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05 février 2014

Pour la reconquête : grève le 18 mars !

Par Patrick Hébert
Contre les "empactés", contre l'austérité

Après le «Pacte d’avenir pour la Bretagne», voilà maintenant le «Pacte de responsabilité» !

Ça devient une manie ! Le gouvernement persiste à vouloir nous associer à sa besogne. A l’évidence, il a négocié en douce avec le patronat. Il lui accorde de nouveaux milliards d’exonérations et engage le processus qui risque de conduire à la liquidation de la Sécurité Sociale. Et en prime, il nous invite à apporter notre caution à cette ignominie.

Que le Président Hollande file le parfait amour avec M. Gattaz est une chose, mais nous ne sommes tout de même par obligés de payer la chambre !
Naturellement, les patrons jubilent. Le Président du MEDEF des Pays-de-la-Loire déclare à la presse : «Il a changé de nom, mais c’est bien le pacte de confiance que nous avons proposé. Ne le répétez surtout pas, surtout vous les médias, mais le Président Hollande est à la solde du MEDEF» (cf. Le Courrier de l’Ouest du 7 janvier - voir en page 6 pour plus de détails).
Dans ces conditions, nous demander de participer aux discussions relève de l’indécence. Comme l’a dit Jean-Claude Mailly, parce que nous sommes une organisation syndicale indépendante chargée de la défense des intérêts de la classe ouvrière, nous n’avons pas vocation à signer, ni même à cautionner ce qu’il faut bien appeler une démarche corporatiste. Nous laissons cela à d’autres…
D’ailleurs quand bien même, dans un moment de faiblesse, nous rejoindrions les rangs des «empactés», cela n’empêcherait pas la classe ouvrière de combattre. Nous avons déjà vu en Espagne comment les organisations syndicales qui avaient signé un Pacte social avec le gouvernement se sont rapidement trouvées débordées et contraintes à prendre la tête des manifestations contre ce qu’elles avaient elles-mêmes signé quelques jours auparavant. Franchement ce n’est pas glorieux !
Cette compromission des confédérations espagnoles conduit à des mouvements surprenants et imprévisibles. On se souvient qu'il y a quelques mois au Brésil la population est descendue massivement dans la rue pour protester contre la construction onéreuse de stades pour la Coupe du monde de football, alors que les services publics sont laissés à l’abandon.
A Burgos aujourd'hui, c’est pour s’opposer à un projet d’aménagement urbain que les habitants manifestent.
Ce mouvement parti de Burgos a fait tache d’huile dans toute l’Espagne ; et à Madrid le gouvernement a dû faire face à une véritable «émeute».

En France, le gouvernement commettrait une grave erreur s’il sous-estime la profondeur du mécontentement. Nous ne vivons pas en dehors du temps et de l’espace. La classe ouvrière a subi des coups, mais elle n’est pas défaite. Les manifestations et grèves en 2010 contre le plan Fillon ont montré sa capacité de mobilisation. En Tunisie le suicide de Mohamed Bouazizi, le 17 décembre 2010, a débouché sur une révolution qui n’est toujours pas terminée et qui s’appuie largement sur l’organisation syndicale, l’UGTT.

D’où viendra l’étincelle qui mettra le feu aux poudres ? Personne ne peut le dire !
C’est aussi, dans un tout autre style, ce qu’écrit l’agence de notation Moody’s. Certes elle maintient une note positive à la France, mais dans ses commentaires elle souligne que : "bien que le gouvernement ait introduit ou annoncé un certain nombre de mesures, la réalisation et l’efficacité de ces initiatives se heurte à la persistance de rigidités et à des tensions politiques et sociales».
Ce qui signifie d’ailleurs que l’agence Moody’s n’exclut pas de procéder à une dégradation de la note à moyen terme.
Les banques soutiennent le gouvernement mais doutent de sa capacité à mettre en œuvre les nouvelles mesures d'austérité annoncées.
Elles ont raison, car pour notre part nous n’avons pas l’intention de laisser faire.
Nous savons bien que seul le rapport de force peut obliger le gouvernement à renoncer à ses projets. C’est pourquoi il faut se préparer à la grève, il faut «bloquer le pays».
A l’appel de toutes les fédérations, les organisations syndicales de la Sécurité Sociale appellent à la grève le 18 mars. Cet appel concerne en premier chef les personnels de sécurité sociale, mais les revendications avancées sont aussi celles de toute la classe ouvrière.
Défendre la sécurité sociale, c’est défendre toutes nos conquêtes.
Défendre la convention collective, c’est aussi défendre toutes les conventions collectives et les statuts.
Revendiquer des augmentations de salaire et des créations d’emploi c’est exiger qu’on en finisse avec la politique d’austérité.

L’heure est à la mobilisation. 

Combattre les politiques réactionnaires imposées par l’Union Européenne, combattre le corporatisme rampant, c’est opposer la force de la classe ouvrière au patronat et au gouvernement.
Tel est le sens de la déclaration de notre camarade Jean-Claude Mailly en conclusion du meeting de notre Confédération le 29 janvier : " C’est pourquoi en ce 29 janvier 2014, au nom de la Commission exécutive confédérale unanime, nous avons décidé de faire du 18 mars une journée de rassemblements et de manifestations. Et nous sommes prêts à le faire avec d’autres organisations syndicales partageant les mêmes préoccupations ; et je m’adresse aussi  aux autres syndicats pour faire de ce 18 mars une journée de grève interprofessionnelle.
A FO nous y sommes prêts,
A FO nous sommes déterminés,
A FO nous en avons déjà le mandat ! "


Alors aucune hésitation, et que chacun prenne ses responsabilités. Mobilisons pour que le 18 mars soit le commencement de la reconquête !
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Meeting FO du 29 janvier 2014 - Discours de J-C Mailly