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07 septembre 2012

JEAN-CLAUDE MAILLY: «LE GOUVERNEMENT NE PEUT PLUS RESTER ENTRE DEUX EAUX. IL FAUT SE POSITIONNER.»

Le secrétaire général de FO était en meeting de rentrée à Angoulême hier. Il est critique face à l'action du gouvernement. Les futures négociations s'annoncent orageuses.

Une visite du chantier LGV dans la Vienne, un meeting de rentrée - son premier de l'année - à Angoulême. Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière, s'est baladé hier sous le soleil du Poitou-Charentes. Un soleil pas assez puissant pour lui faire oublier tous les nuages de la rentrée: crise, chômage, contexte social et futures négociations avec le patronat et le gouvernement qui s'annoncent orageuses.

Depuis quelques semaines, vous appelez le gouvernement à se positionner entre attentes du patronat et revendications des salariés. Sans succès pour l'instant. Êtes-vous surpris?
Jean-Claude Mailly. Pour être franc, non. Tout comme je ne suis pas surpris par ce qui se passe sur les effectifs de la fonction publique. Si on augmente quelque part tout en maintenant le niveau global, c'est bien que l'on s'apprête à supprimer des postes ailleurs.

Cette rentrée vous inquiète?
Oui. Il va désormais falloir que le gouvernement annonce clairement les choses. Moi je le dis: on est déjà sous une politique de rigueur et d'austérité. Je suis pro-européen, mais je vais écrire à tous les parlementaires pour leur demander de ne pas voter le traité européen.

Pourquoi?
Inscrire dans le marbre les 3% de déficit public, c'est une mécanique d'austérité et de transfert de pouvoirs à des organismes non démocratiques comme la Banque centrale européenne; 3% de déficit public en 2013, ça signifie plus de croissance. Zéro! On refroidit tous les moteurs.
La consommation se casse la figure, les investissements baissent, les marges des entreprises dégringolent. Il ne faut pas s'étonner après que le chômage explose. Je ne suis pas le seul à le dire: je suis d'ailleurs heureux de voir que l'on se rejoint avec de plus en plus d'économistes, keynésiens, pour dénoncer ces politiques d'austérité.
Plutôt que de me parler de rigueur, de maîtrise des déficits, je préférerais que l'on parle de comment endiguer le chômage, comment relancer l'économie, comment booster la croissance.

Ce week-end, Michel Sapin, ministre du Travail, a indiqué qu'il comptait revoir le contrat de travail. Qu'est-ce que cela vous inspire?
Ca me fait peur! Est-ce que le gouvernement veut interdire les CDD et recruter des inspecteurs du travail pour vérifier que les contrats sont respectés? Ou veut-il créer un contrat de travail unique, genre CDI progressif où l'on obtient des droits dans le temps?

Vous avez toutefois obtenu un audit de la Révision générale des politiques publiques.
Oui. Et les conclusions doivent être rendues le 25 septembre. Or, avant même qu'elles soient déposées, le gouvernement a envoyé des lettres de cadrage dans les ministères. La méthode RGPP est terminée. Mais peut-être pas la RGPP. Je sais aussi que le gouvernement réfléchit à des suppressions de directions départementales de certains services de l'État. Les directions seraient rattachées au préfet de région. Si c'est ça, c'est même de la RGPP+ que l'on nous prépare.
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Charente Libre | 5 Septembre 2012 - Propos recueillis par Ismaël Karroum