InFOrmation syndicale

VACANCES "FO44.ORG" DU 15 JUILLET AU 1er SEPTEMBRE 2017

14 mai 2016

La grève est plus que jamais à l'ordre du jour

Quatre mois avant l’explosion de la grève générale de mai-juin 1968, le 31 janvier, la section horaire FO de Sud-Aviation à Bouguenais proposait par tract aux salariés de l’usine: «Préparation de la grève générale des travailleurs de l’Aéronautique comme point de départ de la grève générale de toute la classe ouvrière. Commençons par faire à l’usine de Bouguenais une assemblée générale».
Le groupe  Sud-Aviation compte alors 25 000 salariés. Il est dirigé par le criminel nazi Maurice Papon, lavé à la blachisseuse de la Vème République. L’usine de Rochefort est menacée de fermeture, les conditions de travail se dégradent, les horaires et les salaires sont diminués. Les revendications sont claires : Pas de licenciements. Compensation de la perte de salaire et augmentation uniforme de 0,35 F. Embauche totale des ouvriers «en prêt» (intérimaires). Débrayages et «grèves tournantes» se succèdent, mais la Direction ne cède rien.

Le 13 mai 1968, un million de travailleurs et d’étudiants manifestent au cri de « 10 ans ça suffit ! » (1). Le lendemain 14 mai à 10 h 30, débrayage à Bouguenais, défilé dans les ateliers et AG pour soutenir la délégation intersyndicale reçue à 11 heures. La direction reporte sa réponse à 14 heures. De 14 h 30 à 15 h nouveau débrayage. A 15 h 30 troisième débrayage et AG. La Direction dit non à toutes les revendications. L’AG vote alors la grève illimitée avec occupation jusqu’à satisfaction des revendications.

Si la grève générale de mai juin 1968 échoua à renverser le régime, ses conséquences politiques et syndicales furent énormes. Sa puissance sauva pour des décennies les conquêtes de 1936 et 1945. De Gaulle fut balayé un an plus tard. Et les tentatives désespérées de sauvetage du Général par le PCF, ordonné par le Kremlin pour des raisons géopolitiques, précipita le déclin inexorable des staliniens.

L’actuel gouvernement de la Vème République est aujourd’hui sous la menace de la grève générale. Isolé, privé de majorité parlementaire, gifflé copieusement par une avalanche de défaites électorales et de sondages calamiteux, vomi et méprisé par le pays, politiquement ruiné, il ne sait comment conjurer le spectre.

C’est l’affolement au sommet... Le saupoudrage d’aumônes clientélistes, l’intox médiatique et la trique policière ayant échoué à ébranler «l’axe de la résistance» CGT/CGT-FO, le recours à l’article 49 ter de la Constitution dictatoriale de la Vème République est l’ultime tentative de passage «en force» - ou plutôt «en faiblesse», pour imposer la «loi travail».

Plus que jamais la grève est à l’ordre du jour ! Mais quelle que soit l’issue du bras de fer en cours, les conséquences syndicales et politiques sont déjà considérables. Renforcement de l’axe de la résistance . Effondrement du «syndicalisme rassemblé» avec les collabos de la CFDT, désormais marginalisée. Accroissement de l’influence militante de notre confédération. Déstabilisation de l’Etat et de tous les partis institutionnels.

Et pour couronner le tout une profonde maturation politique : 69% des Français estiment que la lutte des classes est une réalité...


JA 

1- 10 ans jour pour jour après le coup d’Etat par lequel le général De Gaulle s’empara du pouvoir et fonda la Vème République dénoncée alors par Mitterrand comme le «régime du coup d’Etat permanent»...
2- Sondage publié par Le Parisien et France-Info le 29 avril dernier.