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24 mai 2013

PLUS D’UN MILLIER D’OUVRIERS BANGLADAIS TUÉS DANS L’EFFONDREMENT DE LEUR USINE

 «Pendez les tueurs, pendez les propriétaires d’ateliers!», ont scandé des dizaines de milliers de manifestants le 1er mai au Bangladesh.
Une semaine plus tôt, le 24 avril, le Rana Plaza, un immeuble de huit étages abritant cinq ateliers de confection fournissant plusieurs entreprises américaines et européennes, s’était effondré à Savar, dans la banlieue de la capitale Dacca, provoquant la mort de 1.126 ouvriers.


La veille de la catastrophe des salariés avaient signalé des fissures sur le bâtiment, mais les employeurs avaient ordonné la poursuite du travail. «Les ouvriers sont en colère après ce qu’ils considèrent comme le meurtre de leurs collègues», expliquait Kamrul Anam, l’un des responsables de la Ligue bangladaise du textile et de l’habillement, aux journalistes pendant le défilé du 1er Mai. Et de conclure: «Nous voulons la punition la plus sévère possible pour les responsables de cette tragédie.»

Dès le 29 avril, l’OIT (Organisation internationale du travail) a envoyé sur place une mission de haut niveau «afin de proposer son appui et d’accélérer l’action de toutes les parties prenantes […] pour éviter que ne se reproduise un tel drame».

Responsabilité

L’Union européenne a elle exhorté le gouvernement bangladais à «agir immédiatement» pour faire respecter les normes internationales du travail, «y compris celles de l’Organisation internationale du travail». La Première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, a de son côté souligné la responsabilité des groupes occidentaux. «S’ils veulent faire des affaires, ces acheteurs devraient aussi envisager d’augmenter les prix de la confection pour que les affaires marchent bien, que la main-d’œuvre ait un bon salaire. Donc ils sont en partie responsables de cela», a-t-elle notamment déclaré.

Trois millions d’ouvriers (40% de la main-d’œuvre du pays) travaillent dans les 4.500 usines de l’industrie textile au Bangladesh, qui est le deuxième pays exportateur de textile au monde, derrière la Chine. Avec l’équivalent de 30 euros par mois, ils sont les ouvriers du textile les plus mal payés de la planète. Plus de 90% d’entre eux ne sont pas syndiqués car la législation interdit une véritable liberté syndicale. Pour le plus grand profit de Wall Mart, H&M, Mango, Tesco, Primark...


BANGLADESH DERNIÈRE MINUTE
Le 12 mai, le gouvernement bangladais a annoncé avoir créé une commission en vue d’augmenter le salaire minimum des ouvriers du textile. Elle sera composée des représentants des syndicats et des propriétaires des milliers d’usines du pays, qui seront par ailleurs inspectées. La mission de haut niveau de l’OIT, qui s’est rendue sur place du 1er au 4 mai, a notamment conclu à la nécessité de soumettre au Parlement, en juin prochain, un projet de réforme du droit du travail pour améliorer en droit et en pratique la liberté syndicale et la négociation collective.
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Article paru dans FO Hebdo 3075