InFOrmation syndicale

26 au 30 juin : Stage CHSCT

13 juin 2017

Manitou BF : FO refuse de signer un accord néfaste et passe à l’offensive

Fin avril, la section FO de Manitou a refusé de signer un avenant à l’accord de 2013 relatif à l’aménagement du temps de travail (accord ATT). Les organisations syndicales CGT, CFDT et CFE-CGC l’ont quant à elles signé. 
Ce faisant, elles ont permis à la Direction d’accroître la flexibilité des salariés en production. La contrepartie est nettement insuffisante au regard des sacrifices exigés.

A suivre: interview de Pierre-Louis Montaudon, Délégué syndical central FO Manitou BF

Interview parue dans L'OS n°679

Quel est le contenu de l’accord signé par la CGT, la CFDT et la CFE-CGC ?
Pierre-Louis : Cet accord entérine pour longtemps la dégradation de nos conditions de travail. Il aggrave la flexibilité du travail, notamment en terme de durée quotidienne (de 9h à 9h30 par jour selon les établissements), mais également en nombre de samedis travaillés ou de recours au 2x8.

Les organisations syndicales signataires prétendent qu’elles ont obtenu des embauches en CDI. Qu’en est-il ?
Pierre-Louis : C’est un marché de dupes. Ce n’est pas un tel accord qui génère des embauches, mais l’activité même de l’entreprise qui est aujourd’hui en plein rebond. Le seul site d’Ancenis embauche 400 intérimaires sur 1 800 salariés. Le potentiel d’embauches est là. Par ailleurs, la Direction ne s’est jamais empêchée de recruter du personnel dans les fonctions support et d’encadrement en fonction de ses besoins. Pourquoi y aurait-il des contreparties à l’embauche de salariés dans le 1er collège (ouvriers) ? Et comment croire une seule seconde que l’allongement des journées de travail favoriserait le recrutement ?

Comment un tel accord a-t-il pu être conclu ?
Pierre-Louis : FO a obtenu 47 % des suffrages exprimés lors des dernières élections professionnelles et notre section pèse même 59,9 % dans le 1er collège, qui est celui directement impacté par l’accord. Mais nous n’avons  donc pas la majorité absolue. Alors que la CFE-CGC n’est représentative que dans les 2e et 3e collèges, sa signature a joué un rôle essentiel. La signature de la CGT a été encore plus déterminante,  bien qu’elle ne représente que 13,5 % des suffrages.

La loi Travail a-t-elle facilité l’obtention d’un accord par la Direction ?
Pierre-Louis : Indirectement, c’est certain. La loi Travail a modifié les comportements des uns et des autres. Avec la suppression du droit d’opposition des organisations Syndicales majoritaires (+50%), nous pensions que la Direction se contenterait d’un accord minoritaire CFDT et CFE-CGC, à hauteur de 30 % avec  référendum d’entreprise. Mais cette dernière n’a voulu prendre aucun risque et elle est allée chercher un surprenant accord majoritaire grâce à la CGT, avec qui nous avions pourtant combattu main dans la main pendant la grève de l’été 2015 et pendant toute la mobilisation pour le retrait du projet de loi Travail. La section CGT a basculé ici du côté de la Direction. L’avenir nous en dira sans doute les raisons profondes.

Comment l’annonce de la mise en oeuvre de cet avenant a-t-il été perçu par les salariés ?
Pierre-Louis : La colère prédomine, en particulier dans les ateliers. Travailler plus de samedis, dans un contexte où les cadences sont considérablement augmentées, ce n’est pas anodin.

Quelle est la riposte de FO ?
Pierre-Louis : Nous avons diffusé très largement un premier tract rappelant les faits concernant cet accord et d’autres comme l’augmentation de 20 % en un an de l’enveloppe de salaires variables des cadres. Nous allons maintenant mener campagne pour une augmentation générale (AG) des salaires, que les signataires de l’avenant n’ont même pas pensé à négocier ! En novembre 2016, les négociations annuelles obligatoires (NAO) avaient été abordées dans un contexte de faible activité (-10 %). Aujourd’hui, l’activité a augmenté de 40 % et cela doit se traduire au niveau des salaires. La Direction doit réouvrir les négociations sur les salaires. Le précédent accord NAO est pour nous caduc. Nous rappellerons notamment que la Direction avait fait pression en sens inverse en 2009, pendant la crise des subprimes, pour ne pas appliquer les +2 % d’AG que nous avions alors obtenus.