InFOrmation syndicale

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31 octobre 2014

Disparue des écrans-radars des lycées et collèges : l'escadrille des 54.000 "postes supplémentaires"

La réalité des 54 000 créations de postes, c’est la diminution du nombre d’enseignants" expose le SN-FO-LC dans un document mis en ligne sur son site internet le 11 septembre dernier.
La preuve, le syndicat l'établit à partir de l'évolution du nombre des bulletins de paie établis par les académies pour rémunérer les enseignants du second degré publics (contractuels, enseignants du 1er degré en segpa et autres compris).

Les données sont d'ailleurs vérifiables sur le site de l’INSEE et celui-même du ministère.
La comptabilisation des fiches de paye établies est effectuée au 1er janvier des années 2012, 2013 et 2014. Elle est de plus déclinée département par département pour les années 2012 et 2013.
Il résulte de ces chiffres que, dans l'ensemble du pays, le nombre des enseignants a chuté de 387 184 au 1er janvier 2012 à 380 630 au 1er janvier 2014, soit un recul de 6 554 enseignants en l'espace de deux ans.

Nos camarades publient également un graphique INSEE/ministère de l'EN (ci-dessous reproduit)couvrant l'évolution nationale sur une période beaucoup plus longue (de 1999/2000 à 2013/2014) des fiches de paye établies, et où s'entrecroisent plusieurs courbes ayant pour point de départ l'année scolaire 1999-2000 (et l'indice 100 correspondant) :
- agrégés et chaires supérieures,
- certifiés et PEPS,
- non titulaires,
- l'ensemble des enseignants du second degré,
- le tout rapporté au total des élèves des lycées et collèges.

Evolution du nombre d'enseignants par corps et non titulaires du second degré public

Il ressort du graphique :
- que de 1999/2000 à 2008/2009, l'évolution a été à la baisse tant pour le nombre d'élèves que d'enseignants, la tendance baissière étant toutefois légèrement plus accentuée pour les enseignants.
Mais il était au moins une évolution positive sur cette période : un net recul du recours aux enseignants sous contrat en situation précaire, et en symétrie une augmentation du nombre des postes d'agrégés,
- Mais qu'à partir de 2008/2009, ceux des clignotants qui n'étaient pas au rouge au cours de la période précédente y repassent, ... et de manière aussi franche que durable.

1) Alors que le nombre d'élèves enregistre une croissance régulière, celui des enseignants titulaires (certifiés comme agrégés) enregistre à l'opposé une décroissance toute aussi régulière.
2) Pour que les enseignements puissent être malgré tout assurés tant bien que mal dans les lycées et collèges, appel massif compensatoire est donc fait aux profs contractuels, et c'est le réamorçage de la précarisation du métier enseignant.
3) Ce recours aux contractuels précaires ne suffit cependant pas à pallier le déclin des effectifs enseignants titulaires. Du coup, à partir de 2009, naît, puis se creuse un écart plus qu'inquiétant entre la courbe ascendante représentant les effectifs scolarisés et celle invariablement descendante du nombre des enseignants (titulaires et contractuels additionnés).

Pour inverser la direction des courbes dans le sens souhaitable, il n'y a désormais qu'une unique solution : la mise en échec de l'austérité et du pacte de responsabilité.

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