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28 novembre 2012

CARREFOUR MARKET: SOLDES MONSTRES SUR LES ACQUIS SOCIAUX

De plus en plus de magasins de l’enseigne deviennent franchisés. Les nouveaux patrons en profitent pour supprimer tous les avantages de groupe acquis par les salariés.
Le phénomène existait depuis des années, mais il s’accélère dangereusement. En 2012, quarante-cinq magasins Carrefour Market auront été franchisés, soit 10% du parc. «Un franchisé a le même type de gestion que Leclerc ou Super U, explique Jean-Marc Robin, délégué central FO chez Carrefour Market. Le patron utilise l’enseigne du groupe, mais il est indépendant et propriétaire du fonds de commerce, il gère lui-même le magasin.»

Carrefour Market, nouveau nom de Champion depuis 2009, emploie 30.000 salariés. La moitié des 1.000 magasins est intégrée au groupe CSF France appartenant à Carrefour, l’autre moitié –officiellement les magasins les moins rentables– est désormais franchisée.

Dans ce changement de statut juridique, les salariés sont les premières victimes. Ils perdent automatiquement, au bout de quinze mois, tous les avantages liés aux accords collectifs en vigueur à l’échelle du groupe Carrefour et de l’entreprise. Ils se retrouvent alors avec les seuls minima prévus par la convention collective.

«Ça correspond pour les salariés à une perte de rémunération brute annuelle de 15% à 20%, s’alarme Jean-Marc Robin. Ils ne bénéficient plus de la mutuelle, de la prévoyance invalidité, de l’intéressement, pouvant aller jusqu’à 1 100 euros, et d’une participation sur les résultats de Carrefour.» Le passage à la franchise a aussi des conséquences sur l’emploi. En premier lieu parce que «les repreneurs retirent parfois tout l’encadrement pour placer leur famille», poursuit le délégué FO.

15% À 20% DE PERTE DE RÉMUNÉRATION

Et les magasins étant généralement des structures de moins de 50 salariés, le personnel est fragilisé socialement puisque le CE et le CHS-CT disparaissent.

FO exige donc qu’en cas de passage à la franchise, l’entreprise impose aux repreneurs de conserver certains acquis, au moins la mutuelle et la prévoyance invalidité. «Ce sont des métiers durs, physiques, non reconnus et mal payés, poursuit Jean-Marc Robin. Avec la franchise, les salariés doivent travailler plus pour gagner moins. Et la direction leur dit de s’estimer heureux d’avoir encore un emploi. Les gens ont peur, si on établit un rapport de force ils seront en danger une fois le magasin sorti de la structure CSF.»

Les salariés de la Ferté-Alais (91) ont appris leur changement de statut fin octobre. Trois des quatre managers du magasin ont déjà été mutés. FO a demandé l’ouverture de négociations avec le repreneur pour le maintien d’acquis sociaux. Mais selon un communiqué, le directeur régional affirme ne pas avoir la main sur ce dossier. Quant à la direction, elle s’est engagée à écouter tous les salariés et à étudier leurs demandes, mais sans garantie de résultats.

«Le pire c’est que tout est fait dans la légalité et la transparence», poursuit le délégué FO. Mais il continue de chercher la faille juridique qui permettrait d’enrayer ce système trop bien huilé.
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Article paru dans FO Hebdo n°3052