par Michel Le Roc’h, secrétaire général de l’UD CGT-FO de Loire-Atlantique
Quelques semaines après l’adoption du budget de financement de la Sécurité sociale qui réduit de 4 milliards les dépenses de santé, le budget de l’État a également été adopté par le recours à l’article 49-3 et avec la bienveillance du Parti Socialiste.
Ce budget entérine plus de 30 milliards de coupes budgétaires dans les services publics, les collectivités territoriales, sur le dos des fonctionnaires, victimes du gel de leur traitement pour une durée indéterminée. Cette saignée se traduit en Loire-Atlantique par la suppression de 42 postes dans les écoles et 42 dans les collèges à la rentrée de septembre 2026. Le budget confirme par contre les 210 milliards de cadeaux fiscaux et autres exonérations de cotisations sociales en faveur du grand patronat qui s’enrichit encore un peu plus. En 2025, les actionnaires du CAC 40 ont reçu 107 milliards d’euros, soit vingt fois plus qu’il y a 30 ans.
Le budget de la guerre, avec 6,7 milliards supplémentaires en 2026, est sur le point de dépasser le budget de l’Éducation nationale ! Le gouvernement trouve plus de 10 milliards pour financer un porte-avion et de l’autre il accompagne la désindustrialisation de notre pays, détruit l’école et l’hôpital – ce qui suscite colère et mobilisations dans de nombreux services hospitaliers. Il n’hésite pas à s’en prendre à la jeunesse déjà sacrifiée avec « parcoursup » et rêve de l’envoyer au front comme « chair à canon » dans une guerre déjà programmée.
Malheureusement, aucune déclaration confédérale, commune ou non, n’est venue condamner ce budget de guerre contre la classe ouvrière et la jeunesse.
Pire, le dernier communiqué des confédérations, daté du 21 janvier dernier, est un soutien à peine voilé à la poursuite de la guerre en Ukraine souhaité par Macron. Pas un mot sur l’exigence d’un cessez-le-feu immédiat, pas un mot sur les millions de morts ukrainiens et russes victimes de la guerre, pas un mot sur la répression féroce, en Ukraine comme en Russie, contre les opposants à la guerre et les syndicalistes. Pas un mot sur l’exploitation sans limite des travailleurs ukrainiens (plus de code du travail dans les entreprises de moins de 250 salariés) et russes !
Est-ce là la place d’une organisation syndicale libre et indépendante ? Pour notre part, et dans la continuité du meeting du 5 octobre à Paris, nous participerons au meeting de Londres le 20 juin prochain : « Pas un centime, pas une arme, pas une vie pour la guerre ».
Le patronat envisage d’instituer un CDI jeune, payé en dessous du SMIC avec une période d’essai de trois ans. Il propose que la discussion s’engage avec les « partenaires sociaux » dans le cadre de « l’agenda social autonome ». Comment peut-on imaginer se retrouver autour de la table sur de telles bases ? La seule option indépendante n’est-elle pas de condamner sans détour cette proposition et de se préparer s’il le faut à la mobilisation comme en 2006 (Contrat Première Embauche). Le paritarisme et la pratique contractuelle, ce n’est pas l’acceptation des reculs sociaux !
Le gouvernement veut mettre à profit la suspension de la réforme des retraites – en fait un simple report d’un an – pour imposer un régime universel par points auquel il n’exclut pas d’inclure une dose de capitalisation. Jean-Pierre Farandou a déclaré lors d’une conférence de presse le 20 janvier dernier : « le sujet social majeur du moment, ce sont les retraites. La suspension, à l’automne, de la réforme Borne nous donne le temps utile jusqu’au 1er janvier 2028 pour trouver autre chose (…). Il faut travailler sur l’acceptabilité de travailler davantage (…). La conférence ne vise pas à un accord mais à clarifier les choses ». Est-ce notre rôle de se prêter à cette opération politique ? Comme l’a exprimé FO Fonction Publique le 29 janvier dernier, il ne peut y avoir aucun doute possible sur l’objectif recherché.
Il n'y a donc qu'une seule issue : comme pour le conclave, sortir de la conférence sociale !
