InFOrmation syndicale

5 AU 7 DÉCEMBRE STAGE "CONNAÎTRE SES DROITS" --- 11 AU 15 DÉCEMBRE "DÉCOUVERTE FO ET MOYENS D'ACTION DU SYNDICAT" --- ...

28 septembre 2009

CHiNE : DÉFERLENTE DE GRÈVES ET MANIFESTATIONS

China Labour Bulletin », l’organisation de défense des droits ouvriers de Hong Kong, animée par Han Dongfang qui avait rendu visite à l'Union Départementale FO44 le 19 mai 2008 fait état de manifestations ces dernières semaines contre les privatisations des entreprises publiques.

« Je travaille à l’aciérie depuis plus de vingt ans et tout ce que je reçois c’est une lettre qui me dit de partir et une enveloppe de 20.000 yuans [environ 210 euros] ! » On avait dit aux ouvriers que l’usine était dans le rouge pour justifier la privatisation. « La plupart des travailleurs voient les privatisations comme un moyen de les mettre au rancard et de s’en débarrasser pour remplir les poches des riches et des puissants », remarque le quotidien officiel « China Daily ». Contre cette privatisation, les travailleurs de l’aciérie d’Etat de Linzhou, dans la province du Henan, ont occupé leur usine à la mi-août en retenant un représentant de l’Administration des biens de l’Etat. Les forces de police n’ayant pu raisonnablement mettre fin à cette situation au bout de cinq jours, le gouvernement provincial a annoncé que la privatisation était reportée.


Les travailleurs se posent une question : qui a négocié secrètement cette privatisation en leur nom ? Ils revendiquent désormais une représentation indépendante dans les règles, car ils sont contre le rachat de leur aciérie par des métallurgistes privés, mais ils n’ont jamais eu leur mot à dire dans cette affaire. « Comment des cadres qui ont essayé de vendre l’entreprise seraient-ils capables de nous représenter dans des réunions avec les autorités, s’exclame une chef comptable. Il n’y en a pas un qui s’est bougé quand on s’est battus pour l’aciérie et maintenant que le fruit est mûr, ils sont tous là pour essayer de parler en notre nom ! », dit-elle en colère.

Une autre manifestation a fait grand bruit fin juillet parce qu’un directeur a perdu la vie au cours des heurts. Un magazine économique écrit : « L’opposition des travailleurs aux privatisations et aux licenciements est largement répandue mais prend rarement une tournure aussi brutale qu’en ce 24 juillet dans la province du Jilin au nord-est de la Chine, lorsque les travailleurs d’une aciérie ont pourchassé et tué un directeur qui était venu leur annoncer que la privatisation imminente de leur aciérie allait entraîner des licenciements massifs. Des organisations de droits de l’homme basées à Hong Kong rapportent que 30.000 travailleurs ont pris part à cette protestation, mais les officiels affirment que le chiffre n’était pas aussi élevé. »

La tension était si violente que le gouvernement provincial a fait diffuser d’urgence sur tous les médias locaux l’annonce que l’aciérie privée Jianlong « ne participera jamais à la restructuration de l’aciérie d’Etat Tonghua ». L’opposition des ouvriers à la privatisation était nette car une restructuration et une privatisation partielle avaient déjà amputé l’aciérie de près de 20 000 emplois.

"China Labour Bulletin" cite cet avocat qui dit à « China Daily » : « La Commission d’administration des biens de l’Etat du Jilin et toutes les parties ont commis une énorme erreur en n’informant pas les travailleurs et leurs représentants syndicaux. » Et ce syndiqué : « Je n’ai pas le souvenir d’une seule assemblée avec notre délégué syndical. »


Note: China Labour Bulletin