InFOrmation syndicale

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21 janvier 2013

AVALANCHE DE ZÉROS POINTÉS POUR LE MINISTRE DE L'ÉDUCATION

Décidément pour le Chef de l'Etat et le gouvernement, l'heure est aux rendez-vous ratés avec les "compromis historiques".

Il n'y a pas que pour l'accord de la honte, dit "accord interprofessionnel portant sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi" que l'impossible quête élyséenne du "consensus" tourne au fiasco.

Il en va de même (le fiasco est encore plus total) au niveau de l'Education nationale, où la feuille de route du ministre Peillon pointait l'obtention d'un consensus général, et plus particulièrement syndical, autour des deux missiles hollandiens dirigés contre l'Ecole de la République :
  • le projet de "loi d'orientation et de refondation de l'Ecole",
  • et le projet de décret portant réforme des "rythmes scolaires".

Lors du Conseil supérieur de l'Education qui s'est tenu le 14 décembre 2012, le ministre Peillon n'a pu rallier que 3 adhésions syndicales (UNSA, CFDT, SNALC) à son projet de loi.

Nouvelle gifle pour l'intéressé le 8 janvier 2013, où le CNESER (université) a rejeté le projet de loi sur la refondation de l'Ecole.

Mais sur le projet de décret relatif aux rythmes scolaires, là le ministre est carrément dégringolé au niveau zéro du consensus syndical. Lors du Conseil supérieur de l'Education du 8 janvier dernier, même l'UNSA et la CFDT n'ont pas osé émettre un vote favorable au projet de décret, qui du coup a remporté de haute lutte un total de zéro voix syndicale.

La portée de la déconvenue ministérielle est d'autant plus lourde que, par-delà les limites ministérielles de l'Education nationale, c'est "l'Acte III de la décentralisation" lui-même qui encaisse une jolie déstabilisation, ... avant même la sortie des cartons du projet de loi visant l'explosion-territorialisation de la République. (Le gouvernement n'a en effet jamais caché "l'adossement" à "l'Acte III" de la "refondation" de l'Ecole).

En la matière, nouvelle donne particulièrement inquiétante pour le gouvernement : à l'opposition des enseignants au décret sur les "rythmes scolaires", s'en ajoute une, grandissante, et qui risque de peser lourd dans le rapport de forces : celle des maires ayant le souci de préserver à la fois l'Ecole républicaine ... et des finances communales, bien souvent déjà exangues, qui vont être mises à contribution par les nouveaux "rythmes scolaires".

L'UD-FO a adressé aux maires du département le courrier que l'on lira ci-contre, pour les alerter sur les dangers du projet de décret du ministre de l'Education.

... Et d'ores et déjà les élus locaux sont nombreux à nous signifier qu'ils partagent nos analyses ...
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Le courrier de l'UD-FO aux maires du département les alertant sur les dangers de la territorialisation de l'Ecole Républicaine

Madame, Monsieur le Maire,

Il n’est pas habituel que nous nous adressions aux élus de la République que vous êtes, mais croyez bien que seule la gravité du sujet que nous abordons motive cette démarche inusitée.

Force Ouvrière, comme confédération, et en total accord avec sa Fédération Nationale de l’Enseignement et de la Culture, a toujours défendu l’Ecole de la République, bénéficiant de programmes et horaires nationaux et préparant les élèves à l’obtention de diplômes nationaux, inscrits dans les conventions collectives, dans des conditions d’égalité sur tout le territoire.

Or, la réforme des rythmes scolaires de Mr le Ministre Peillon met à mal cette égalité à laquelle Force Ouvrière est si attachée. En effet, cette réforme prévoit qu’une partie du temps scolaire doit être définie et financée localement, induisant nécessairement des différences entre élèves de telle ou telle commune. C’est un véritable processus de territorialisation de l’Ecole qui serait ainsi initié.

Qui plus est, sans doute n’ignorez vous pas que toute commune doit explicitement demander à ne pas appliquer en septembre 2013 les nouveaux rythmes scolaires, sinon selon le projet de décret à paraître prochainement, elle serait réputée avoir accepté tacitement la mise en place des nouveaux rythmes à la rentrée 2013.

Pour que l’application dans une commune soit repoussée à 2014, il faut donc que le Conseil Municipal le demande expressément le plus rapidement possible. En raison des inquiétudes de plus en plus fortes exprimées par les élus, les parents, les enseignants … la date butoir du 1er février vient d’être repoussée au 1er mars.

C’est cette urgence qui nous amène à vous solliciter pour que votre commune délibère (obligatoirement avant mars) en faveur de la non application dès 2013 de cette mesure que nous contestons vivement avec de très nombreux enseignants, ce qui permettrait que les personnels enseignants disposent d’un délai pour amener le Ministre à renoncer à cette réforme si néfaste.

C’est pourquoi nous avons cru de notre devoir d’en appeler à vous pour que vous fassiez usage de vos prérogatives, afin que les rythmes scolaires restent ce qu’ils sont actuellement, c'est-à-dire les mêmes pour tous les élèves de France.

En vous remerciant d’avance pour votre compréhension et votre action de défense de l’Ecole de la République, nous restons à votre disposition et vous adressons nos salutations distinguées.

Nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur le Maire, l’expression de nos salutations distinguées.

Patrick Hébert
Secrétaire de l’Union départementale
CGT-Force Ouvrière de Loire-Atlantique
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FO VOTE CONTRE LE PROJET DE DÉCRET SUR LES RYTHMES SCOLAIRES
CONSEIL SUPÉRIEUR DE L’ÉDUCATION: FO S’OPPOSE AU PROJET DE LOI DE REFONDATION DE L’ÉCOLE