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18 décembre 2013

Austérité publique - LES ARRÊTS MALADIE EN FORTE HAUSSE AU SEIN DU PERSONNEL HOSPITALIER

Article paru dans FO Hebdo 3098

Selon une étude menée par FO Santé, l’augmentation des arrêts de travail d’agents hospitaliers pour raisons de santé représente l’équivalent de 10.000 emplois en trois ans dans les établissements publics.

La désorganisation des hôpitaux commence à avoir des répercussions sur la santé des personnels. La Fédération FO Santé vient de publier une étude sur la hausse des arrêts de travail pour raison de santé entre 2008 et 2011. Selon cette enquête, 103.000 agents hospitaliers sont quotidiennement absents, soit 10% des effectifs. Ces arrêts ne concernent que les absences pour raison de santé: maladies, accidents du travail, longues ma­ladies, maladies professionnelles...

«Si le taux d’absentéisme était resté le même entre 2008 et 2011, il y aurait aujourd’hui dans les hôpitaux près de 10.000 agents supplémentaires à leur poste de travail alors qu’ils sont aujourd’hui malades chez eux», synthétise l’étude. Ces chiffres ne tiennent pas compte des autres causes d’absence comme la formation, les congés, la maternité ou les activités syndicales...
L’enquête a été lancée début 2013 par la fédération auprès des syndicats FO des établissements de plus de trois cents agents. Elle est basée sur soixante-neuf réponses représentant 275.000 agents, soit 40% des effectifs concernés. Ces résultats ont été ensuite transposés sans pondération de l’ensemble des établissements publics hospitaliers, soit un million d’agents.
«Quand on sait que l’absentéisme est plus élevé dans les établissements les plus petits, ces résultats sont même sous-évalués, précise Denis Garnier, conseiller fédéral et auteur de l’étude. Nous avons présenté nos conclusions au ministère de la Santé qui ne les a pas contestées, c’est une validation des chiffres à l’échelle nationale.»

Denis Garnier a surtout été frappé par la hausse du nombre d’arrêts de travail (+16% en moyenne et +35% hors CHU) et de maladies professionnelles (+17,5% en moyenne) sur cette période. «Sur ce point, les hôpitaux sont en haut du hit-parade et se rapprochent du BTP, traditionnellement loin devant les autres corps de métiers», ajoute Denis Garnier.

La fédération a choisi de présenter cet absentéisme en termes d’emplois perdus. Selon l’étude, un agent n’est réellement présent sur son poste de travail que 175 jours par an. «Lorsque les donneurs d’ordre calculent des effectifs sur la durée de travail réglementaire ou théorique, c’est-à-dire sur un nombre de jours de présence supérieur à 175 jours, ils désorganisent le travail, génèrent des heures supplémentaires et favorisent l’évolution de l’absentéisme, poursuit l’analyse. Il est donc indispensable de remplacer les absences au travail, sinon l’absentéisme devient à son tour source d’absence.»

Appel à la grève le 10 décembre

Poursuivant ses actions de mobilisation, la Fédération FO Santé appelait les agents hospitaliers à faire grève le 10 décembre pour dénoncer l’aggravation des conditions de travail dans les établissements publics. Le 24 septembre dernier, elle avait rassemblé à Paris cent vingt délégués d’hôpitaux en difficulté budgétaire. Une délégation avait remis quatre-vingt-dix cahiers de revendications au ministère. En l’absence de réponse de la part du gouvernement, les délégués étaient invités, le 10 décembre, à déposer ces revendications à leurs autorités de tutelle locales, préfectures et agences régionales de santé (ARS). Une lettre ouverte à Marisol Touraine et une pétition en cours de signature seront également remises début 2014 au ministère.

Sous contrainte budgétaire, les gestionnaires des hôpitaux prennent des mesures de rigueur: suppression des RTT, non-reconduction de CDD, remise en cause de l’avancement à durée intermédiaire et même de la formation professionnelle. Les contrats de redressement financier induisent des restructurations avec des fermetures de lits, de services, d’établissements et des suppressions d’emplois. Selon FO, en 2013, quatre cents emplois ont été supprimés et le déficit atteint 900 millions d’euros.

Pour FO, cette question budgétaire doit être réglée globalement à l’échelle nationale. «Les directeurs sont contraints par des restrictions budgétaires, ils n’ont pas de réponse à apporter individuellement, estime Luc Delrue, de la Fédération FO des Services publics et de Santé. C’est à la ministre de décider d’arrêter. Nous voulons l’effacement de la dette des hôpitaux et la libération des budgets. Et en réponse, on nous annonce 500 millions d’euros d’économies dans les hôpitaux en 2014.»