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07 mars 2016

Retour sur l’accord Medef-Cfdt du 30 octobre 2015 sur les retraites complémentaires

La CGT-Force ouvrière n’a pas signé l’accord sur les retraites complémentaires du 30 octobre dernier. 
Celui-ci, signé par le patronat avec la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, ouvre la porte à un report de l’âge légal de départ à la retraite. Il inflige à tous les salariés qui remplissent les conditions d’un départ à la retraite à taux plein au régime de base, quel que soit leur âge, un « coefficient de solidarité » qui se traduit par un abattement de la pension complémentaire.

Une personne de 62 ans désireuse de partir à la retraite, ne pourra le faire qu’à 63 ans en 2019 si elle veut une retraite complète, sans décote (voir OS n°658). Et le dispositif frappe également les «carrières longues» et les professions ouvrant droit à la notion de «pénibilité».
L’accord MEDEF-CFDT sur les retraites complémentaires comporte de multiples dispositions allant contre l’intérêt des salariés et des retraités :
- Poursuite pendant encore 3 ans du blocage des retraites complémentaires, y compris les pensions de réversion ;
- Renchérissement du coût d’achat du point de retraite ;
- Report au 1er novembre (au lieu du 1er avril) de la date de revalorisation des retraites complémentaires, à partir de 2016.

Le report de l’âge de départ à la retraite
La disposition la plus grave implique, pour toutes les générations à compter de celle née en 1957, la mise en oeuvre dès 2019 d’un abattement de 10 % pendant 3 ans sur le montant de la retraite complémentaire.
Sont concernés tous les salariés qui remplissent les conditions pour faire valoir leurs droits à la retraite (nombre de trimestres requis et âge légal - à savoir 62 ans) : soit on accepte (quand on le peut !) un report de 4 trimestres du départ à la retraite, soit on subit l’abattement de 10% pendant 3 ans.

Avec ce nouvel accord MEDEF-CFDT, soit la personne désireuse de partir à la retraite voit ses ressources diminuer pendant 3 ans (alors que déjà la retraite entraîne une baisse de revenus), soit son départ à la retaite est reporté d’un an... Nul doute que les gouvernements utiliseront cet accord pour reculer l’âge légal de départ à la retraite ou augmenter encore la durée de cotisations pour tous les salariés, du privé comme du public.

Au SMIC, femmes, chômeurs, soumis à la pénibilité, carrière longue : tous sanctionnés !
Il faut savoir que 47 % des retraités ne sont plus en emploi au moment de la liquidation de leur retraite. Ceux-là n’auront d’autre choix que de subir l’abattement de 10 % pendant 3 ans. Pour eux ce n’est pas la retraite à la carte, mais le régime de restriction imposé ! Il s’agit-là en premier lieu des chômeurs qui, s’ils remplissent les conditions pour percevoir leur retraite de base, ne seront plus indemnisés par Pôle emploi.

Quant à ceux qui ont commencé à travailler avant leur 20ème anniversaire et qui pouvaient espérer partir plus tôt dans le cadre des carrières longues, ils sont également pénalisés et concernés par la décote des 10 %. Il en va de même pour les salariés qui exercent des professions dites «pénibles». Au lieu de partir à 60 ans s’ils remplissent les conditions, ils devront partir à 61 ans sous peine de subir pendant 3 ans l’abattement prévu par l’accord et repris par le gouvernement.

Mensonge de la CFDT
La CFDT explique que les petites retraites sont préservées, car le dispositif ne s’applique pas aux retraités exonérés de CSG.
Mais la CFDT ne dit pas que c’est le revenu fiscal de référence du foyer qui est pris en compte... et non celui du retraité.
C’est déjà très contestable sur le principe, car d’un système contributif (ce sont les cotisations versées qui ouvrent des droits) on passe à un système d’assistance (ce sont les conditions de ressources qui conditionnent les prestations).
Par ailleurs, pour une personne seule, le seuil d’exonération de la CSG est de 890  €, c'est-à-dire en-deçà du seuil de pauvreté. Et pour un couple, il suffit qu’une seule des deux personnes qui le composent dispose d’un salaire, même au SMIC, et l’abattement s’appliquera aveuglément aux deux.

Les actionnaires sont les vrais bénéficiaires de cet accord
Les efforts demandés aux entreprises ne représentent que 10 % du total des économies générées et le gouvernement a d’ores et déjà promis qu’il s’engageait à compenser ce surcoût de 10% !!!

Quand un accord est bon, on le signe, quand il est mauvais, on ne le signe pas et on le dénonce.


C. Compain
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Voir aussi : 
Pourquoi FO ne signe pas l’accord sur les retraites complémentaires