InFOrmation syndicale

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19 janvier 2015

L'Italie à l'heure de la grève générale... et la France dans le sillage


70 000 manifestants à Turin selon l'agence France-Presse, 
50 000 à Milan, autant à Naples, 40 000 à Rome, 15 000 à Palerme, des cortèges dans 54 grandes villes italiennes, et partout ou presque les transports urbains, ferroviaires et aériens à l'arrêt: la grève générale du 12 décembre contre la politique du gouvernement Renzi a pris la dimension d'un séisme politique et social majeur en Italie. 
Un séisme dont l'onde de choc bien sûr ne s'arrête pas aux frontières transalpines, car il paraît annonciateur de la mise à l'ordre du jour de la grève générale interprofessionnelle dans bien _ sinon tous _ les pays de l'Union européenne. Déjà, le lundi 15, après l'Irlande, la Belgique est paralysée par la grève.

Y compris l'Allemagne pourrait emboîter le pas, si l'on en juge par l'ampleur Outre-Rhin des récentes grèves des cheminots, des pilotes d'avions, et aussi les exigences syndicales d'augmentation des salaires en vue des négociations de branche devant s'ouvrir courant janvier 2015 : IG Metall, la puissante fédération allemande de la métallurgie revendique 5,5% d'augmentation du coût du travail ; et IG-BCE (son homologue de la chimie) fixe la barre revendicative entre 4 et 5%.
Mais bien sûr, c'est d'abord à l'actualité de la grève générale en France que renvoie le séisme italien du 12 décembre, tant on retrouve les mêmes ingrédients explosifs de chaque côté des Alpes.

La très massive grève italienne du 12 décembre donne en conséquence une légitimité accrue à la double décision de notre confédération d'organiser son rassemblement national interprofessionnel du 16 décembre à Paris et de mettre à l'ordre du jour de notre congrès de février prochain la perspective de la grève interprofessionnelle et de la montée en masse à Paris.
Cette nécessité de la grève correspondant aux exigences de l'heure n'a pas manqué d'être rappelée par l'UD-FO lors des deux manifestations auxquelles avait appelé l'intersyndicale départementale CGT - Force Ouvrière - FSU - Solidaires à l'occasion de la venue du Premier ministre à Montoir et à Nantes le 2 décembre dernier (cf. ci-dessous).



Extraits de l'intervention de Y. Couroussé, au nom de l'UD-FO, à la manifestation nantaise :

" (...) Les salariés subissent la politique d’austérité des gouvernements successifs, dictée par Bruxelles. Depuis janvier, le gouvernement applique un «pacte de responsabilité», qui a reçu le soutien du MEDEF et de la CFDT et ne fait qu’empirer la situation.
(...) Comme si ce pacte d’austérité ne suffisait pas, le gouvernement donne raison à toutes les demandes du patronat qui n’en a jamais assez: extension du travail du dimanche et en soirée, menaces contre les prud’hommes et la durée légale du travail, remise en cause des seuils d’élection des représentants du personnel…
Au plan national, comme au plan local, par exemple sur le travail du dimanche, nous avons à chaque fois droit au même scénario. Le MEDEF revendique, le pouvoir politique s’exécute. Restent à trouver 2 ou 3 organisations syndicales complices et prêtes à faire les basses besognes.
Pourtant, face à cette situation, il est possible d’obtenir des victoires. Ainsi nos camarades d’Auchan à Trignac ont obtenu que leur magasin n’ouvre pas le dimanche en fin d’année, ce malgré l’autorisation du maire.
Plus largement, pour stopper la destruction des emplois et des droits collectifs, nos UD CGT, Force Ouvrière, Solidaires et FSU, ont signé un communiqué commun le 18 octobre qui condamne le «pacte de responsabilité» et en demande le retrait.
FO considère plus globalement que pour contrer l’offensive généralisée qui touche les salariés du Privé comme du Public, les chômeurs, les jeunes et les retraités, il est temps d’y opposer une riposte d’ampleur.
Cela suppose de construire, à travers une grande manifestation à caractère national, les conditions de la grève interprofessionnelle."