InFOrmation syndicale

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19 novembre 2013

PANNE GÉNÉRALE DES SALAIRES EN FRANCE

Article paru dans FO Hebdo 3094

La dernière étude de l’INSEE concernant les salaires 2011 montre des rémunérations en berne dans la plupart des secteurs d’activité, dans le public comme dans le privé. Les salariés continuent de payer la crise financière de 2007.

L’INSEE a publié le 31 octobre dernier son étude annuelle sur les salaires des français en 2011. Les salaires ont stagné dans le privé et régressé dans la fonction publique. Une hausse minime de 0,2% pour les salariés du privé et d’entreprises publiques tandis que les fonctionnaires, à la suite du gel du point d’indice en 2010, ont vu leur rémunération régresser (entre -0,1% et -0,8%).
L’analyse de l’INSEE montre donc que pour la deuxième année consécutive, les salaires sont les premières victimes de la crise. Alors que dans le privé ils avaient progressé de 1,2% en 2009, la hausse n’aura été que de 0,5% en 2010 ,puis de 0,2% en 2011. C’est la forte augmentation de l’inflation (2,1%) qui, en 2011, a absorbé l’essentiel des éventuelles hausses de salaires. Le salaire moyen mensuel dans le privé était ainsi de 2 130 euros net en 2011, mais cache toujours d’importantes disparités: 1.554 euros net pour un employé, 1 635 euros pour un ouvrier, 2 182 euros pour les professions intermédiaires et 3 988 euros chez les cadres.

LA FAUSSE AUGMENTATION DES SALAIRES OUVRIERS 
Mais même lorsque les statistiques indiquent une augmentation, celle-ci peut traduire une détérioration de la situation. C’est le cas pour les ouvriers notamment: sur le papier la moyenne de leurs salaires a augmenté de 2,1% en 2011. Or dans le secteur de la construction comme dans l’industrie, l’emploi décline. Cette augmentation masque donc les importantes pertes d’emplois qui ont particulièrement touché en 2011 les ouvriers les moins qualifiés et donc généralement les moins rémunérés. C’est parce que les entreprises se sont séparées de leurs salariés les moins bien payés que la rémunération moyenne fait apparaître une augmentation… et non parce que les ouvriers seraient individuellement mieux payés.

Dans le privé, les cadres connaissent une baisse de leur rémunération de 1,5% en 2011. Celle-ci intervient après une hausse de 1% en 2010, mais deux baisses consécutives en 2008 et 2009. Cette évolution, qualifiée de cyclique par l’INSEE s’explique selon l’institut par la forte part variable de la rémunération de ces salariés, qui est mécaniquement impactée en période de crise.

LES SALAIRES DU SECTEUR PUBLIC À LA PEINE 
La Fédération générale des Fonctionnaires FO rappelle que dans la fonction publique entre 2000 et 2012, la valeur du point d’indice n’a progressé que de 8,7% contre une hausse de l’inflation de 25%... Soit une perte du pouvoir d’achat cumulée de 16%. Chez les fonctionnaires, c’est en fonction du type de fonction publique (d’État, territoriale ou hospitalière) que l’évolution des rémunérations varie. Dans la fonction publique d’État (enseignants, policiers, magistrats…), elle s’établissait à 2 430 euros net contre 2 210 euros dans le secteur hospitalier et 1 820 euros dans la fonction publique territoriale (personnels techniques des établissements scolaires, salariés de collectivités territoriales…). Les disparités restent importantes entre les trois fonctions publiques, mais de plus s’accentuent. En effet, c’est la fonction publique territoriale qui compte le plus grand nombre de fonctionnaires de catégorie C et qui subit les plus importantes baisses de rémunération: -0,8%.À l’inverse, la fonction publique d’État, qui compte 60% de fonctionnaires en catégorie A, n’a vu ses salaires moyens baisser «que» de 0,1%.

Ces statistiques de l’INSEE portent sur 2011. 

Depuis aucune évolution de la politique économique n’a eu lieu, le gel du point d’indice des fonctionnaires a été maintenu jusqu’en 2014 et l’austérité s’aggrave. Quand les salariés cesseront-ils de payer pour rembourser une crise financière qui n’était pas la leur?