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22 avril 2014

Les « Importants »


par Patrick Hébert

Suite à sa débâcle électorale, le président Hollande, conformément aux institutions bonapartistes de la Vème République, a congédié son Premier ministre. La nomination de son remplaçant, Manuel Valls, a permis d’occuper pendant quelques jours l’espace médiatique. Nous savons maintenant presque tout de la vie politique, et même privée, du «grand» homme. Pas de surprise, il appartient bien au sérail !

Mais il est une autre désignation, plus discrète, mais pourtant ô combien plus importante : Jean-Pierre Jouyet devient secrétaire général de la Présidence de la République.
L’homme est moins connu, mais il occupe une place essentielle, parfois dans l’ombre, depuis près de 30 ans. Ce catholique pratiquant a été, entre autres, directeur de cabinet de Roger Fauroux, alors ministre de Michel Rocard (de 1988 à 1991), chef adjoint, puis chef de cabinet de Jacques Delors alors président la Commission européenne de 1991 à 1995.
De 1997 à 2000 il est directeur adjoint du cabinet de Lionel Jospin, il est nommé en 2004 par Nicolas Sarkozy ambassadeur chargé des questions économiques internationales, avant de devenir en 2007 secrétaire d’état chargé des affaires européennes auprès de Bernard Kouchner dans le gouvernement de François Fillon. Brièvement président de la banque Barclays, il a été, entre autres, président de l’autorité des marchés financiers (AMF), directeur de la Caisse des dépôts et consignations, et président de la BPI (Banque publique d’investissement).
Jean Pierre Jouyet est bien un homme qui compte. Des esprits superficiels pourraient conclure à un certain cynisme, voire opportunisme, compte-tenu de son parcours qui le conduit à passer allègrement de «droite» à «gauche» et vice-versa.
Il n’en est rien ! De Michel Rocard à François Hollande, en passant par Sarkozy, il y a là une belle continuité, et surtout une même politique dont il trouve «l’inspiration» au collège des Bernardins, dont il est membre du comité de parrainage.
Il n’est donc pas surprenant qu’il ait aussi été président du «Club Témoins» fondé par Jacques Delors. Il a d’ailleurs succédé à ce poste à François Hollande.

Autre lieu d’inspiration et de rencontres où l’on retrouve celui qui est devenu un des principaux personnages de l’Etat : l’association «Le siècle».
Cette association extrêmement discrète regroupe, sélectionne devrait-on dire, essentiellement des industriels et des hommes et femmes politiques.
Triés sur le volet, ils se réunissent une fois par mois, à l’occasion d’un repas pris dans des lieux chics de la capitale. On y retrouve Pascal Lamy, Jacques Attali, Claude Bébéar, ainsi que les PDG des principales banques, de nombreux journalistes «qui comptent» … et Martine Aubry, François Bayrou, Jean-François Copé, Laurent Fabius, François Fillon, François Hollande, Nicolas Sarkozy, Lionel Jospin, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, Manuel Valls et beaucoup d’autres «Importants». N’oublions pas non plus Laurence Parisot, Ernest Antoine Seillière et surtout Denis Kessler, qui en fut président de 2008 à 2010 avant de passer la main à Nicole Notat.
Cette liste est non exhaustive, mais déjà elle permet de comprendre beaucoup de choses. Par exemple, à propos de la protection sociale, on y retrouve Michel Rocard créateur de la CSG en 1992, Alain Juppé avec son plan en 1995 soutenu par Nicole Notat, et bien-sûr Kessler accompagné de son plan de destruction de nos conquêtes sociales, plan qui trouve son prolongement dans le «pacte de responsabilité» de François Hollande et de Manuel Valls.

Qu’ils soient en pleine lumière ou hommes de l’ombre, tous, ces importants, travaillent pour la défense des mêmes intérêts.
Ils s’affichent démocrates, et pourtant ils n’hésitent pas à violer la volonté du peuple quand celui-ci ne vote pas convenablement, comme ce fut le cas avec le référendum constitutionnel en 2005. Ils ne font pas non plus la fine bouche quand il s’agit de s’allier, au nom de l’Union européenne, avec des partis ouvertement nationaux-socialistes comme c’est actuellement le cas en Ukraine.
En effet, plusieurs ministres, dont un vice-Premier ministre et le ministre de la défense, ainsi que le directeur du Conseil national de sécurité sont membres du parti Svoboda créé en 1991 sous l’appellation de «Parti social-nationaliste d’Ukraine».
En 2013, ce parti a commémoré le soixante-dixième anniversaire de la création de la division SS Halychyna. Pour faire bonne mesure, signalons que ce parti, soutenu rappelons-le par l’Union européenne, a signé un accord de coopération avec le Front National en 2009… «Vérité en deçà des Pyrénées … ». Ainsi la boucle est bouclée !

Face à cette politique plus que réactionnaire, il n’y a pas d’autre issue que de combattre.
Le gouvernement vient de subir une déroute électorale, il accélère encore la mise en œuvre de sa politique. A l’occasion des prochaines élections européennes, l’abstention sera certainement encore plus massive et la raclée du gouvernement encore plus nette. Il n’en tiendra pas compte ! Comme il ne tient pas compte non plus des grèves et des manifestations. Il a son «accord» avec la CFDT et le MEDEF, les «partenaires sociaux» comme ils disent. Le gouvernement ne veut rien voir, rien entendre … Nous n’avons donc rien à lui dire !
Il faut en finir avec ces conférences sociales à répétition, qui n’ont pas d’autre but que de tenter de nous faire cautionner une politique que nous combattons.
Il faut en finir avec cet ersatz de démocratie.
Il n’y a pas d’autre solution que le rapport de forces.

Le 18 mars a été un sérieux avertissement. Il faut préparer maintenant la grève.