InFOrmation syndicale

Vacances de FO44.ORG, du 22 décembre 2017 au 8 janvier 2018

06 novembre 2014

Les morts au SMIC

par Patrick Hébert

Totalement discrédité et disqualifié, le gouvernement poursuit son œuvre destructrice. Tenu d’exécuter les ordres des «Komissaires» de Bruxelles auxquels il doit dorénavant soumettre le budget de la France, il cherche tous azimuts à faire des économies. Exception faite des patrons à qui il offre des milliards de cadeau grâce aux CICE, personne n’échappe à sa vigilance inquisitoriale.

Au risque de se retrouver dans les plus grandes difficultés venant même de son propre camp, M. Valls, ce Premier ministre, néo-socialiste, faute de diminuer le chômage, veut supprimer les chômeurs.

Aucun âge de la vie ne saurait échapper à sa vigilance. De la naissance à la mort, tous doivent passer à la moulinette. Après les allocations prénatales, voilà maintenant qu’il s’attaque au capital décès.

Depuis plusieurs années le salaire des fonctionnaires est bloqué et dans le meilleur des cas les salaires stagnent.

En conséquence, le nombre de smicard ne cesse d’augmenter. Mais pour le gouvernement, ce n’est pas encore suffisant, il veut maintenant «smicardiser» les morts. Il envisage de réduire le capital décès versé au conjoint survivant à 3 fois le SMIC alors qu’actuellement il correspond à 3 mois de salaire plafonné à 9 387 €.

Qu’elles seront les prochaines victimes ? Il est nécessaire de mettre un coup d’arrêt à cette politique qui comme Attila détruit tout sur son passage.
Nous savons que ce gouvernement est rejeté par la classe ouvrière, que le mécontentement, l’écœurement parfois, va grandissant. Il est donc temps d’engager la mobilisation car seul le rapport de force pourra stopper ces mesures réactionnaires.

Notre organisation a une responsabilité particulière. Quand nous nous engageons dans l’action, ce n’est pas pour «témoigner» d’un quelconque mécontentement, c’est pour obtenir satisfaction à nos revendications.
Créer le rapport de force n’est pas une mince affaire car cela suppose que les travailleurs dans leur majorité se mobilisent.

Il est évident que nous ne pouvons pas compter sur une CFDT qui collabore avec le gouvernement et qui souvent est l’inspiratrice de ses mesures.
Quant à la CGT, si sa direction confédérale cherche toujours, au nom de la «reconnexion syndicale» à faire ami-ami avec la CFDT, elle se heurte en interne à nombre de militants qui, comme nous, veulent en découdre. (1)
La commission exécutive de notre Confédération a décidé d’engager le processus de mobilisation avec dans un premier temps un rassemblement national en direction de Matignon le 16 décembre.

«D’autres initiatives seront discutées y compris au Congrès confédéral de Force Ouvrière dont une manifestation nationale et un appel à 24 heures de grève interprofessionnelle.»

Naturellement bien d’autres événements peuvent surgir d’ici là et nous y ferons face.

Mais ce processus que nous engageons est bien sûr de la responsabilité de notre Confédération. Nous combattrons pour exiger le retrait du Pacte de responsabilité et pour obtenir satisfaction à nos revendications. Dans cette épreuve de force, chacun devra choisir son camp, il n’y a pas de place pour les atermoiements.

On peut, quel qu’en soit le prétexte, copiner avec la CFDT, mais il faut dire clairement que c’est accompagner la politique du gouvernement.
On peut aussi choisir de renforcer avec Force Ouvrière l’axe de la résistance pour combattre et pour gagner.

Le 16 décembre nous serons à Paris pour signifier au gouvernement et au patronat que la bataille ne fait que commencer ! (voir Déclaration de la Commission Exécutive Confédérale du 24 octobre 2014)


(1) A propos de la CGT, nous combattons les orientations de son secrétaire général Thierry Lepaon, mais nous ne saurions cautionner les attaques  dont il est victime au sujet de son logement de fonction. Ces attaques, répandues à coup de lettres anonymes (ce qui suffit à les discréditer) sont bien sûr largement utilisées, en particulier par le Premier ministre, pour tenter de porter un coup à l’ensemble du mouvement syndical.