InFOrmation syndicale

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03 février 2014

L'explosion orchestrée de la République...

Les vrais et faux naïfs, qui s'étaient exercés à faire mine d'en douter, ne peuvent aujourd'hui plus nier l'évidence : l'opération "Bonnets Rouges", initiée au prétexte de "portiques éco-taxes" par le grand patronat breton et l'officine vaticane BZH dite "Institut de Locarn", était bien avant tout la rampe de lancement (à peine masquée d'ailleurs) d'une nouvelle offensive des séides de l'Europe des Régions contre la République et l'égalité de droit des citoyens sur le territoire national.


Gwenn ha Du déployés, nos héros sont vite passés de l'holocauste des "portiques" à celui du drapeau tricolore, symbole de la République une et indivisible et de l'héritage révolutionnaire de 1789 : voilà le
"charismatique"  maire de Carhaix et fondateur du "Festival des Vieilles Charrues" candidat déclaré aux prochaines élections présidentielles, porte-parole auto-proclamé non seulement du "peuple breton", mais s'il vous plaît aussi de tous les peuples "minoritaires" de l'Hexagone écrasés par "Paris", et dont la "Libération" ne peut bien sûr venir que de la très subsidiaire "Europe des Régions".
La "tartarinade" prêterait presque à rire, mais les leçons de l'Histoire sont là, qui ont appris à ne pas rire trop vite des affublements identitaires de certaines croisades, qui, sous l'effet de diverses conjonctions, ont tôt fait de mettre effectivement en danger réel les acquis non seulement politiques, mais aussi sociaux de la République.
D'autant que l'opération "Bonnets Rouges" aura été pour d'autres l'occasion de sauter dans le train en marche de l'Europe des régions après partance de Quimper. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que tous nos éminentissimes missi-dominici de Bruxelles, qu'ils officient en Bretagne (nos ministres "bretons"), en Pays-de-Loire (M. Auxiette), à Matignon, ou dans la Sainte-Chapelle du "syndicalisme rassemblé", au départ tous pris de court par le druide de Carhaix, ont vite avalé leur euro-dose de potion magique régionaliste pour reprendre, plein gaz, les manettes de la machine à démanteler la République et les garanties dont elle est porteuse. Petit retour en arrière :
- 16 octobre 2013 : J.M. Ayrault annonce le lancement d'un "Pacte d'avenir pour la Bretagne" ... mitonné dans les fourneaux de la démocratie participative. Méthode et objectif : "mobilisation de tous les partenaires sociaux pour (...) la construction d'un nouveau modèle économique breton" (Ouest-France 29 octobre 2013),
- 23 novembre 2013 : procession lorientaise (plutôt ratée côté affluence) derrière Laurent Berger, assisté de son collaborateur Thierry Le Paon, pour un "pacte social" breton, dénoncé par FO comme la photocopie à peine maquillée du "pacte d'avenir"  Ayrault,
- 10 décembre 2013 : présentation pour avis au CESER de Bretagne de la version définitive du "Pacte d'avenir" , avant le vote à intervenir le lendemain au Conseil régional pour adoption du texte.
Au CESER enthousiasme irréfréné de la CFDT, mais plus encore de la CGT-Bretagne (totalement acquise à la ligne Le Paon), qui salue l'avènement d'un "espace expérimental" breton ! (cf. ci-dessous). Même euphorie euro-celtique du PCF le lendemain au conseil régional pour voter le "pacte".

Du "Pacte d'avenir" 2013 à l'exhumation 2014 de la "Charte européenne des langues régionales"

- 13 décembre 2013 : signature à Rennes du Pacte breton par le Premier ministre en personne suite à l'adoption du texte intervenue la veille au Conseil Régional. Dans son discours, J.M. Ayrault ne se contente pas d'un banal propos sur le "Pacte d'Avenir". Il annonce en plus, allant ainsi totalement dans le sens des "Bonnets rouges" et des régionalistes bretons ... comme pas bretons ..., l'accélération d'un chantier en cours : l'adoption législative de l'Acte III de la décentralisation, et l'ouverture, ou plus exactement la réouverture/exhumation d'un autre : la ratification de la "Charte européenne des langues régionales", contraire à la Constitution certes, mais comme y'a urgence, c'est, si l'on s'en tient aux dates alors annoncées, dès la dernière décade de janvier que le Parlement devrait être convoqué, pour, une fois de plus, flexibiliser la Constitution en la ciselant aux normes bruxelloises de rigueur.
Nous ignorons si la cuisine par le gouvernement de la quenelle de Dieudonné lui laissera le temps de se lancer dans celle programmée de la Constitution. Mais si tel devait être le cas, c'est bien sûr immédiatement que nous devrions organiser la mobilisation et la résistance contre les héritiers du Maréchal Pétain, qui donna le coup d'envoi "historique" à la régionalisation et à la restauration officielle des "dialectes".