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05 décembre 2013

CES POLITIQUES D'AUSTÉRITÉ QUI DÉGRADENT CROISSANCE ET EMPLOI

La presse en a peu parlé. Et pourtant, un rapport à en-tête de la Commission Européenne publié il y a quelques semaines confirme les effets désastreux des politiques d'austérité mises en place dans la zone euro de 2011 à 2013. L'auteur de cette étude n'est autre que le «modélisateur» en chef de la Commission Européenne, Jan In't Veld, économiste reconnu par ses pairs. 

Selon les travaux de Jan In’t Veld, l’austérité budgétaire aurait ainsi fait perdre à la France, en cumulé entre 2011 et 2013, 4,8% de croissance, soit une moyenne de 1,6% par an.
Le triste record de perte de richesse revient à la Grèce : sur cette même période, les politiques d’austérité infligées à Athènes se seraient soldées par une perte de croissance (toujours sur une période de trois ans) de 8,05%. Dans le camp des pays du Sud, l’Italie, l’Espagne et le Portugal ne sont pas en reste, puisque ces trois pays auraient perdu respectivement l’équivalent de 4,9%, 5,4% et 6,9% de PIB. Même la vertueuse Allemagne, toujours citée en exemple, y aurait laissé des plumes (2,61%).

Ces politiques d’austérité n’ont pas manqué de dégrader également un marché de l’emploi déjà mal en point. Ainsi, la France aurait aujourd’hui un taux de chômage inférieur de près de 3 points (à 7,8%), si Paris s’était contenté d’ajuster sa dépense publique uniquement en fonction de l’évolution potentielle de la croissance, quitte à creuser les déficits.

Jan In’t Veld a poursuivi l’évaluation des effets des politiques d’austérité appliquées entre 2011 et 2013 sur les années 2014-2018, en se plaçant dans le scénario où les États ne décideraient plus de nouveaux tours de vis budgétaires par la suite. De cette étude, il ressort par exemple que la France, l’Espagne, le Portugal ou la Grèce ne combleraient qu’en 2018 leur retard de croissance dû aux seules mesures d’austérité prises entre 2011 et 2013.

Cependant, et malgré cette étude, la Commission Européenne, loin de desserrer l'étau sur les États de la zone euro, annonce déjà une intensification des « réformes » nécessaires pour réduire les déficits publics. Bruxelles a ainsi validé le projet de budget français et souligné la nécessité de réduire encore le coût du travail. Alors que l'économie française est en berne, avec 107700 emplois détruits en un an et un pouvoir d'achat vacillant, la Commission Européenne propose sans surprise de poursuivre dans la même voie et avec davantage d'ardeur qui plus est. Et pour cause, l'objectif principal, à peine dissimulé, est d'accélérer le démantèlement des acquis sociaux, quitte, si c'est le prix à payer, à déprimer les économies des pays du Vieux Continent.

MLR