InFOrmation syndicale

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27 septembre 2010

LA COMMEDIA DELL' ARTE

Ainsi, le 15 septembre, l’Assemblée Nationale a adopté le projet de loi du gouvernement sur les retraites.

Nous ne devions en attendre aucune surprise. Nous n’avons pas été déçus, le texte a été voté en intégrant les amendements prévus de longue date par l’Elysée.

Comme à chaque fois, dans ces grandes circonstances, nous n’avons pas échappé aux habituelles clowneries parlementaires …

Du côté institutionnel, tout est bouclé depuis longtemps, y compris les prétendues « avancées » consenties aux dizygotes Chérèque et Thibault. Il est même probable que d’autres « concessions » soient prévues au sénat.

Dans cette pièce montée par l’Elysée, comme à la Commedia dell’ Arte, chacun prend le masque correspondant à son rôle. Ce mauvais numéro devient grotesque et surtout, il ne fonctionne plus si bien car le système est à bout de souffle.

La logique bonapartiste des institutions de la Vème république aboutit à une forme de pouvoir personnel qui provoque de plus en plus de craquements dans les sommets de l’Etat.

Cet exercice devient périlleux, car si le Parlement, devenu « godillot » dans toutes ses composantes, provoque ainsi le mécontentement et l’inquiétude de nombre de parlementaires, le Président n’a plus quant à lui, en dépit des apparences et des rodomontades, comme seul pouvoir que celui d’exécuter les décisions prises par le FMI et l’Union Européenne.

Ces contradictions, parfois amplifiées par la personnalité « originale » de Nicolas Sarkozy, provoquent ce qu’il faut bien appeler maintenant une crise de régime.

Alors, dans ce contexte, il est évident que le gouvernement n’a pas, par lui-même, la force d’imposer une politique qui remet en cause toutes les conquêtes sociales gagnées par la classe ouvrière depuis la fin de la guerre. Il est donc obligé de rechercher ailleurs des appuis pour faire passer ses réformes. En Allemagne, Madame Merkel a obtenu l’appui du SPD (parti socialiste) pour faire passer la retraite à 67 ans. En Espagne, Monsieur Zappatero a eu besoin des voix du parti franquiste. En France, compte tenu des institutions de la Vème République, le Parlement et son opposition parlementaire, ne peuvent pas « jouer ce rôle ». C’est pourquoi, le gouvernement est contraint de rechercher de l’aide dans le mouvement syndical.

En 1995 et en 2003, Messieurs Juppé et Fillon (déjà) avaient obtenu l’appui de la CFDT (Nicole Notat puis François Chérèque déjà). En 2010, la CFDT étant largement discréditée, c’est Bernard Thibault qui doit s’y coller.

En échange de leur collaboration, les deux complices ont obtenu la loi liberticide du 20 août 2008 sur la représentativité syndicale, qui devrait, l’espèrent-ils, leur accorder une sorte de monopole syndical. Sûrs d’eux-mêmes, et "dominateurs", ils ont en quelque sorte anticipé en créant une IIP (Intersyndicale Institutionnelle Permanente), dont la vocation est de contraindre les autres organisations syndicales à accepter les oukases du couple infernal. Ceux qui refusent cette démarche unicitaire, en bien des points comparables au Bonapartisme de la Vème république, illico, se font accuser de division.

Ainsi pensent-ils pouvoir domestiquer la classe ouvrière et, comme les parlementaires, moyennant quelques pitreries et autres processions, lui faire avaler la politique décidée par l’Union Européenne et soutenue par la Confédération Européenne des Syndicats (CES).

Naturellement, notre confédération, viscéralement attachée à son indépendance, à la liberté et donc à la démocratie, refuse de se plier à ces diktats.

Mais, plus important encore, ce scénario se heurte à une réalité. La classe ouvrière (comme une majorité de la population), rejette cette politique ; et bien qu’elle ait subi des reculs non négligeables, elle reste debout.

Les manifestations énormes du 7 septembre en sont une éclatante démonstration. Pour faire reculer le gouvernement, pour tous, il était évident, qu’après ce succès considérable, il fallait à la fois appeler à de nouvelles manifestations le jour du vote, c'est-à-dire le 15 septembre, et aussi appeler à la grève ainsi qu’à la tenue d’assemblées générales pour décider de la suite de l’action.

En décidant d’une nouvelle manifestation … le 23 septembre, François Chérèque et Bernard Thibault espèrent certainement « essouffler » le mouvement.

S’ils n’y parviennent pas, ils ont d’autres cordes à leur arc. Il est même question d’une procession un dimanche !...

En tout état de cause, et quel que soit le résultat de la journée du 23 septembre, nous savons que seule la grève pourra faire reculer le gouvernement. Dans le mouvement ouvrier, cette idée fait son chemin. Notre Confédération ne cesse, depuis plusieurs mois, de faire la proposition d’une « grève franche pour bloquer le pays ».

Nous savons que dans les autres organisations, y compris parfois à la CFDT, de nombreux syndicats ou sections, Unions départementales et Fédérations se sont déjà prononcées dans ce sens.

Ils se heurtent bien sûr à Chérèque et Thibault qui, bien que contraints à quelques concessions de forme, s’opposent pour l’instant à tout appel à la grève.

Malgré cette opposition, dans de très nombreuses entreprises, administrations ou établissements, dans les prochains jours, des assemblées générales des salariés sont prévues, le plus souvent à l’appel de toutes les organisations syndicales.

Il faut multiplier ces initiatives, et partout dire la vérité aux travailleurs : pour créer le rapport de force permettant de gagner. NON aux manifestations à répétition, OUI à la grève.


Patrick HEBERT, Secrétaire général de l'UD CGT-FO de Loire Atlantique


La commedia dell’arte : http://fr.wikipedia.org/wiki/Commedia_dell%27arte
Jumeaux dizygotes : http://fr.wikipedia.orgwikiJumeau#Jumeaux_dizygotes_ou_.C2.AB_faux_.C2.BB_jumeaux