InFOrmation syndicale

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28 février 2013

GRÈVE MASSIVE À LA SÉCU POUR LES SALAIRES

Les dix organisations syndicales signataires de la Convention collective de la Sécurité Sociale avaient appelé les personnels de la sécu à se mettre en grève et à manifester à travers tout le pays le 7 février dernier. [lire : LES EMPLOYÉS ET CADRES DE LA SÉCU DANS LA RUE]

Une riposte au refus du gouvernement d'autoriser le directeur de l'UCANSS (Union des caisses nationales de sécurité sociale) à revaloriser la valeur du "point" en 2013... alors même que le directeur de l'UCANSS, lui, était prêt à ouvrir la négociation. Il s'en était expliqué en ces termes auprès des représentants des organisations syndicales lors de la "Réunion Paritaire Nationale" (RPN) du 18 décembre dernier :

"Pour le Comité exécutif de l'UCANNS (COMEX-UNCANSS), la négociation salariale, c'est bien l'augmentation de la valeur du point.

Mais le COMEX ne prendra pas le risque de mettre à la signature un accord qui ne sera pas agréé. Il ne proposera l'augmentation de la valeur du point que s'il a la garantie de l'accord des pouvoirs publics. Pour l'instant il n'a pas cet accord".

On ne saurait mieux résumer les conséquences de l'euro-étatisation de la Sécu, suite aux traités européens et à la règle d'or inscrite dans le dernier d'entre eux : le TSCG.

Qu'importe que les agents de la Sécu soient des personnels de droit privé régis par une convention collective, et que leurs salaires soient censés être négociés avec leur employeur dans le cadre d'une "Réunion paritaire nationale" ! Le paritarisme et la liberté de négocier doivent se faire hara-kiri sur l'autel de la Dictature de la Dette, dès lors que les dépenses de la sécurité sociale rentrent, au même titre que celles de l'Etat, dans le calcul des déficits publics sous surveillance européenne.

Voilà donc les salariés de la sécu renvoyés au même régime sec que les fonctionnaires : la succession des "années blanches" avec 0% d'augmentation du point d'indice.

En interdisant au COMEX toute marge de négociation sur la revalorisation du point, le gouvernement fait, une fois de plus, le choix de l'affrontement direct avec les salariés.

Par réaction, l'appel intersyndical des organisations signataires de la CCN de la Sécu marque l'entrée en résistance des quelque 150 000 personnels des organismes sociaux.

A Nantes, à l'instar du reste du pays, le mot d'ordre de grève a été exceptionnellement suivi : près d'un agent sur deux a cessé le travail, on a atteint jusqu'à 56,35% de grévistes à la Caisse d'allocations familiale et même 58,70% au CIRTI (Centre informatique de l'URSAAF).

Les métallos de Florange, de l'automobile, etc. dans la rue, les enseignants en grève contre leur ministre, la Sécu elle aussi en grève contre sa tutelle ministérielle, et demain vraisemblablement de même tous les fonctionnaires (à qui Mme Lebranchu vient de confirmer le gel du point d'indice, cf. ci-dessous) : décidément ça pousse fort, en ce début 2013, contre "l'ayraustérité".
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Extraits du discours de l'orateur FO, J. J. Leblay, devant les grévistes nantais

" (...) Il est parfaitement inacceptable que l’UCANSS, notre employeur, soit amenée à dire aux fédérations syndicales, le 18 décembre dernier, qu’elle n’est pas en mesure de proposer un accord salarial, car la tutelle, c’est-à-dire la ministre des Affaires sociales, a déclaré qu’elle n’agréerait pas un tel accord.

Au nom de quoi ce gouvernement refuse-t'il aux employés et cadres de la Sécurité Sociale une revalorisation de la valeur du point ? Au nom de la réduction des déficits publics exigée par l’Union européenne ! N’est-ce pas là la même argumentation que celle avancée par le gouvernement précédent ?

(...) Nous savons qu’aujourd’hui nous ne sommes qu’au début de notre combat, qui doit rester uni sur les revendications, et qui nécessitera de construire un rapport de force massif interprofessionnel, si nous voulons faire reculer le gouvernement et obtenir satisfaction à nos revendications ainsi que garder notre Sécurité Sociale. (...)"