InFOrmation syndicale

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03 juillet 2014

France-Brésil


par Patrick Hébert et Michel Le Roc'h, secrétaire et secrétaire-adjoint de l'UD-FO de Loire-Atlantique

Les images de la grève du métro de Sao Paulo, déclenchée quelques jours avant le coup d'envoi de la coupe du monde de football au Brésil, ont fait le tour du monde. Du 5 au 9 juin, les «metroviaros»,  comme on les appelle au Brésil, ont reconduit leur mouvement de grève, jour après jour, dans une situation tendue de répression féroce. 
Un accord sur une augmentation des salaires de 8,7% _les salaires dans cette entreprise publique oscillent entre 200 et 1000 €_ et réintégrant les 42 syndicalistes licenciés pour fait de grève semblait acquis. Le président de la compagnie avait donné son accord. La décision provocatrice du gouverneur de l'Etat de Sao-Paulo de maintenir les licenciements a déclenché dans tout le mouvement ouvrier une réaction vive contre la répression.

A l'occasion du mouvement de grève des cheminots, c'est cette même attitude menaçante et méprisante qui a guidé l'action du gouvernement. En plagiant Thorez et son fameux «il faut savoir terminer une grève» de juin 1936, François Hollande a indiqué le chemin qu'il comptait emprunter, celui d'un chef d'Etat prêt à tout pour imposer les plans de la Troïka. Est-il nécessaire de rappeler que Thorez était l'ami et le principal soutien en France de Staline, lequel, en août 1936, organisa les procès de Moscou qui conduisirent à l'assassinat de milliers de militants ouvriers ?

Malgré cette campagne inouïe organisée à tous les niveaux avec le soutien des «syndicats jaunes» (1) et de «l'opposition», les cheminots ont reconduit jour après jour leur grève, demandant  l'ouverture de négociations sur leurs revendications.

Hollande et Valls n'avaient pourtant pas prévu ce scénario. Comme l'indique avec humour le Canard Enchaîné, «le scénario était pourtant parfaitement huilé, mais il a été victime d'une erreur d'aiguillage».

Certes, la réforme ferroviaire est maintenue, avec pour objectif de réduire la dette de la SNCF de 1,5 milliards par an et de préparer les conditions de l'ouverture du marché au secteur privé. Mais c'est une «victoire à la Pyrrhus», avec un gouvernement affaibli comme jamais, un gouvernement de plus en plus réactionnaire et violemment anti-ouvrier, qui cède à toutes les revendications du Medef, mais refuse de discuter des revendications légitimes des travailleurs.

Dans ce contexte, la «Conférence sociale» des 7 et 8 juillet prochains revêt un caractère particulier. La mise en œuvre du «Pacte de responsabilité» sera, qu'on le veuille ou non, au cœur de cette conférence. Manuels Valls l'a indiqué très clairement : elle sera «l'occasion de faire le point sur l'engagement et les résultats qui sont attendus dans ce domaine». Comment pourrait-il en être autrement ?  Qui peut croire que les revendications défendues par notre confédération seront sérieusement discutées ?

Le Pacte de responsabilité, qui va se traduire par 32 milliards d’euros de cadeaux au patronat en 2015, c’est la baisse du coût du travail et la remise en cause de la Sécurité Sociale au travers des exonérations  massives de cotisations patronales, y compris – du jamais vu - les cotisations d’accidents du travail/maladies professionnelles.

Mais, sans attendre, le parlement examine actuellement le projet de loi de finance rectificative, qui sera suivi de celui sur la Sécurité Sociale, avec l'objectif d'économiser 4 milliards d'euros supplémentaires pour 2014.

Tout est déjà décidé, et le seul objectif de cette conférence est de tenter de nous associer aux décisions déjà prises pour abaisser le coût du travail et réduire les dépenses publiques.

L'heure n'est donc pas à participer à des discussions stériles, à «prendre le thé» avec les ministres, mais au contraire à se préparer aux combats à venir. La grève des cheminots indique le chemin à emprunter pour toute la classe ouvrière.

Avec Berthold Brecht, nous disons : «Celui qui combat peut perdre, celui qui ne combat pas a déjà perdu».


(1) CFDT et UNSA cqfd