrement forte, qui valait bras d'honneur à Thibault et à ses diversions saute-mouton, des militants et syndicats CGT dans le mouvement.

... ça finit par casser

Voilà bientôt 8 mois que ces événements de l'automne 2010 sont passés. Mais Thibault, pourtant relayé par celles et ceux qui, à tous niveaux de responsabilités dans la CGT, ont lié leur sort à l'euro-syndicalisme d'accompagnement modèle CES, ne parvient toujours pas à corseter les résistances internes. Le resserrage à chaud des boulons s'avérant opération trop risquée, bien des congrès d'Unions départementales CGT ont ainsi dû être reportés, en spéculant sur une hypothétique retombée de la température au fil du temps.

Mais la "température" est loin de retomber partout. Et refusant d'être resserrés par l'appareil de Montreuil, il y a désormais des boulons qui pètent, et qui, fait jusqu'alors exceptionnel dans l'histoire de la CGT, tirent leur révérence et franchissent le Rubicon de l'adhésion à la CGT-Force Ouvrière.


En l'espace d'un mois, trois nouvelles sections FO viennent ainsi d'être créées suite à des scissions de syndicats CGT. Et ce n'est pas un pas un hasard, au vu du passé récent, si c'est dans la chimie que cela survient.

Au cours du mois écoulé, trois nouvelles sections FO se trouvent ainsi avoir été créées à l'initiative de militants et de responsables CGT de la chimie en rupture avec la "ligne Thibault" :

- à l'usine de Château-Gontier du Joint Français, filiale de Total,- à la raffinerie Total de Grands Puits en Seine-et-Marne,- et aux Tanneries du Puy-en-Velay (Haute-Loire), où le secrétaire du syndicat FO nouvellement constitué est Karim Bouzine, l'ancien négociateur fédéral CGT des conventions collectives du cuir et de la chaussure. Aux élections professionnelles qui viennent d'avoir lieu aux Tanneries, les candidats présentés par la toute jeune section FO ont obtenu le score prometteur de 35%.