InFOrmation syndicale

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06 septembre 2012

CHÉRÈQUE: "HOLLANDE, NOUS VOILÀ!"


Seuls les naïfs auront été surpris, le gouvernement s’apprête à faire ratifier le Traité Européen (TSCG), y compris la «règle d’or» qui institutionnalise l’austérité.

Terminées les rodomontades de campagne électorale. Il a suffi que Mme Merkel consente à l’adjonction d’un paragraphe fumeux sur la croissance, pour que le velléitaire François Hollande rende les armes et s’avale un traité dont il nous assurait quelques semaines plus tôt, que jamais, au grand jamais, il ne l’accepterait.

Afin de limiter les difficultés, nos grands partisans de la "démocratie participative" ont choisi de faire ratifier le texte par la voie parlementaire… On n’est jamais trop prudent ! Certains espèrent peut-être que les nombreux députés qui se sont prononcés contre le TSCG auront le courage de voter contre.

Ce serait là une bien grande illusion. N’oublions pas que le Traité constitutionnel soumis à référendum en 2005 avait été rejeté par les électeurs, qui avaient voté très majoritairement voté NON. Pour autant quelques mois après, les députés de droite et de gauche, acoquinés, n’avaient pas hésité à violer le vote des électeurs pour le faire ratifier par les deux assemblées réunies en congrès. Il y en aura bien quelques-uns, classés à gauche plus que d’autres, qui, dans un savant calcul voteront contre : ce sont «les jeux et les ris» du parlementarisme. Mais ils est quasiment certain que dans l’état actuel des choses le texte devrait obtenir une majorité… alors que, selon les sondages, 75 % des français y sont opposés, et que dans les rangs des salariés le rejet ne peut être que plus massif encore.

Que ce soit en Grèce, en Espagne, en Italie ou en France, les travailleurs n’en peuvent plus de cette politique réactionnaire dictée par la Troïka (Fonds Monétaire International, CEE, et Banque Centrale Européenne).

Nous venons de franchir le cap des 3 millions de chômeurs officiels. En réalité nous sommes certainement aux environs de 5 millions. De nombreux secteurs sont en difficulté, et les plans de licenciements continuent de tomber.

A l’évidence, si la Troïka parvient à imposer sa politique, nous courons tout droit à la catastrophe. Pour rétablir le cours des choses, il faudrait tout au contraire inverser radicalement le cap. Il faudrait en particulier augmenter les salaires dans le secteur public comme dans le secteur privé. Egalement revenir sur les contre-réformes des retraites, recréer les «préretraites», et ainsi dégager des emplois pour les jeunes. Il faudrait aussi améliorer la protection sociale, en particulier l’assurance maladie, qui a subi beaucoup de mesures restrictives ces dernières années… Comme le dit Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie en 2011 : «On ne remet pas une économie sur pied avec un programme de rigueur… Quand l'État dépense moins, la demande baisse encore plus, le chômage augmente, les salaires baissent, on taille dans les transferts sociaux, et ce sont les populations les plus fragiles qui trinquent. On assimile à tort le budget de l'État à celui des ménages. Un ménage isolé doit vivre dans la limite de ses moyens. Un gouvernement, quand il dépense plus qu’il ne gagne, peut agir en stimulant la production et en créant des emplois. La création des richesses qui en découle peut être plusieurs fois supérieure aux dépenses engagées.»

Depuis plusieurs années, nous ne disons pas autre chose que Joseph Stiglitz ! Le gouvernement pour sa part fait le contraire. L’augmentation ridicule du SMIC en est l’illustration. Il accepte aujourd’hui le TSCG, et demain il avalera le futur traité que Mme Merkel déjà prépare…

Le MEDEF fait pression pour accélérer la mise en œuvre de la «réduction du coût du travail» et la remise en cause de notre protection sociale. Il semble qu’à l’occasion de son université d'été il ait obtenu quelques assurances. Dix ministres, dont le premier d’entre eux, ont fait le déplacement… les nouveaux bourgeois de Calais…

Que le MEDEF tente d’obtenir de nouveaux avantages pour les patrons est une chose tout à fait normale, il est dans son rôle.

Plus surprenant pour ceux qui croient encore que la CFDT est un syndicat représentant les intérêts des salariés, François Chérèque, dont on dit qu’il serait un des principaux conseillers du gouvernement, va encore plus loin que le MEDEF !

Dans une interview donnée dans le Journal Du Dimanche du 2 septembre, il franchit un pas qualitatif : «Je le dis de façon claire, le coût du travail est aussi un facteur de perte de compétitivité. Il faut le baisser en transférant une partie des charges sur la CSG…».

Logiquement il revendique d’être associé à la mise en œuvre de cette politique : «Je demande au gouvernement d’accélérer la mise en place du Haut Conseil pour le financement de la protection sociale». François Chérèque s’impatiente et s’énerve : «Le gouvernement doit accélérer les réformes, les partenaires sociaux aussi».

Il devient même méprisant. Au journaliste qui lui demande ce qu’il pense des propos de Jean-Claude Mailly qui s’oppose à la flexibilité, il répond : «C’est du niveau de la cour d’école» ; et surtout il est menaçant quand il déclare : «Et je dénonce les syndicalistes qui se lavent les mains de ce qui se passe à la base et laissent leurs équipes en discuter seules, sans les soutenir et en critiquant la philosophie de ces accords».

Pour notre part, nous ne sommes pas trop surpris. Nous n’avons pas oublié que la CFDT, ex-CFTC, a été créée par le patronat et "Notre Sainte mère l’Eglise" en 1919, dans l’unique but de tenter de diminuer l’influence de la vieille CGT (celle que nous continuons) dans la classe ouvrière. Dès sa naissance elle était un syndicat jaune. C’est son «pêché originel».

Ces dernières années, notamment à partir du «plan Juppé» en 1995, la CFDT a soutenu, et souvent suscité, les contre-réformes largement inspirées par l’Union européenne.

17 ans après le plan Juppé, nous savons aujourd'hui que nous devrons combattre les mesures d’austérité que l'actuel gouvernement, soutenu par la CFDT, s'apprête à prendre. Nous savons en particulier qu’il nous faudra défendre notre protection sociale menacée. Nous savons aussi que la classe ouvrière n’est pas défaite. Dans tous les pays, elle résiste à cette politique réactionnaire.

En Espagne, le 15 septembre, les syndicats appellent à une grande manifestation.

En France, nous avons combattu la contre-réforme des retraites en 2010, les manifestations n’ont jamais été aussi massives. Ne doutons pas que pour défendre son droit à l’existence, la classe ouvrière se lèvera.

D’aucune manière nous ne cautionnerons les contre-réformes. Nous resterons indépendants, nous continuerons à défendre les légitimes revendications, et ainsi nous aiderons la classe ouvrière à obtenir satisfaction.