InFOrmation syndicale

Vacances de FO44.ORG, du 22 décembre 2017 au 8 janvier 2018

30 avril 2014

Possible ? Pas possible !


Pour faire simple, on dira qu’un salarié cherche à travailler le moins longtemps possible tout en voulant être payé le plus possible, alors qu’un employeur cherche à le payer le moins possible tout en le faisant travailler le plus longtemps possible ...
Le «possible» étant déterminé par le rapport des forces, en clair la lutte des classes. Que ce soit au plan économique, social ou politique, toute notre société est rythmée par cette opposition d’intérêts particuliers irréductibles.

«Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots», disait Jean Jaurès. C’est ainsi que, dans le langage médiatico-politique à la mode, les mots «partenaires sociaux» voudraient escamoter la réalité des classes sociales antagoniques.
Parmi ceux qui utilisent cette nov-langue, il y a le MEDEF et la CFDT, tous deux auto-proclamés «partenaires sociaux» dans «l’Entreprise».

Rappelons que Medef veut dire Mouvement des Entreprises de France. L’abandon du sigle CNPF (Conseil National du Patronat français) en 1998 sous l’égide du baron Seillières n’était pas anodin. Il déchaîna une crise entre les partisans d’un syndicalisme patronal traditionnel, emmenés par les «industriels» (1), et les corporatistes, emmenés par les «financiers», pour qui le mot «patronat» fait désordre quand on veut faire passer l’Entreprise pour un «bien commun» aux partenaires sociaux. La crise fut meurtrière.
Elle n’est pas terminée. Les loups continuent à se dévorer entre eux...

Quant à la CFDT, elle a longtemps avancé planquée derrière l’accord contre-nature scellé en 1964 avec la CGT (2) et que les dirigeants de cette dernière tentent désespérément de sauver sous le vocable de «syndicalisme rassemblé». Là aussi les masques tombent ; et la crise fait rage à la CFDT, qui accompagne partout  les charrettes de licenciements «pour sauver l’Entreprise», au prix de l’hémorragie de ses adhérents. Tout dernièrement 18 délégués CFDT de la Redoute ont annoncé le 31 mars déchirer leurs cartes pour condamner la signature par leur fédération de la suppression de 1178 emplois.

C’est dans ces conditions, flanqué du seul MEDEFDT affaibli (3), que le nouveau premier ministre est sommé par Bruxelles d’infliger sans délai au pays le fameux «Pacte de responsabilité».

«Il momento della verità» s’approche, comme on dit en tauromachie. Valls le petit matador doit porter l’estocade. Il souffre du  coup de corne des Municipales. Dans les tribunes, la Troïka (4) hurle vouloir les oreilles et la queue. Le piquador du syndicalisme rassemblé est à terre. Le taureau planté de banderilles fulmine. Il n’a pas dit son dernier mot ...

JA


 1- dont la plus importante fédération patronale, l’UIMM, Union des Entreprises Métallurgiques et Minières.
 2- Après le Congrès de la fameuse «déconfessionnalisation» prétendue de la CFTC en CFDT.
 3- La CFTC s’est fondue de fait dans la bergerie cédétiste, tandis que la CGC retirait sa signature du «Pacte». 
 4- La Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international.