InFOrmation syndicale

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18 janvier 2022

Le virus, c'est Blanquer !

 Cet édito a été rédigé à l'issue de la mobilisation massive dans l'Enseignement ce jeudi 13 janvier. 


Ce jour, jeudi 13 janvier 2022, des dizaines de milliers d’enseignants et de personnels de l’éducation Nationale et de la territoriale ont manifesté (près de 5 000 en Loire-Atlantique) dans les principales villes du pays. 75% des professeurs des écoles ont fait grève à l’appel de la totalité des organisations syndicales, avec le soutien de la FCPE. 

Il règne en ce début d’année 2022 un chaos sans nom dans les écoles. Devant la colère des enseignants, des personnels et des parents, le 1er ministre a tenté en début de semaine de calmer le jeu en assouplissant le «protocole sanitaire». Mais rien n’y a fait car l’exaspération est profonde. Les inspecteurs Force ouvrière ont même lancé un appel à se mobiliser : « Depuis le début de la crise sanitaire, les inspectrices et inspecteurs de l’éducation Nationale travaillent sans relâche à préserver la continuité du service public d’éducation, ceci malgré les innombrables injonctions ministérielles contradictoires et protocoles intenables. Cela fait deux ans que leur connaissance du terrain est ignorée, deux ans que le ministre choisit de communiquer par voie de presse (…), deux ans qu’au travail ordinaire s’ajoute la gestion extraordinaire qu’impose cette crise. Après deux ans, faute d’une gestion à la hauteur, l’école est dans un état de désorganisation inédit (…). Le ministre doit entendre la nécessité de doter les personnels, les écoles et les établissements de protection. Il doit entendre la nécessité d’attribuer des moyens humains supplémentaires (…)».


A titre d’exemple, nos camarades du SNUDI-FO 44 chiffrent les besoins à 250 postes supplémentaires dans le département pour limiter le nombre d’élèves par classe à 25 et assurer les remplacements de professeurs des écoles malades ou absents. Il revendique le recrutement des 23 candidats au concours admis sur la liste complémentaire et le retour à un nombre de places au concours à la hauteur des besoins (le nombre de places est passé de 300 en 2020 à 230 en 2021 !). Comme l’a exprimé Rodrigo Arenas, ancien président de la FCPE, « le premier geste barrière, c’est la diminution du nombre d’élèves dans les classes, c’est le remplacement des enseignants absents ».

Blanquer et avec lui Castex et Macron entendront-ils les revendications exprimées par les personnels ce jour? Ils sont visiblement inquiets de la tournure des événements. Mais pour l’heure, ils poursuivent une autre logique, celle de « l’école du futur », fondée sur l’augmentation du temps de travail des enseignants et personnels (élargissement des missions, télé-enseignement, annualisation, etc.), sur le salaire au mérite et sur une plus grande autonomie des écoles (recrutement des enseignants par le directeur d’école sur la base d’un projet pédagogique propre à chaque école), avec comme modèle l’expérimentation marseillaise de cinquante écoles présentée au mois de septembre dernier pour la rentée 2022-2023, malgré l’opposition quasi unanime des enseignants de ces écoles.

Il y a cependant une évidence. La colère qui s’est exprimée aujourd’hui fragilise encore un peu plus le gouvernement dans sa volonté de poursuivre le démantèlement de l’école Républicaine, des statuts des personnels, avec à la clé d’importantes coupes budgétaires.

Nous ne savons pas encore quelle forme prendra dans les prochains jours ce profond et puissant mouvement revendicatif. Certains souhaitent inscrire ce mouvement dans la durée et multiplier les journées d’action à répétition en prenant soins de noyer les revendications dans un magma informe. à l’inverse, nos camarades de la fédération Force ouvrière de l’enseignement exigent que Blanquer et le gouvernement répondent maintenant et sans délai aux revendications des personnels : «ces revendications sont claires. Cette grève n’est pas une grève «contre le virus» comme l’indique le ministre avec son mépris habituel. C’est une grève pour exiger :

  • L’arrêt des protocoles inapplicables qui sèment un désordre indescriptible dans les écoles et établissements ;
  • Des recrutements immédiats de personnels sous statut pour assurer le remplacement des enseignants absents et alléger les effectifs, l’annulation des suppressions de postes ;
  • De réelles mesures de protection pour les personnels ;
  • L’arrêt de toutes les pressions pour contraindre les personnels à effectuer l’enseignement à distance ;
  • L’augmentation de la valeur du point d’indice et l’octroi de 183€ nets indiciaires par mois pour les personnels de l’Éducation nationale, comme l’ont obtenu les hospitaliers.»


La question du retour à un baccalauréat national avec des épreuves terminales, ponctuelles et anonymes dès 2022 et de l’abandon du tri des élèves opéré par «Parcoursup», ainsi que la création d'un corps statutaire de la fonction publique d'état pour les personnels AESH font également partie des revendications essentielles dans cette situation chaotique.

Si le ministre et le gouvernement ne répondent pas à toutes ces revendications, la question d’une montée nationale à Paris en direction des Macron, Castex et Blanquer se posera. Nous serons bien entendu aux côtés de tous les personnels de l’éducation nationale pour les soutenir et ainsi obtenir satisfaction.»

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Soutien à la grève dans l'Enseignement

Enseignement: Audience avec le Premier ministre le 13 janvier 2022