InFOrmation syndicale

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28 novembre 2012

18ème CONGRÈS DE L'UNION LOCALE DE ST-NAZAIRE & RÉGION

Un congrès réussi, à l'image du bilan militant depuis le précédent congrès de 2009 : environ 160 délégués étaient présents, et 25 syndicats sur 27 représentés, à la salle Athanor de Guérande où l'Union Locale Force Ouvrière de Saint-Nazaire et Région tenait son XVIIIème congrès, sous la présidence de Patrick Hébert et en présence de Bruno Cailleteau et Yann Couroussé, représentant l'Union Départementale, et des trois précédents secrétaires de l'UL : Félix Bichon, Bernard Probert et Patrice Dugué.
Christophe Priou, député-maire de Guérande, seul parlementaire du département à avoir voté contre le TSCG, est venu saluer le congrès, rappelant qu'à l'époque où il était salarié de la criée du Croisic, il était syndiqué FO.

Ce 18 ème congrès consacre une réussite militante en matière de syndicalisation. 
Tout en conservant, voire en accroissant sa représentativité dans ses bastions "historiques" originels (Airbus, les services de santé publique et privée, l’agro-alimentaire, la manutention, l’Enseignement…), FO est aujourd'hui parvenue à étendre le maillage _même s'il reste à parfaire_ de ses implantations à la plupart des secteurs professionnels et sur tout l'Ouest du département, que ce soit au Nord comme au Sud de l'estuaire.

Dans la métallurgie, le nombre des cartes syndicales s'est accru de 38%, dépassant désormais le millier. FO se trouve aujourd'hui en situation majoritaire à Airbus et Aérolia, mais aussi à Segula et Geometra. Les représentants de ces entreprises, et ceux de STX (où FO, seul syndicat à progresser en voix et en pourcentages, est passée de 4,6 à 8,44% aux dernières élections professionnelles), Aéroprod, Halgand, se retrouvent chaque mois à la commission exécutive du syndicat des métaux pour faire le point de la situation industrielle et coordonner les revendications. Une nouvelle section est en cours de constitution chez Espace.
Dans la santé, aux implantations dans les hôpitaux, les EHPAD (établissements pour personnes âgées dépendantes) du secteur social et médico-social, se sont rajoutés des établissements de la santé privée : Avalix /Etoile du Matin, La Cormière à Guenrouët, Camille Claude à Trignac, Les Tilleuls à Savenay.
Chez les territoriaux, FO est majoritaire au Croisic et en progression à St-Nazaire. Elle dispute le terrain à la CGT chez les pompiers professionnels.
Dans l'enseignement, la relève générationnelle est désormais assurée à la FNEC-FP-FO. Dernièrement le SNETAA a rejoint les rangs de FO dans les lycées professionnels.
Dans la grande distribution FO est devenue majoritaire au magasin Auchan de Trignac ; et on compte désormais une section au Géant-Casino St-Nazaire.
Dans l'agro-alimentaire, des sections chez ATI à Herbignac, la laiterie de Saint-Père-en-Retz et GAD Morand (abattoirs).
Au Grand Port Autonome de Nantes/St-Nazaire, entre autres grâce à sa section au Terminal Grand-Ouest de Montoir, FO est de même parvenue à étendre son champ de syndicalisation.
Dans le secteur des transports, avec la reconstitution du syndicat des transports Saint-Nazaire et Région, Force Ouvrière vient d'affirmer sa présence.
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EXTRAITS D'INTERVENTIONS ET INTERVIEWS





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Interviews : Gérard Caillon, Secrétaire de l'Union Locale et de Claude Arnau, Secrétaire du Syndicat des métaux.


L'Ouest Syndicaliste : Dans leur contribution annexée au rapport d'activité et d'orientation que tu as présenté au congrès, nos camarades du Syndicat des métaux rappellent que, depuis des décennies et ces dernières années encore, la CGT et la CFDT rêvaient d'une bi-polarisation du "paysage syndical" nazairien, avec relégation aux oubliettes de Force Ouvrière. En quelque sorte une préfiguration locale de la liquidation historique de notre confédération.
La "Position commune" MEDEF-CGT-CFDT et son clone pour la fonction publique, les "accords de Bercy", visaient même à porter l'estocade fatale.
Au vu du succès du congrès de l'UL, qui lui-même reflète le regain de FO dans la région nazairienne, les "condamnés à mort imminente" se portent plutôt bien...

Gérard Caillon : Au point même, ajouterais-je, d'inverser la situation et d'enterrer le mythe selon lequel CGT et CFDT seraient peu ou prou à elles seules "le" syndicalisme "nazairien". Dans mon rapport moral et d'orientation auquel tu faisais allusion, j'ai cité la liste de nos nouvelles créations de section, dans la métallurgie et la santé privée notamment, mais aussi dans des secteurs professionnels où jusqu'alors nous étions absents, ainsi les transports routiers ou l'industrie laitière. Et quand j'observe la géographie de nos implantations, je constate avec une vive satisfaction que notre dénomination d'Union locale FO de St-Nazaire et Région correspond bien à la "territorialité" militante que nous avons forgée en déployant nos activités dans tout l'arrondissement.
Tant dans le privé que dans le public, la réalité électorale vient confirmer la réalité militante. Nous sommes majoritaires dans la métallurgie à Airbus, à Aérolia, et désormais aussi dans plusieurs autres entreprises.
Etant aussi secrétaire départemental de la branche "santé" FO, j'ai suivi de près nos résultats locaux tant aux élections d'octobre 2011 dans la fonction publique hospitalière, qu'aux élections DP-CE de la santé privée. Il en résulte que là où nous sommes implantés, donc là où nos analyses, nos revendications et notre pratique syndicale se trouvent jugées sur pièces par les personnels, il y a un fort mouvement d'adhésion à nos orientations, ce quand bien même la prise d'une carte syndicale ne suit pas toujours. Dans 4 établissements (2 à Mindin, 1 à Guémené-Penfao, l'autre à Blain), FO a atteint les 100% des suffrages exprimés. Nous sommes respectivement à 76% et 69% des voix sur les établissements de Pontchâteau et de Donges. Fait révélateur de la tectonique syndicale locale, dès les élections DP/CE qui ont suivi sa constitution, la toute nouvelle section FO constituée au foyer de personnes âgées de Trignac a supplanté la CGT par KO dans ce fief historique cégétiste.
Dans les établissements hospitaliers où nous sommes présents, FO a obtenu la majorité absolue des suffrages à Savenay (85% des suffrages), Guérande / Le Croisic et l’IME de Mindin. A l'hôpital de Saint-Nazaire, avec 38,4% des voix, FO, en progression, a conforté sa première place.

