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11 décembre 2013

LOW COST

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

La logique économique libérale en vigueur depuis le début des années 1980, en France comme en Europe, conduit à privilégier, au nom de la libre concurrence, la compétitivité-prix. 

Argument régulièrement avancé: la baisse des prix profite aux consommateurs.

Dans nombre de secteurs, au nom de la prétendue libre concurrence (ce qui n’existe que dans certains manuels d’économie libérale), cette guerre des prix et des coûts conduit au développement du low cost.

C’est vrai dans le transport aérien, la téléphonie mobile (cf. free), l’agroalimentaire ou d’autres secteurs.

Ces stratégies low cost se traduisent par une sérieuse remise en cause des droits, un tassement des rémunérations, un recours à des délocalisations (dans l’industrie comme dans les services avec par exemple les centres d’appels), une flexibilité accrue du travail et une dérogation aux conditions de travail, voire un irrespect du Code du travail et des conventions collectives.

Le dumping social est une des clés du low cost. On le voit également avec la directive européenne de 1996 sur les travailleurs détachés.

Force Ouvrière a d’ailleurs été la première organisation syndicale en France à dénoncer les dérives lors d’un sommet social à l’Élysée, en janvier 2012, sous le précédent président de la République. Le précédent numéro de FO Hebdo a bien exposé la situation.

Il est clair que ce qui prime c’est la liberté de prestation de service, pas les conditions sociales. La tendance des employeurs à avoir recours à une main-d’œuvre bon marché et flexible (parce qu’elle n’a pas le choix) n’est pas nouvelle. Ce fut par exemple le cas dans les mines il y a plus d’un siècle, quand le patronat privé de l’époque faisait venir les mineurs polonais à des conditions inférieures au niveau français. Il a fallu que nos anciens se battent pour qu’ils aient les mêmes conditions.

Fondamentalement, ce sont donc bien les modalités de la construction européenne qui sont en cause. Si nous avons toujours été européens, nous n’avons jamais été pour une Europe de la déconstruction sociale et du capitalisme libéral.

Cela explique aussi pourquoi nous sommes contre le pacte budgétaire européen et la logique d’austérité qui le met en œuvre.