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25 février 2014

FO-Cheminots creuse son sillon

Nantes, à l'unisson d'une tendance nationale porteuse.

Le vendredi 24 janvier 2014 s’est déroulée l’AG annuelle du syndicat des cheminots de Nantes. Elle a réuni 33 participants. Yann Couroussé représentait l’UD 44, et Eric Falempin, secrétaire général de la Fédération FO des cheminots, avait fait le déplacement.
Les adhérents ont fait le constat de la bonne forme du syndicat en ordre de marche pour les élections professionnelles du 20 mars prochain. Les rapports d’activité et financier ont été adoptés à l’unanimité.

A l'issue de l'assemblée générale Eric Falempin a accordé à l'Ouest Syndicaliste l'interview qu'on lira ci-dessous.




- L’OS : Lors de l’AG tu as informé nos camarades des intentions gouvernementales en ce qui concerne le transport ferroviaire et la SNCF elle-même. Peux-tu nous les résumer ?

Eric Falempin : C’est le 16 juin que se déroulera à l’Assemblée Nationale la 1ère lecture du projet de Loi sur la réforme ferroviaire. Cette étape a pour but de préparer le secteur ferroviaire à la concurrence. Dans ce cadre, on tente de faire croire aux cheminots que la réforme consiste à réunifier le système ferroviaire.
Tout au contraire, la Fédération FO des cheminots pense que le passage de 2 EPIC (RFF+SNCF) à 3 (avec un EPIC dit "de tête", et les 3 EPIC étant regroupés dans "Pôle Public Ferroviaire") va accentuer l’éclatement du système ferroviaire, et ceci sans qu’aucune garantie ne soit encore définie sur le statut du personnel et leur future réglementation du travail.
Et ce n’est pas seulement une réforme structurelle qui nous est proposée, cette réforme est aussi économique. Alors que les cheminots considèrent que la dette du système ferroviaire (SNCF+RFF : 40 milliards d’euros) est une dette du service public et qu’elle doit être reprise par l’Etat, on nous propose d’intervenir uniquement sur les frais financiers générés par cette dette, soit 1,5 milliard par an. Si une partie de ces frais devait être prise en charge par l’Etat, ce sont les cheminots par leurs efforts de productivité qui devraient en supporter la plus grande partie.

- L’OS : Le statut des cheminots serait directement menacé ?

E.F. : Oui, puisque le 3ème axe de cette réforme consiste à mettre en place une convention collective de la branche ferroviaire qui concernerait le personnel de la SNCF et tous les personnels des entreprises ferroviaires privées et qui remettrait en cause le statut des cheminots et leurs conditions de travail.

- L’OS : Dans ce contexte, la Fédération ne reste pas inactive?

E.F. : Notre congrès, réuni à Ronce les Bains au mois d’octobre 2013, a permis d’analyser précisément cette réforme et tous les dangers qu’elle pourrait avoir sur les cheminots et le service public ferroviaire.
Notre Fédération est aujourd’hui dans un travail d’explication avec les cheminots au travers de tracts, d’informations syndicales sur les chantiers et de grands rassemblements, ce qui devrait nous conduire, nous l’espérons, à une réaction unitaire des fédérations syndicales.

- L’OS : Lors de l’AG, il a été question des décisions du Conseil régional des Pays-de-la-Loire de poursuivre les économies sur les TER : 4 nouveaux millions d’euros sur les budgets régionaux des TER, ce qui aura des conséquences sur la qualité du service public et les effectifs et les conditions de travail des cheminots. Peux-tu nous dire un mot sur ce sujet ?

E.F. : les autorités organisatrices que sont maintenant les régions subventionnent sur leur territoire le transport ferroviaire et particulièrement les TER.
Si l’Etat, dans le cadre de la décentralisation, de la régionalisation, a transmis aux régions les missions de transport, il n’a pas pour autant transféré les moyens financiers pour répondre aux besoins du service public. Les régions cherchent donc à diminuer le coût du transport en diminuant les effectifs, en affaiblissant le statut et les conditions de travail des cheminots. Ces méthodes accentuent bien sûr l’affaiblissement du service public.

- L’OS : Tu es membre de la CE Confédérale, que penses- tu de la situation sociale générale et de la place que peut occuper notre confédération ?

E.F. : Contrairement à d’autres organisations syndicales et du fait de notre indépendance, nous n’avons pas appelé à voter pour tel ou tel candidat, pour tel ou tel parti. Ça nous laisse une grande marge de manœuvre, ça nous ouvre la liberté d’agir face à une politique libérale qui accentue la régression sociale. Force Ouvrière est devenue, grâce à cette indépendance, un élément central dans l’échiquier syndical. C’est à partir de FO que pourra s’installer un rapport de force qui permettra, je l’espère, de rétablir les salariés dans leurs droits.

- L’OS : Le 20 mars auront lieu les élections DP/CE à la SNCF. Dans quelle situation la Fédération les aborde-t-elle, et quels sont ses objectifs ?

E.F. : Un seul objectif, retrouver le droit de négocier, le droit d’établir un rapport de force quand c’est nécessaire.
Durant les 3 années qui nous séparent des dernières élections professionnelles, notre Fédération a maintenu son corps militant malgré la baisse des effectifs, elle a même enregistré des arrivées de cheminots venant d’autres organisations syndicales dites représentatives, que ce soit de l’UNSA, de la CGT ou de SUD-Rail.
Si ces militants nous ont rejoints, c’est sur nos valeurs, notre liberté, notre indépendance, puisque nous n’avons rien à offrir en terme de droit syndical.
Les cheminots, là où nous sommes présents, perçoivent aussi ces choses. Nous devons donc encore progresser en espérant que ce sera suffisant pour atteindre les 10% nécessaires.

- L’OS : Dans ce contexte, quelles ont été tes impressions sur la réunion nantaise à laquelle tu as participé ?

E.F. : Il y avait plus de monde que lors de ma dernière venue, avec des militants qui m’ont semblé combatifs, motivés et qui ont conscience des enjeux.
A l’image de notre Fédération, nul doute que le syndicat de Nantes devrait lui aussi progresser.
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