O.S. : Les prochains objectifs de l'UL à l'issue de ce congrès ?

Gérard Caillon : Bien sûr pousser plus avant encore ce travail d'implantation. Avec pour objectifs le secteur "mutualiste" de la Cité sanitaire, également l'hôpital du Pays-de-Retz, et aussi des perspectives à concrétiser, à partir des points d'appui dont nous disposons, dans les services publics territoriaux, l'industrie, les transports, la sécurité, etc.
Mais l'UL engagera aussi toutes ses forces dans la grande bataille nationale qui pointe au tout proche horizon : la mise en échec des plans d'austérité annoncés du gouvernement.



L'Ouest Syndicaliste: Tu as accepté le mandat de secrétaire du syndicat des métaux en avril dernier, lorsque Yvonnick Dreno, pressenti comme coordinateur national FO-EADS, a souhaité se démettre de cette responsabilité locale qui avait été la sienne depuis 1995.
Huit mois plus tard que peux-tu nous dire de la situation de la métallurgie nazairienne et de la place qu'y occupe FO ?

Claude Arnau : J'ai lu dans un récent Ouest Syndicaliste le compte-rendu de l'AG du syndicat des Métaux de Nantes et Région. Il s'en dégageait que les entreprises métallurgiques étaient inégalement frappées par la crise, avec l'aérospatiale continuant d'être un secteur en expansion, tandis que la situation devenait préoccupante, voire carrément très inquiétante, dans d'autres segments de la production industrielle.
Ceci est vrai également pour la région nazairienne. Davantage même, puisque la distorsion des situations y est encore plus aiguë.
Comme à Nantes la conjoncture est plutôt porteuse dans l'aéronautique ; et cela tire vers le haut la charge de travail, non seulement à Airbus et à Aérolia (qui demeure dans le "périmètre" EADS), mais aussi dans les entreprises sous-traitantes. Dans ces dernières, FO a constitué un solide réseau de sections syndicales et mis en place une "coordination", qui, par delà la filière aéronautique proprement dite, intègre aussi les sections FO de la manutention et du nettoyage concernées par la sous-traitance "airbusienne".
La navale est bien sûr l'autre pilier historique de l'industrie nazairienne, avec un nombre d'emplois directs et induits continuant encore d'être supérieur à celui des emplois liés à l'aéronautique. Mais si ce pilier naval vient à disparaître, localement, c'est Florange sur une plus grande échelle. Depuis que la survie du chantier de Penhoët est menacée, le syndicat FO des métaux a été de toutes les manifestations de soutien à nos camarades de STX. Vu son enjeu, cette bataille n'est d'ailleurs pas qu'affaire de solidarité entre métallos. A cet égard l'engagement de l'UL comme de l'UD est entier. Le gouvernement a été saisi de notre revendication de nationalisation de STX. Ce qui n'est pas sans contraster avec la discrétion délibérée des autres syndicats sur la propre plate-forme de "participation majoritaire de l'Etat au capital de STX" qu'ils avaient accepté de cosigner, certes du bout des lèvres, avec FO en 2010.

O.S. : Ce n'est pas le seul point où FO se distingue de la CGT et de la CFDT dans les entreprises. Il y a aussi la pratique contractuelle, et son enjeu principal: l'amélioration du pouvoir d'achat...
C. Arnau : C'est de fait un signe distinctif qui prend localement une acuité particulière, vu la tradition nazairienne CGT et CFDT d'agitation pour l'agitation. A la gesticulation, FO oppose sa pratique de négociations salariales sérieuses avec les employeurs, assorties si nécessaire de la mobilisation des personnels quand cela s'avère l'unique voie pour débloquer les situations. Du coup le "paysage salarial" en vient à recouper le "paysage syndical". D'un côté, à Airbus et Aérolia, des accords salariaux supérieurs à l'inflation. De l'autre à STX, deux syndicats "représentatifs" au sens de la loi de 2008, la CGT et la CFDT, qui ont rejeté, en 2011 comme en 2012, les propositions de FO de mobiliser les salariés sur une plateforme revendicative crédible. Du coup, de l'agitation certes à STX, mais pas d'accord salarial, donc mains libres laissées à la direction pour ajuster à sa guise les salaires.
J'ajouterais à cela que les retombées au bas des feuilles de paye de la pratique contractuelle de FO dans les plus petites entreprises, où notre implantation est souvent nouvelle, commencent à marquer les esprits localement. Ainsi à Segula, Geometra et Halgand.
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OUEST SYNDICALISTE http://www.fo44.org/p/louest-syndicaliste.html