InFOrmation syndicale

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31 octobre 2011

SE PREPARER AU CHOC

Les résultats des élections dans la fonction publique montrent une nette progression de notre organisation dans pratiquement tous les secteurs.
[ Lire : ELECTIONS : DANS LA FONCTION PUBLIQUE, FO PROGRESSE PARTOUT ]

Dans la fonction publique hospitalière, nous attendons les derniers résultats, mais, selon les chiffres en notre possession, nous devrions terminer progression sensible, en particulier dans les CHU.

A la poste, avec 18,17%, nous devançons la CFDT. Notons aussi notre beau succès dans l’Education Nationale, où nous gagnons 3 points, devenant ainsi la 1ère organisation confédérée de ce secteur important.

Le caractère homogène de cette progression démontre que ce succès n’est pas un accident. En votant Force Ouvrière, les salariés de la fonction publique apportent sur le terrain électoral leur soutien à notre combat pour préserver l’indépendance syndicale face à une "Intersyndicale" institutionnalisée, qui, depuis des mois et des mois, de journée d’action en journée d’action, amène les travailleurs d’échec en échec.


Ce vote est aussi un cinglant désaveu pour les directions de la CGT et de la CFDT qui, avec la complicité active du MEDEF et du gouvernement, ont tenté de remodeler le «paysage syndical».

Avec la "Position commune" CGT-CFDT-MEDEF, qui a débouché sur la loi du 20 août 2008 puis sur les "Accords de Bercy", que bien sûr, nous n’avons pas signés, CGT et CFDT espéraient pouvoir institutionnaliser un binôme composé de deux pôles, un «gentil qui signe», la CFDT, et un «grand méchant mou», la CGT, qui organise une «contestation raisonnable» pour reprendre la formule de Monsieur Fillon. Le coup a raté ! Au moment où les classes ouvrières des pays de l’Union européenne sont confrontées aux pires plans d’austérité, les travailleurs ont besoin d’une organisation indépendante qui refuse d’accompagner les mesures dictées par la Troïka et qui défende leurs intérêts.

Incontestablement, ce résultat nous conforte et aura des conséquences importantes dans la période qui vient.

En effet, nous pouvions penser que, pour des raisons électorales, le gouvernement se contenterait du dernier plan de rigueur annoncé au mois d'août et renverrait au lendemain des élections présidentielles le passage à la vitesse supérieure pour imposer une super austérité.

Instruite par l’expérience, notre confédération avait déjà annoncé que nous dirions NON à l’austérité, qu’elle soit de droite, de gauche ou même syndicale.

Aujourd’hui, beaucoup d’éléments nous permettent de penser que cette super austérité n’attendra peut-être pas le mois de mai 2012.

Il est de plus en plus évident que la crise du système capitaliste s’accélère. La Troïka a beau imposer, par exemple en Grèce, les pires mesures, rien n’y fait. La classe ouvrière grecque, rejointe par les classes moyennes, rejette cette politique. La grève générale a été suivie massivement par les salariés du public et du privé, naturellement, mais aussi par d’autres couches sociales touchées par les mesures du gouvernement Papandréou. On a même vu un cortège de 200 officiers en retraite dans la manifestation. C’est tout le peuple qui se soulève pour dire : «A bas le FMI, a bas l’Union européenne, le peuple prend son sort entre ses mains», «dehors, la junte de Papandréou».

Les mesures imposées par la Troïka sont d’une telle brutalité qu’elles en sont inapplicables. C’est la grève générale, mais c’est aussi la grève du paiement des impôts et des taxes.

Cette politique aboutit finalement à l’effet contraire et à creuser encore «la dette» de la Grèce.

Le peuple grec n’en peut plus, il n’accepte pas et se bat pour défendre tout simplement son droit à vivre (le nombre de suicides a doublé en Grèce).

Si la situation n’est pas identique dans les autres pays de l’Union européenne, elle lui ressemble. Le sommet européen qui se tient en ce moment vient d’imposer de nouvelles mesures à l’Italie. Berlusconi est sommé de réformer une nouvelle fois les retraites pour reculer l’âge de départ à 67 ans.

En Espagne, au Portugal, en Irlande, en Angleterre, partout, la Troïka impose ses plans.

En France, la menace des agences de notation est un chantage qui vise à contraindre le gouvernement à aggraver une nouvelle fois les mesures prises contre nos conquêtes sociales.

Pour la Troïka, peu importe les conséquences électorales. Si ce gouvernement n’est pas capable de respecter les décisions du FMI et de l’Union européenne, un autre le fera …

Cette politique, bien sûr, se heurte à la résistance des travailleurs, mais sa brutalité finit par poser des problèmes même dans les sommets. Les conflits entre Madame Merkel, Nicolas Sarkozy, Berlusconi ou avec Cameron, en sont une expression.

Dans ce contexte, à bien des égards inquiétants, il faut se préparer à de nouveaux chocs.

La dernière bataille en 2010 sur les retraites a été perdue parce que les dirigeants de la CGT et de la CFDT ont sciemment saboté un mouvement qui pourtant était extrêmement puissant.

La classe ouvrière a certes «encaissé le coup», mais n’a pas été abattue. Nous savons bien que les militants des autres organisations syndicales, avec tous les travailleurs, aspirent à la victoire.

Cette victoire d'ailleurs est possible. Une nouvelle preuve : le succès remportée par nos camarades inspecteurs et délégués du permis de conduire après cinq jours de grève.

Nous savons aussi qu’ils sont nombreux ceux qui s’interrogent, en particulier dans la CGT. Que ces militants soient attachés à leur organisation syndicale, quoi de plus naturel ! Nous sommes bien attachés à la nôtre nous aussi ! Mais beaucoup se posent la question : pour en finir avec les échecs, ne faut-il pas aussi en finir avec les journées d’action sans lendemain ?

Pour notre part, avec notre Confédération, la CGT Force Ouvrière, nous sommes fiers d’avoir dit et proposé clairement dès 2010 que, pour gagner, il fallait que toutes les Confédérations «appellent à une journée de grève franche avec assemblées générales dans les entreprises pour décider de la suite de l’action». Nous sommes fiers aussi que notre dernier Comité Confédéral National ait adopté à l’unanimité une résolution (voir P.2) qui conclut : «(…) compte tenu de l’ampleur des agressions et des menaces qui pèsent contre les conquêtes sociales, le recours à la grève reste d’actualité. C’est pourquoi le CCN donne mandat au bureau confédéral et à la Commission Exécutive afin de prendre toutes les initiatives qu’imposerait la situation».

Notre acharnement, le plus souvent seuls, mais jamais isolés, à défendre des revendications claires et à proposer un moyen d’action efficace, est largement compris par les travailleurs bien au-delà de nos rangs. C’est ce qui explique le succès de nos listes à l’occasion de ces élections dans la Fonction Publique.

Bien sûr, c’est un encouragement à persévérer. Mais pour affronter la période qui vient, il nous faudra être encore plus forts.

Pour cela, il faut renforcer notre organisation. Inlassablement, parce que c’est le rôle des militants, il nous faut expliquer que la classe ouvrière a le nombre pour elle : c’est sa force. Mais que seul, isolé, un salarié n’est rien, par contre, organisé, syndiqué, il contribue à construire le rapport de force nécessaire pour gagner.

Alors aucune hésitation, après ces élections, dans toutes les entreprises, allons voir nos collègues de travail pour leur proposer d’être des nôtres.
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Patrick HEBERT, Secrétaire général de l'UD CGT-FO de Loire Atlantique