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06 décembre 2013

LES SAGES-FEMMES VEULENT PLUS DE RECONNAISSANCE

Article paru dans FO Hebdo 3097

La ministre de la Santé a entamé des discussions avec les syndicats et les associations pour améliorer le statut et les salaires de la profession.

Cigognes mais pas pigeons. C’est le slogan des sages-femmes, mobilisées depuis plusieurs mois pour davantage de reconnaissance. Elles sont 20.000 en France à accompagner les femmes enceintes tout au long de leur grossesse, de l’établissement du diagnostic jusqu’à l’accouchement. Ce sont elles qui animent les séances de préparation, prescrivent et effectuent les examens nécessaires, assurent seules la plupart des naissances. La majorité d’entre elles travaille à l’hôpital, les autres exercent en libéral. Elles ont de lourdes responsabilités médico-légales et des conditions de travail difficiles, incluant horaires variables, travail de nuit et stress.

Estimant que leur profession est largement méconnue, elles réclament plus de reconnaissance, à commencer par une revalorisation salariale. Malgré une formation à bac+5 et une première année de médecine, leur salaire mensuel net démarre à 1.610 euros en début de carrière et plafonne à 2.691 euros en fin de carrière.

Après plusieurs manifestations et un mois de grève illimitée, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a lancé, le 13 novembre, des négociations sur leur rémunération à l’hôpital. Mais la somme proposée –162 euros brut par mois– a été perçue comme une provocation par les syndicats. «Alors qu’elles ont gagné en compétence, leur salaire n’a pas été revalorisé depuis douze ans, dénonce Hervé Rochais, secrétaire fédéral à FO Santé. Nous ne voulons pas un rattrapage, mais une correction des erreurs.» Aucune date n’a encore été fixée pour la prochaine séance de négociation.

1.650 euros de salaire à bac+5

Le 19 novembre, la ministre a également ouvert les travaux sur le rôle et la place des sages-femmes dans le système de santé. Quatre tables rondes vont être mises en place: sur le statut, le parcours de soins, l’évaluation des décrets de périnatalité (effectifs) et la formation. La prochaine discussion était prévue pour le 2 décembre.

Les sages-femmes revendiquent une reconnaissance professionnelle de médecin de premier recours avant, pendant et après l’accouchement. Selon le code de la santé publique elles exercent une profession médicale, comme les médecins. Mais dans les faits, elles sont assimilées par la fonction publique hospitalière aux professions paramédicales, comme les infirmiers (les médecins, eux, ne sont pas fonctionnaires mais praticiens hospitaliers contractuels).

Pour améliorer leur statut et leur salaire, une partie des sages-femmes plaide pour une sortie de la fonction publique hospitalière, afin de devenir elles aussi praticiens hospitaliers.

«Nous ne voulons pas qu’elles quittent l’hôpital public et le statut de fonctionnaire, ce qui poserait un problème d’égalité et d’accès aux soins sur tout le territoire», réagit Hervé Rochais. En revanche, afin de gagner en reconnaissance et de sortir du giron des soins infirmiers, la Fédération FO Santé revendique l’ouverture d’une filière maïeutique spécifique au sein de l’hôpital public. Elle demande aussi que la formation initiale se déroule dans le cadre de l’université et non plus dans celui de l’hôpital-école.