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15 avril 2013

Agroalimentaire: DE LA FERME FAMILIALE À L’EXPLOITATION INDUSTRIELLE


«On ne compte plus que 75.000 exploitations en France, leur nombre a été divisé par dix depuis les années 1980», explique Jean-Pierre Mabillon, secrétaire fédéral chargé de l’agriculture à la FGTA FO. Et avec la suppression des quotas laitiers en 2015, la concentration va s’accélérer dans la filière. Selon la Fédération nationale des producteurs de lait, leur surface va doubler tandis que leur nombre sera divisé par deux. 


«Les petits agriculteurs ne font plus de lait car ils n’ont pas pu investir, poursuit Jean-Pierre Mabillon. Cette production nécessite de gros investissements et de lourdes charges. Les fermes sont devenues de vraies industries.»

Plus de fermes d’élevage sans bacs à lisier, puisqu’il est désormais impossible de rejeter les excréments dans la nature sans retraitement préalable. Il y a même des centrales au méthane qui permettent de fabriquer de l’énergie à partir du gaz recueilli. Tout est informatisé, des salles de traite à l’alimentation des animaux. Les tracteurs sont bourrés d’ordinateurs. Grâce à une puce électronique, les vaches peuvent même se faire traire ou manger à leur guise...

6.800 LITRES DE LAIT PAR VACHE ET PAR AN 

Si le nombre d’exploitations est en baisse, la production reste stable car la productivité ne cesse d’augmenter. Une vache fournit actuellement 6.800 litres par an contre 5.700 litres en 2000. «Comme le prix du lait n’a pas augmenté depuis trente ans hors inflation, les éleveurs ne peuvent faire leur marge que sur la quantité de lait produite, ajoute Jean-Pierre Mabillon. Et avec la fin de la PAC, le processus va s’accélérer. On va assister à un deuxième big-bang de la production de lait. À terme, les fermes seront mécanisées comme les gros céréaliers.»

Déjà, les deux tiers des exploitations produisent plus de 300.000 litres par an. Les fermes ont en moyenne 49 vaches, mais les plus grosses peuvent en posséder 200 ou 300. Et plus ils investissent, plus les agriculteurs ont besoin de salariés formés.

«Nos revendications concernent les ouvriers agricoles dont la compétence n’est pas assez reconnue, poursuit Jean-Pierre Mabillon. Le vacher n’est plus le pousse-brouette d’antan, mais un technicien de hautes compétences qui est aussi inséminateur, qui doit posséder des connaissances vétérinaires et même toucher à la génétique.»