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20 novembre 2012

JEAN-CLAUDE MAILLY: «POUR UNE RÉQUISITION DE L’USINE DE FLORANGE»

Jean-Claude Mailly, présent samedi 17 novembre 2012 au congrès départemental de FO à Maizières-lès-Metz, refuse l’idée d’une disparition de la sidérurgie. 

Le Républicain Lorrain | publié le 18/11/2012


Votre position sur la possibilité de reprise des hauts fourneaux de Florange?
Jean-Claude Mailly: «Ce qui m’importe, c’est comment cela va se terminer. S’il n’y a pas de reprise, ce qu’on ne peut pas exclure aujourd’hui, alors, nous considérons que la France ne peut pas se permettre d’être absente de la sidérurgie et on réclamera une réquisition par le gouvernement. On ne peut pas dire: "Bon, on n’a pas de repreneur alors on ferme"».

Une réquisition des hauts fourneaux?
«Non, de l’ensemble de l’usine. Cette loi, annoncée pendant la campagne électorale, n’est toujours pas là et ce n’est pas de la responsabilité de la négociation collective. Mais le gouvernement peut très vite la mettre sur la table.

Un grand projet avec des PME Chinoises est en chantier en Moselle, avec 3 000 emplois à la clé. Vous adhérez?
«Globalement, sur les questions d’investissements étrangers, on est confronté à un problème de clause de réciprocité avec des pays comme la Chine, et d’autres d’ailleurs, ce ne sont pas les seuls.»

Apparemment, elle est garantie…
«Dans les négociations internationales, elle n’est toujours pas garantie. Il faut faire attention, car la volonté de la Chine est bien de pénétrer toute une série de marchés, c’est la mise en place de têtes de pont. Que des emplois soient créés, OK, mais cela ne remplace pas tout.»

Quel regard portez-vous sur les six mois de François Hollande à l’Elysée?
«Sur le plan de la méthode, c’est plus simple. Les contacts sont plus faciles, plus réguliers, parfois même un peu trop, cela frise la réunionite. On retrouve un fonctionnement plus conforme à la V e République. Sur le fond, c’est plus compliqué, car à partir du moment où la France a accepté le traité européen et que ce texte est ratifié, on rentre dans une logique d’austérité, car tout le reste découle de cela. Le pacte de croissance, c’est 10 milliards d’euros. Au niveau de l’Europe ce n’est rien, donc c’est plus de la com’ qu’autre chose».

Vous avez reçu les propositions du patronat sur le projet de sécurisation de l’emploi?
«Oui, on n’est pas d’accord et on n’est pas surpris. Il y a des choses qu’on ne peut pas accepter comme l’histoire du CDI de mission qui n’est plus un CDI mais un CDD prolongé. C’est comme les contrats de chantier dans le bâtiment, vous êtes embauchés pour la durée du chantier. Si vous voulez qu’on embauche demain, il faut nous laisser licencier, c’est ce que veulent les patrons et cela, il n’en n’est pas question. On parle de compromis historique, je vous assure qu’il n’est pas gagné.»

On vante beaucoup les relations syndicats-patrons en Allemagne. C’est pour quand en France?
«Je ne dis pas qu’il y a un modèle français, je n’ai pas de leçon à donner. Mais je n’accepte pas qu’il y ait un modèle allemand. La précarité et la pauvreté sont plus fortes en Allemagne que chez nous, le droit à l’assurance chômage est moins élevé qu’en France. Ce n’est pas une référence.»
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Propos recueillis par P. R.