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20 octobre 2014

Pôle Emploi : FO arrache 1,5% d'augmentation des salaires

C'est du pouvoir d'achat en plus pour les agents. Mais aussi par ricochet un point d'appui pour les fonctionnaires.

Force Ouvrière, majoritaire à Pôle-Emploi, vient de signer à l'arraché un accord salarial augmentant globalement de 1,5% les rémunérations des agents de droit privé régis par la convention collective propre à l'organisme.
1,5% c'est certes modeste, mais dans le contexte actuel c'est un acquis, lequel, par delà-même Pôle-Emploi, ouvre une brèche dans la politique d'austérité et dans le pacte de responsabilité.

Juridiquement, Pôle-Emploi est autonome par rapport à l'Etat. Mais cette autonomie est toute relative. En effet les hauts responsables de l'institution sont nommés par le gouvernement et chargés d'appliquer, si possible avec zèle, la politique de ceux qui nous gouvernent. Notamment concernant la politique salariale.
C'est pourquoi les personnels de Pôle-Emploi, qui, dans leur immense majorité, sont des personnels de droit privé, sont depuis des années soumis à la même diète salariale que les fonctionnaires d'état, territoriaux et hospitaliers : le gel de la valeur du point et des rémunérations.

Il est significatif dans ces conditions, alors que Valls annonce, pour cause de Pacte de responsabilité, un gel du point d'indice jusqu'en 2017 (au moins), que la direction de Pôle-Emploi, nécessairement avec l'aval voire sur consigne de Matignon et de l'Elysée, ait décidé de lâcher du grain à moudre, même si c'est en quantité limitée : l'INSEE annonce pour 2014 une hausse du coût de la vie de 0,6%. 1,5% d'augmentation des salaires, c'est donc 0,9% de plus que l'inflation.

Pourquoi ce coup de canif dans l'austérité à Pôle-Emploi ? Du fait évidemment que FO y est majoritaire et préparée au rapport de force, y compris à la grève, pour arracher satisfaction des revendications.
On touche là aux contradictions qui explosent aujourd'hui dans les plus hautes sphères de l'Etat : comme la colère générale gronde, il faut à contre-coeur ouvrir çà et là des soupapes de sécurité pour éviter l'explosion de la cocotte-minute.

C'est dans ce contexte que FO a, selon ses termes, "finalement décidé sans ambiguïté de signer".
Elle s'en est expliquée au lendemain de sa signature : «C’est en quelque sorte un premier rattrapage. Mais écrire «un premier» rattrapage induit que nous en souhaitons d’autres ! Et nous ne lâcherons pas.
Cet accord ne répond pas, et de loin, à la totalité de nos revendications en la matière.

(…) Si par notre signature nous engrangeons cette première étape comme une victoire, nous sommes encore loin du compte quand, en plus, 5 000 agents de droit public sont carrément laissés pour compte. Et pour arracher davantage, pour tous les agents sans exception, pour non pas seulement égratigner la politique d’austérité, mais y mettre un coup d’arrêt en revendiquant le retrait du pacte de responsabilité, nous n’avons d’autre choix que de mobiliser, Public/Privé, ensemble, et de préparer les conditions du renversement décisif du rapport de force.

Ce qui vient d'être signé par FO à Pôle-Emploi mérite donc une attention particulière de la part des fonctionnaires. A commencer bien sûr par ceux de Pôle-Emploi, fondés à exiger que leur soit appliqué le même bonus salarial que leurs collègues sous statut privé. Mais c'est l'ensemble des fonctionnaires, d'Etat, de la "territoriale" et de la fonction publique hospitalière, qui doivent se saisir de ce précédent et enfoncer un coin dans le Pacte d'austérité, en revendiquant que, comme à Pôle-Emploi, le gouvernement ouvre les négociations sur le rattrapage salarial.