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08 juin 2015

Au congrès de Loire-Atlantique : « Il ne faut pas compter sur nous pour négocier les reculs sociaux »

Article paru sur force-ouvriere.fr
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Près d’un millier de militants étaient réunis le 22 mai, au parc des expositions de La Beaujoire à Nantes, pour le XXVIe congrès de l’Union départementale de Loire-Atlantique, sous la présidence de Jean-Claude Mailly. 
Si la journée et la soirée ont naturellement été marquées par le départ de Patrick Hébert, Secrétaire général de l’union départementale depuis vingt-deux ans, qui a passé la main à Michel Le Roc’h, élu à l’unanimité, l’émotion n’a pas détourné les délégués des grandes questions de l’heure.

Le souvenir encore frais de la publication du décret sur la réforme du collège le lendemain même de la grève massive des enseignants pour le retrait de cette réforme, juste deux jours avant le congrès, n’était pas pour calmer les esprits.
Plusieurs intervenants ont souligné la difficulté à obtenir de véritables négociations d’une manière générale.
Le congrès se tenait également alors que les salariés de la laiterie d’Ancenny étaient en grève depuis cinq jours pour des augmentations de salaires. Un autre délégué a indiqué que la négociation reste bloquée aussi chez Manitou, la direction refusant d’aller au-delà de 1,4% alors que le syndicat revendique 1,8%.
Dans ce contexte, la négociation chez Airbus, où, malgré là aussi une pression à la baisse inédite, le syndicat devrait obtenir 2,6% d’augmentation, « représente un point d’appui important pour toutes les autres entreprises de la métallurgie », souligne Michel Le Roc’h.

« Quand un accord est bon, nous le signons. Mais le gouvernement et le patronat nous poussent au rapport de forces »

Le nouveau secrétaire général de Loire-Atlantique explique : « Ce congrès s’est inscrit dans la continuité. Nous sommes très attachés à la pratique contractuelle, à la négociation, et quand un accord est bon pour les salariés, nous le signons. Mais aujourd’hui c’est de plus en plus difficile car on nous demande de négocier des reculs sociaux et il ne faut pas compter sur nous pour ça. Le gouvernement et le patronat nous poussent au rapport de forces. Notre raison d’être, c’est l’amélioration des garanties collectives des salariés, pas l’inverse. »
La résolution adoptée à l’unanimité des délégués est sans ambages affirmant notamment : « Le congrès se félicite de la mobilisation réalisée à l’occasion de la grève interprofessionnelle du 9 avril dernier, en commun avec la CGT, FSU et Solidaires. Cette journée marque un tournant en ce qu’elle brise le carcan du syndicalisme “rassemblé”. […] Tenter de faire cause commune avec la CFDT et l’UNSA, qui collaborent à la mise en place de tous les plans contre la classe ouvrière et ses acquis, c’est préparer la défaite. Avec Fernand Pelloutier, le congrès réaffirme qu’à “l’unité du nombre, nous préférons l’unité d’aspiration, mille fois plus puissante”. Au “syndicalisme rassemblé”, nous opposons l’action commune, assise sur la préservation des intérêts particuliers des salariés. Dans les conditions d’aggravation continue de la politique d’austérité, il n’y a pas d’autre issue que le recours au rapport de forces en bloquant le pays par la grève. »

À la conquête de nouvelles implantations syndicales

Le congrès aura également été marqué par le renouvellement presque pour moitié des instances de l’union départementales, avec l’arrivée de beaucoup de jeunes en remplacement de militants qui ont fait valoir leur droit à la retraite.
« Notre objectif est maintenant de nous développer dans des entreprises où nous n’existons pas encore », souligne Michel Le Roc’h. FO, fortement implantée dans de grosses entreprises du département, comme chez Airbus, où elle est majoritaire, ou aux Chantiers navals de Saint-Nazaire, où elle est passée de moins de 5% à 19% en deux scrutins, doit maintenant se développer dans de plus petites entreprises, comme le Crédit agricole ou LU, par exemple. Une commission « développement syndical », qui agira sous l’autorité du bureau de l’union départementale, a d’ailleurs été mise en place.
Autre événement marquant de ce congrès, la publication du livre écrit par Jacques Moisan, instituteur FO, édité et imprimé par l’union départementale : Corporatismes d’hier et d’aujourd’hui. Pour l’indépendance syndicale. Une bonne manière de démarrer la campagne que les congressistes ont décidé de lancer contre les tentatives actuelles d’associer les organisations syndicales à la gouvernance économique du pays, le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, proposant un nouveau Sénat au sein duquel siégeraient les syndicalistes élus au suffrage universel. Une proposition à des années-lumière des aspirations exprimées à ce congrès.


par Evelyne Salamero