Union départementale des retraités - Édito paru dans le complément de L'OS n°763
Les annonces du gouvernement sur le prix du carburant, après la mi-mai ne sont que de l’affichage, du rafistolage, même si de nouvelles professions sont concernées. Pour les ménages et le plus grand nombre concerné : RIEN.
Pourtant, selon un article de Radio France, « TotalÉnergie a vu ses bénéfices bondir de 51 % au premier trimestre 2026, en « captant » la hausse des prix des carburants… qui lui ont permis d’augmenter ses bénéfices. Une partie des 5,8 milliards d’euros récoltés au premier trimestre ira aux actionnaires »
« […] Le prix du baril est passé de 65 dollars fin février, avant la guerre, à des sommets jusqu’à 120 dollars fin mars » et (selon Boursorama du 5 mai 2026) « pourrait atteindre 250 dollars si la guerre au Moyen-Orient se poursuit ».
Quand Force-Ouvrière revendique le prix du carburant à 1,50 €, c’est donc tout à fait réalisable et nécessaire.
Et pourtant, on entend cette contre-vérité répétée en boucle : « nous n’avons pas de marge de manœuvre budgétaire. »
Face à une crise internationale majeure, la réponse privilégiée demeure celle de la restriction budgétaire, des économies sur les services publics et d’un effort accru demandé à la Sécurité sociale.
Pourtant, quand il s’agit de décider de 36 milliards de plus pour le budget de l’armée sur la période 2024/2030, qui va donc doubler entre 2017 et 2027, la marge de manœuvre est là, totale, extensible à volonté…
Les retraités exigent le blocage des prix et rejettent le budget de guerre !
Toute cette stratégie est non seulement injuste, mais également économiquement contre-productive. En affaiblissant les services publics et la protection sociale, elle accentue le ralentissement économique, fragilise la demande intérieure et aggrave les inégalités.
Dans le même temps, les dispositifs d’allègements fiscaux et sociaux en faveur des entreprises, les aides publiques sans contreparties ainsi que certaines niches fiscales continuent d’être préservés, sans aucune évaluation de leur efficacité et sans aucune contrepartie. Ce déséquilibre est d’autant plus inacceptable que les salariés subissent de plein fouet les effets de l’inflation, dans un contexte d’augmentation insuffisante des retraites et d’aucune en ce qui concerne l’AGIRC-ARRCO en novembre 2025.
Cela doit être dit clairement : il n’est ni acceptable socialement, ni soutenable économiquement que la population, les retraités, paient une nouvelle fois le prix des choix budgétaires actuels. Protéger le pouvoir d’achat et renforcer les services publics ne sont pas des options, mais des exigences immédiates.
Comment faire face à une hausse de 15 % du prix du gaz ?
Comment faire avec la baisse des exonérations d’aides à domicile, reportée à 80 ans et non plus à 70 ans ?
À partir d’octobre 2026, selon un décret d’avril 2026, les règles de prise en charge des maladies graves changent. Certains médicaments jugés « peu efficaces » par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) ne seront plus remboursés intégralement. Près de 14 millions d’assurés sont concernés. Le critère avancé est économique : réduire les dépenses. C’est une évolution qui réduit l’accès aux soins et la place laissée au jugement médical face aux contraintes budgétaires.
Alors que le nombre de retraités augmentent chaque année, selon l’INSEE, dans un article paru en 2023 « La part des seniors de 65 ans et plus va augmenter pour passer de 18 % en 2018 à plus de 23 % en 2050 selon le scénario dit de référence. »
C’est dans ce contexte de besoins accrus que la construction d’EHPAD est suspendue depuis 2018 avec la volonté du gouvernement, via l’ARS, de privilégier « le virage domiciliaire ». Jusqu’à quel âge et conditions de dépendance les retraités les plus âgés peuvent-ils rester chez eux, surtout s’ils sont seuls ? En dehors des soins prodigués par des professionnels, souvent trop peu, ce sont les conjoints, enfants qui sont les aidants et se retrouvent épuisés, voire décèdent parfois avant le proche pris en charge.
Tout cela va s’aggraver avec les choix budgétaires de suppressions supplémentaires, pour cette année, de 4 milliards sur les services publics et de 2 milliards sur la Sécurité sociale, donc pour nos hôpitaux, en grande partie.
Comme écrit dans Les Échos en avril dernier « La guerre en Iran coûte cher aux finances publiques. Le gouvernement devrait annoncer des mesures d’économies d’environ 4 milliards d’euros pour s’assurer de respecter la cible de déficit pour 2026. »
Depuis, c’est fait ! Et en contrepartie, c’est une rallonge de 8,5 milliards dans le seul budget 2026 pour l’armement.
Comment ne pas faire le rapprochement avec les 6 milliards en moins pour les besoins de la population ?
Nous retraités n’avons donc le choix que d’être aux côtés des actifs, là où se multiplient les grèves pour satisfaire leurs revendications en matière de salaire, de personnels supplémentaires partout et surtout dans les services publics, la santé publique dont nous avons tant besoin.
Nous ne voulons pas risquer d’aller aux urgences dans la crainte d’y rester des heures avant de pouvoir être pris en charge, voire d’y décéder !
Par ailleurs, le gouvernement vient d’annoncer la mise en place d’ « état d’alerte de sécurité nationale ». C’est une nouvelle procédure qui donnera à l’exécutif des pouvoirs extrêmement étendus sans contrôle parlementaire immédiat puisqu’il faudra attendre deux mois pour que l’Assemblée Nationale puisse être consultée. Les outils prévus pourraient rendre possible le scénario de suspension des élections : c’est un état d’exception dérogatoire au « Droit Commun » !
C’est la démocratie qui est une nouvelle fois bafouée. C’est inacceptable !
Avec les actifs, faisons du congrès de l’UD FO 44 le 11 juin prochain, où nous débattrons des conditions de travail, de nos succès et revendications, un grand succès. L’UDR FO 44 y interviendra.
Les retraités y seront largement représentés avec une délégation de 100 camarades inscrits à ce jour.
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- L'OS : https://www.fo44.org/p/louest-syndicaliste.html
- Les Syndicats en Loire Atlantique : https://www.fo44.org/p/syndicats.html
=> Union Confédérale des Retraités-FO

