InFOrmation syndicale

L'UNION DÉPARTEMENTALE FO DE LOIRE-ATLANTIQUE RESTE MOBILISÉE POUR FAIRE FACE À CETTE CRISE SANITAIRE SANS PRÉCÉDENT.
L’UNION DÉPARTEMENTALE FO DE LOIRE ATLANTIQUE CONSIDÈRE QUE TOUT DOIT ÊTRE MIS EN ŒUVRE POUR PROTÉGER LA SANTÉ DE LA POPULATION ET, PARMI ELLE, DES SALARIÉS. IL NE PEUT Y AVOIR DEUX POIDS DEUX MESURES. POUR PROTÉGER LES SALARIÉS ET LA POPULATION, TOUTES LES ENTREPRISES, ADMINISTRATIONS ET ÉTABLISSEMENTS, EN DEHORS DES ACTIVITÉS DE PREMIÈRE NÉCESSITÉ, DOIVENT FERMER.

07 janvier 2020

La reconduction de la grève à Ancenis dans la métallurgie

Entretien avec Serge Richard, syndicaliste de la Métallurgie FO TOYOTA à Ancenis

Après la journée de grève nationale interprofessionnelle du 5 décembre, peux-tu nous faire un bilan dans ton secteur?
Nous avons préparé cette mobilisation bien en amont en nous inscrivant assez rapidement dans l’appel à la grève à compter du 5 décembre décidé par les personnels de la RATP. Dès le 22 novembre, nous avons obtenu avec la CGT un appel commun pour une journée de grève le 5 décembre et la convocation d’une assemblée générale le vendredi 6 au matin afin d’envisager, avec les salariés, une éventuelle reconduction du mouvement.
Chez TOYOTA, la grève du 5 a été bien suivie en particulier dans les ateliers où environ 70 % des salariés ont stoppé le travail. La Direction a d’ailleurs perdu une trentaine de chariots sur une production journalière de 43.
Chez MANITOU, l’entreprise voisine où nous sommes également bien implantés, l’appel de nos camarades a été suivi à 70 % dans l’atelier de mécano-soudure et à 35 % au montage.

Comment la reconduction de la grève a-t-elle été décidée ?
Comme je l’ai souligné au début, nos organisations syndicales FO et CGT chez TOYOTA ont compris très tôt que la grève reconductible était indispensable pour faire reculer le gouvernement sur son projet de retraite par points. C’est dans ce sens que nous avions programmé une AG le vendredi 6 décembre à l’embauche.
Lors de cette AG, nous avons été très clairs avec les salariés en les appelant à s’engager dans la grève reconductible afin de construire le blocage économique du pays mais en les alertant également sur le coût d’une telle action.
Nous avons souhaité être rassurants, il n’était pas question pour nous de lancer les salariés « à corps perdu » dans une action radicale du type grève dure illimitée. C’est pourquoi nous leur avons proposé la reconduction de la grève sous la forme de débrayages quotidiens de 11h00 à 14h00. Cette solution doit nous permettre de tenir dans le temps en ayant un pied dans la grève, de participer aux manifestations à venir mais surtout d’être prêts à amplifier l’action en cas d’embrasement.
Nous avons mis au vote cette proposition. Les 70 présents l’ont validée à l’unanimité.
La même stratégie a été mise en place chez MANITOU et nous avons obtenu le même résultat. Les 150 salariés présents en AG le vendredi matin ont voté à l’unanimité des débrayages tous les jours sur la plage horaire 11h00-15h00, ceci pour permettre aux 2x8 du matin et de l’après-midi de débrayer 2h00 en fin ou en début de poste. Les salariés de journée sont libres de débrayer 2h00 sur ce créneau.

Quelles actions allez-vous mener pendant ces débrayages?
Nous allons bien sûr participer aux manifestations des 10 et 12 décembre mais le principal enjeu est le développement de la grève sur le Pays d’Ancenis. Nous allons donc tracter dans les entreprises et essayer de rentrer en contact avec les salariés qui, pour l’instant, sont restés en dehors de la mobilisation.
Pourquoi ne pas organiser également une action avec les salariés de la Fonction Publique et plus particulièrement les enseignants qui étaient très fortement mobilisés le 5 décembre ?

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Interview parue dans L'Ouest-Syndicaliste n°705