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04 février 2013

CENT DIX MILLIONS D’EUROS DE L’ÉTAT À L’AFPA: POUR SOLDE DE TOUT COMPTE?

Visitant le plus ancien centre de l’AFPA, à Caen, le 14 janvier, Jean-Marc Ayrault a annoncé que l’État «investira 110 millions d’euros dès cette année». «Ces efforts de tous se prolongeront sur les années suivantes, a précisé le Premier ministre.


Au total, sur la période 2014-2017, c’est un besoin de financement de près de 430 millions d’euros que l’État, les partenaires qu’il réunira et les banques devraient financer.» Outre l’imprécision, on est loin des subventions destinées aux activités de ce qui fut, depuis 1946, l’outil des pouvoirs publics en matière de formation professionnelle des adultes.

Quand, le 22 novembre, les syndicats avaient appelé à la grève et à une manifestation nationale à Matignon autour d’un même slogan: «Financer l’AFPA, un devoir de l’État», FO revendiquait aussi et surtout le retour de celui-ci dans l’activité de l’association.

Aujourd’hui, FO considère toujours que «si l’État ne fait que renflouer les caisses sans garantir un volume d’activité suffisant pour maintenir l’équilibre financier de l’association, elle continuera de s’appauvrir avant de disparaître».

30% D’ACTIVITÉS PERDUES

Encore faudrait-il rompre avec les politiques menées depuis une dizaine d’années: en 2004, désengagement de l’État et transfert aux Régions des commandes publiques; en 2009, ouverture à la concurrence de la formation professionnelle avec obligation, pour l’AFPA, de répondre à des appels d’offres. «Depuis, explique Hervé Le Brun (FO), nous avons perdu 30% de nos activités.»

«Comment, se demande FO, l’État pourrait-il financer directement l’AFPA sans s’exposer à un recours de nos rivaux devant le Conseil national de la concurrence ou la Cour de justice européenne? Mais alors, ces 110 millions ne seraient-ils attribués que pour solde de tout compte?»

Enfin, le transfert prochain de nouvelles compétences aux Régions –le fameux acte III de la décentralisation– constitue un motif d’inquiétude supplémentaire.
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Article paru dans FO Hebdo n°3059