InFOrmation syndicale

Vacances de FO44.ORG, du 22 décembre 2017 au 8 janvier 2018

17 février 2014

Le temps est pourri

Par Patrick Hébert

Chaque jour une nouvelle annonce pourrie.
La dernière, nous la devons à Vincent Peillon. Ce ministre qui prétend imposer sa réforme des rythmes scolaires contre les enseignants, contre les parents d’élèves, et même contre une immense majorité des maires, propose maintenant de bloquer l’avancement des fonctionnaires.
Bien-sûr cette annonce a été désavouée par le gouvernement, mais nous connaissons la méthode : «on tâte le terrain»…
Après des années de «vaches maigres», le salaire des agents de la fonction publique est bloqué depuis 5 années. Dans le même temps les cadeaux aux patrons, pudiquement rebaptisés entreprises, s’additionnent.

Certes les gouvernements qui se suivent appliquent la même politique, celle de la troïka et en particulier de l’Union Européenne.
Mais celui qui est actuellement aux affaires est particulièrement réactionnaire.
Avec la suppression des cotisations pour financer les allocations familiales, il s’attaque à la Sécurité Sociale.
Avec l’acte III de la décentralisation et le «Pacte pour l’avenir de la Bretagne», il encourage les prétentions régionalistes qui cherchent à détricoter le code du travail et les conventions collectives.
Avec le gel de l’avancement des fonctionnaires, il ne touche pas seulement au pouvoir d’achat, il porte atteinte au statut de la fonction publique, qui reste un fondement de la démocratie et de l’égalité républicaine.
Cette politique rétrograde encourage bien évidemment les patrons et les couches les plus réactionnaires, qui, du coup, relèvent la tête… Le MEDEF se croit tout permis. Il a obtenu du gouvernement le «Pacte de responsabilité», c'est-à-dire des milliards au prétexte d’améliorer la compétitivité des entreprises.
Si l’on pousse cette logique jusqu’au bout, il faudrait baisser les salaires au niveau du Burundi, où le revenu mensuel moyen est de 20 dollars par habitant.

Et pourquoi pas le travail gratuit ? C’est ce que proposait la direction des chantiers STX de St-Nazaire, puisque l’accord que la CFDT était prête à signer prévoyait 20 minutes de travail gratuit par jour … Il aura fallu toute la détermination de nos camarades pour obtenir, malgré l’accord de compétitivité signé par la CFDT, un autre accord qui, lui, préserve très largement les intérêts des salariés.
Cette victoire est tout un symbole. Nous avons refusé d’entrer dans la logique que la direction voulait nous imposer, qui est la même que celle du pacte de responsabilité. Nous avons choisi la voie de la résistance et démontré que nous sommes prêts à prendre nos responsabilités.
Le gouvernement, n’en doutons pas, a suivi de près ce conflit. Il devra en tirer les leçons. Avec son pacte de responsabilité, il veut nous entraîner dans cette démarche de collaboration qui a fait chou blanc à St-Nazaire.
Le 29 janvier Jean-Claude Mailly a été clair : pas question pour nous de participer à cette prétendue négociation. C’est une question de principe. Face à cette offensive du patronat et du gouvernement, il n’est qu’une réponse possible.

Contrairement aux apparences qui peuvent tromper les «observateurs attentifs», le rapport de force est en réalité en notre faveur. Il faut lui permettre de s’exprimer.
Tel est le sens de la décision prise à l’unanimité de notre Commission Exécutive Confédérale d’appeler à la mobilisation le 18 mars. C’est la grève que nous préparons.
Nous savons que ce n’est pas gagné.
Comme toujours, il y a ceux qui chipotent, ergotent, ou parfois même attendent l’autorisation du bureau confédéral de la CGT … Mais ces réactions sont marginales donc secondaires.
L’essentiel, c’est que l’exaspération est à son comble, que la classe ouvrière est prête, à tout moment, à faire irruption.
Personne ne peut prédire que tel sera le cas le 18 mars. Mais, incontestablement, en prenant nos responsabilités, nous ouvrons la voie.
Face aux conférences sociales à vocation corporatiste du gouvernement, préparons la grève, la grève interprofessionnelle. De plus en plus nombreux sont ceux qui, naturellement dans Force Ouvrière mais aussi bien au-delà, sont convaincus qu’il faut y aller. Déjà dans la CGT, la FSU et Solidaires, de nombreux syndicats, Unions Départementales et Fédérations ont pris position et appellent au 18 mars.
Poursuivons ce travail militant si l’on veut qu’enfin «les corbeaux, les vautours, un ces des matins disparaissent» et qu'enfin brille le soleil toujours.