28 septembre 2011

LE SERPENT QUI SE MORD LA QUEUE...

Rien n’y fait ! Le système capitaliste est en crise, et aucune des mesures prises par les institutions internationales et par les gouvernements n’a permis de stopper les processus en cours. Pire, la Troïka (FMI, Banque centrale européenne et Union européenne) impose des plans d’austérité toujours plus draconiens, dont le seul objectif est de sauver l’Euro et les banques. Ces plans que les gouvernements, de gauche comme de droite, acceptent servilement, sont rejetés par la population et la classe ouvrière. Pour «diminuer la dette», on supprime les postes de fonctionnaires, on diminue les prestations sociales, on baisse les salaires. Cette politique absurde a pour effet d’assécher l’économie, de bloquer la croissance, donc malgré les augmentations d’impôts, de diminuer les recettes de l’Etat.

C’est le serpent qui se mord la queue.


Comme il est logique dans un régime capitaliste, les classes privilégiées, celles qui contrôlent le pouvoir, veulent faire payer les classes exploitées.

Mais dans tous les pays, souffle le vent de la révolte. Depuis le commencement de la révolution tunisienne, les manifestations et les grèves se sont multipliées, en Grèce, en Espagne, en Angleterre, etc… et même en Israël. Conscients du danger et des risques d’explosion, les gouvernements s’efforcent d’associer les organisations syndicales à la mise en œuvre de leur politique. Mais quand ils y parviennent, comme en Espagne, les organisations syndicales (UGT et Commissions ouvrières) qui avaient accepté de signer un «pacte social», ont été contraintes rapidement de prendre leurs distances pour ne pas se couper des syndiqués. Ainsi l’UGT et les Commissions ouvrières ont, en contradiction avec la signature du pacte social, organisé le 6 septembre une immense manifestation contre la «règle d’or» que l’Union européenne prétend imposer.

En France, nous ne savons toujours pas ce que le gouvernement décidera à propos de cette nouvelle forme de dictature baptisée «règle d’or».

S’il renonce à la faire adopter par voie parlementaire, faute de majorité suffisante, il lui reste la voie référendaire. Déjà échaudé par l’échec du référendum sur la Constitution européenne en 2005, il est peu probable qu’il se risque à nouveau sur cette voie. Mais sait-on jamais ! Pour notre part les choses sont claires, nous ne pouvons accepter une disposition aussi antidémocratique qui, entre autres, remet en cause la liberté de négociation. C’est pourquoi, comme l’a déclaré notre camarade Jean-Claude Mailly, notre organisation prendrait position et appellerait à voter NON.

Notre Union départementale n’aurait pour sa part aucune hésitation. Nous avons déjà appelé à voter NON au Traité de Maastricht. D’ailleurs il est certain que si le vote devait avoir lieu aujourd’hui, le NON serait largement majoritaire. Ce Traité, entré en vigueur le 1er novembre 1993, (il y a bientôt 18 ans) a largement fait la preuve de sa nocivité, et l’Union européenne qui en est le produit provoque aujourd’hui un tel rejet que peu de responsables politiques se risquent à la défendre.

Il en va de même au plan syndical. Le 18 août, «l’intersyndicale institutionnelle», CGT, CFDT, FSU, UNSA et Solidaires a publié un communiqué commun qui, de fait, se situait en soutien à l’Union européenne, et tout particulièrement en acceptant de discuter des mesures à prendre concernant les salariés… donc contre leurs intérêts au nom de la «lutte contre la dette».

Ce communiqué abject a provoqué le soir même dans ces organisations signataires un tel tollé, qu’après plusieurs réunions, «l’intersyndicale institutionnelle» s’est trouvée dans l’incapacité de décider d’une action commune. Pourtant, elle a décidé d’une journée d’action le 11 octobre. Une journée sans revendication et sans action. C’est probablement une nouvelle forme de syndicalisme ! Du syndicalisme Canada.dry !

Pour nous l’action syndicale est sérieuse. Il est donc hors de question que nous nous associions à ces palinodies.

La classe ouvrière, en France comme ailleurs, est victime de la politique réactionnaire imposée par l’Union européenne.

En 2010 nous n’avons pas gagné la bagarre sur les retraites. Il est certain que la même «intersyndicale institutionnelle» porte une lourde responsabilité dans cet échec, parce qu’elle a refusé jusqu’au bout d’appeler à la grève, qui, seule, aurait pu faire reculer le gouvernement.

Pourtant, la classe ouvrière n’est pas sortie abattue de cet affrontement.

Demain, il y aura d’autres conflits. Quand ? Nous l’ignorons, d’autant que la lutte des classes peut momentanément se trouver perturbée par les échéances électorales. Mais nous savons que les mêmes causes produiront les mêmes effets.

La politique d’austérité est et sera rejetée. Quand la classe ouvrière repartira au combat, il lui faudra une organisation libre et indépendante.

Ne gaspillons pas nos forces dans des initiatives stériles.
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Edito de Patrick HEBERT, Secrétaire général de l'UD CGT-FO de Loire Atlantique