InFOrmation syndicale

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30 septembre 2013

EN ALLEMAGNE, EN FRANCE OU AILLEURS...

Lors des commémorations du 150ème anniversaire du Parti Social-démocrate allemand (SPD), le 23 mai dernier à Leipzig, François Hollande avait fait l'éloge du «modèle allemand», et en particulier des réformes du «marché du travail» menées par l'ancien chancelier social-démocrate Gerhard Schröder. 
La chancelière Angela Merkel, présente à cette commémoration, avait également rendu hommage au SPD, son principal rival aux législatives, et adressé «toute sa reconnaissance et son respect» à l'ancien chancelier pour ses services rendus à l'Allemagne.

Hommage mérité ! C’est en effet Gerhard Schröder qui, en 2003, avec l’aide de l’ancien responsable des ressources humaines de Volkswagen, a imposé une série de mesures visant à «flexibiliser le marché du travail», à diminuer fortement le coût du travail et à reculer progressivement l’âge de la retraite à 67 ans.

Dix ans après les résultats sont édifiants. Selon plusieurs sources statistiques, il y aurait ainsi en Allemagne entre 7,5 et 8 millions de salariés titulaires de «mini-jobs», avec un salaire mensuel de 450 € maximum, exonéré de cotisations sociales pour les salariés et avec un taux fixe d'imposition de 30% pour les employeurs (13% pour l'assurance maladie, 15% pour la retraite et 2% de taxe). Un salarié sur cinq est en situation de précarité, et six millions d'allemands touchent aujourd'hui le «Hartz IV», l'équivalent du RSA !

Les mesures de Gerhard Schröder sont encore dans toutes les mémoires et expliquent sans doute la nouvelle défaite du SPD lors des élections législatives de dimanche dernier. Angela Merkel, pour sa part, propose déjà une alliance avec le SPD pour poursuivre la même politique, dictée par la Troïka, de soumission aux intérêts des marchés financiers, politique qui jette en Allemagne, comme dans toute l'Europe, les salariés dans la misère.

En Allemagne, comme en France ou ailleurs, les travailleurs ne peuvent compter que sur leurs propres forces, dans le cadre de l'action syndicale, pour faire échec aux mesures de déréglementation. Le scrutin de dimanche nous le rappelle une fois de plus: «l'émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes».
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Michel Le Roc'h, Secrétaire Adjoint de l'Union Départementale FO44