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29 mars 2012

INTEGRATION REUSSIE DES POLICIERS MUNICIPAUX (ex-)CFTC A FO

Le 28 décembre dernier, plus de 80% des participants à l'assemblée générale extraordinaire du Syndicat National des Policiers Municipaux CFTC (SNPM-CFTC), se sont prononcés pour leur désaffiliation de la CFTC et leur adhésion à FO. Ils sont aujourd'hui intégrés au Syndicat National des Policiers Municipaux Force Ouvrière (SNPM-FO).

Avant d'additionner leurs forces, le SNPM-CFTC et son homologue FO étaient les deux principales organisations syndicales de la profession. En conséquence Force Ouvrière se trouve aujourd'hui être en position très majoritaire, voire ultra-majoritaire, dans la police municipale. On rappellera, pour mémoire, que de même dans la Police nationale la désaffiliation en 2009 d'UNSA-Police de "l'Union Nationale des Syndicats Autonomes", immédiatement suivie d'une "confédéralisation" à FO, a fait du SGP/Unité Police/Force Ouvrière la première organisation syndicale au sein de la Police d'État (47,8 % aux élections professionnelles de 2010, contre 37,6% à Alliance, et 9,7% à Unsa Police "maintenue").

En l'espace de deux mois après leur passage à FO, les policiers municipaux ex-CFTC y ont trouvé sans difficulté toute leur place : non seulement au sein du "nouveau" SNPM-FO, mais aussi du travail en commun avec les "Municipaux-FO", la Fédération des Services Publics et de Santé (les policiers municipaux relèvent de la Fonction publique territoriale), et des relations avec les UL et des UD Force Ouvrière.

Nantes constitue un exemple révélateur de cette intégration réussie.

Ce que souligne dans l'interview ci-dessous le nouveau secrétaire nantais et régional du SNPM-FO, Patrick Lefèvre, lequel occupait au cours des années écoulées les mêmes responsabilités au sein du SNPM-CFTC.
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L'Ouest Syndicaliste : Pourrais-tu brièvement nous faire un historique du SNPM-CFTC et résumer les raisons de sa désaffiliation de la CFTC ?

Patrick Lefèvre : Pour répondre au premier volet de ta question, il faut partir de deux textes fondamentaux, qui, dans la décennie 1990-2000, vont pour la première fois jeter les bases juridiques nationales, auparavant inexistantes, de la profession.
Jusqu'alors, les policiers municipaux n'avaient aucun statut, que ce soit concernant les conditions d'accès à la profession ou les garanties et obligations de ces fonctionnaires. Parmi leurs agents communaux, les maires pouvaient repérer dans les services techniques ou administratifs tel ou tel ayant le profil pour devenir policier municipal, et après une mise à niveau sommaire, l'affaire était entendue. D'une ville à l'autre, cela ne saurait surprendre, les conditions d'exercice du métier et de rémunération étaient des plus éclectiques.

Mais, depuis les années 80, la montée d'une nouvelle délinquance liée à l'urbanisation a conduit les maires à suppléer l'insuffisance des effectifs de policiers (d'État) par le développement compensatoire des polices municipales. De 5641 en 1984, les effectifs de ces dernières sont passés à 13100 en 1999. D'où la nécessité de déterminer des règles nationales à l'activité policière municipale. Il y a d'abord eu en 1994 fixation d'un "cadre d'emploi"; puis la loi du 15 avril 1999 a précisé les conditions d'exercice de nos missions, en même temps que nos droits et obligations spécifiques.

Dès lors était posée dans ce contexte la question d'une syndicalisation nationale de la police municipale se substituant aux diverses associations et petits syndicats professionnels datant des décennies antérieures. La CFTC sut répondre à cette aspiration, et, par le dynamisme de ses équipes militantes, faire des cartes syndicales. Cela y compris parmi bien des collègues totalement indifférents à la doctrine social-chrétienne, dont j'étais. La force de la CFTC, c'était son efficacité, appréciée tant au niveau national que local.

... Tout au moins jusqu'à ce que ce sentiment d'efficacité s'érode puis se transforme même vite en son contraire. Nous avons été de plus en plus nombreux à nous opposer à une ligne de la confédération trop "molle", alors qu'au gré des humeurs confédérales ces dernières années, notre syndicat et ses militants voyaient leur liberté d'action et leur indépendance bridées.

O.S. : D'où le passage à FO ?

Patrick Lefèvre : Un passage accéléré par les "accords de Bercy" et la loi du 20 août 2008, qui vouent la CFTC à la mort clinique obligée. A tous mes camarades qui militent encore à la CFTC, je rappellerais que FO n'est signataire ni de la "Position commune", ni des "accords de Bercy", et que ce gage d'indépendance fait toute sa différence avec les liberticides.
Voilà juste quelques semaines que nos pénates sont établies à FO. Et tant au niveau national que moi à Nantes, nous y apprécions nos conditions de travail militant. Nous y avons trouvé les moyens d'une efficacité nous faisant auparavant défaut.
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L' Ouest Syndicaliste : http://www.fo44.org/p/louest-syndicaliste.html