InFOrmation syndicale

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29 mars 2011

NEGOCIATION NATIONALE INTERPROFESSIONNELLE DE L'EMPLOI DES JEUNES

Le 15 mars 2011 s’est tenue au Medef la troisième séance de négociation consacrée à l’emploi des jeunes. 

La délégation Force Ouvrière était composée de : Stéphane LARDY, Secrétaire confédéral ; Alexandre DANGREAU, FO Jeunes ; Franc JOURDIN, Secrétaire national BTP ; Frédéric SOULLIOT, Secrétaire fédéral Métallurgie ; Sylvia VEITL, assistante confédérale. 

En ouverture de séance la délégation patronale rappelle qu’il a été décidé de traiter du sujet par le biais de trois grands thèmes à savoir : l’accès à l’emploi des jeunes, le maintien dans l’emploi des jeunes, et les freins matériels rencontrés qu’ils rencontrent pour l’accès au premier emploi.

Suite à la séance du 03 mars, les revendications de certaines organisations syndicales (dont Force Ouvrière), principalement consacrées dans un premier temps aux questions relatives à l’accès à l’emploi, sont parvenues au patronat.

Le patronat affirme avoir étudié ces revendications syndicales et les avoir retravaillées dans un texte remis sur table ce jour.

Après une suspension de séance, consacrée à une première analyse du texte patronal, Force Ouvrière fait notamment valoir que ce texte doit être considéré comme un document de travail dont le contenu doit évoluer dans le cadre de la négociation.

Force Ouvrière fait également observer qu’elle entend apporter des réponses concrètes et pragmatiques aux jeunes travailleurs en emploi ou demandeurs d’emploi qui rencontrent des difficultés d’accès et de maintien dans l’emploi. Les réponses proposées doivent donc être efficaces, simples et rapides.

A cet égard, FO remarque que « le fléchage jeunes » figurant dans le texte à propos de dispositifs existants et qui relèvent des interlocuteurs sociaux est une orientation qui correspond à ses demandes :
Réserver une partie du volume existant des Préparations Opérationnelles à l’Emploi aux jeunes peu qualifié dans la mesure où ce dispositif, créé par les partenaires sociaux dans le cadre de l’ANI du 07 janvier 2009, est particulièrement adapté aux jeunes rencontrant des difficultés d’accès à l’emploi et notamment au premier emploi ;
Mobilisation partielle des engagements financiers dans le cadre des appels à projets « illettrisme » et « savoirs de base » du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels en faveur des jeunes peu ou pas qualifiés,
Mobilisation d’une partie des moyens de l’association pour l’emploi des cadres en faveur des jeunes demandeurs d’emploi issus de l’enseignement supérieur.

A cet égard, la proposition « d’améliorer l’accompagnement vers l’emploi des jeunes ayant intégré l’enseignement supérieur », si elle peut paraître intéressante, doit pour Force Ouvrière impérativement s’articuler avec la négociation interprofessionnelle en cours relative aux missions de l’Association pour l’emploi des cadres (APEC).

En revanche, selon FO, deux propositions figurant dans le texte patronal relève d’un niveau différent de celui des interlocuteurs sociaux.

Ainsi, multiplier par trois le nombre de place dans les écoles de la deuxième chance et ouvrir ce dispositif aux jeunes en échec scolaire dès 16 ans contre 18 actuellement, relève de la compétence des pouvoirs publics.

De même, la proposition de création par les interlocuteurs sociaux d’une « plateforme orientation-formation-accès à l’emploi » ne peut ignorer la mise en place en cours par l’Etat du service dématérialisé de l’Orientation, décidé par la loi du 24 novembre 2009, au risque d’être redondant et donc inutile.

Enfin, s’agissant de la proposition relative à la mise en place d’un « accompagnement renforcé des jeunes ayant des difficultés d’accès à l’emploi », de nombreuses questions doivent être abordées avant d’envisager une telle proposition.

Pour Force Ouvrière, il s’agit au préalable de s’entendre sur ce que l’on souhaite faire, s’entendre sur ce qui doit être fait, avant de présenter la manière dont cet accompagnement serait réalisé et par qui.

En effet, FO fait valoir que pour être véritablement efficace il est nécessaire de cibler très précisément les jeunes concernés au regard des difficultés d’accès à l’emploi qu’ils rencontrent. Par cette mesure il conviendra de trouver des réponses adaptées aux jeunes demandeurs d’emploi les plus en difficultés pour accéder à un emploi pérenne et de qualité.

Par ailleurs, nous devons encore déterminer, notamment au regard du résultat des auditions qui ont été envisagées, en quoi le dispositif d’accompagnement que pourraient mettre en place les interlocuteurs sociaux, répond à un besoin des jeunes et en quoi cette mesure est complémentaire des dispositifs existants et actuellement mis en œuvre.

Après une brève suspension de séance, le patronat propose que les organisations syndicales fassent parvenir par écrit l’ensemble des contre propositions avant la prochaine séance de négociation afin de pouvoir les intégrer dans une version modifiée du document. Par ailleurs, des propositions de date pour une séance de travail consacrée à l’audition d’acteurs de l’emploi seront communiquées.

La prochaine réunion de négociation est fixée au 29 mars 2011. (NDLR : aujourd'hui)

Stéphane LARDY, Secrétaire Confédéral | Jean-Claude MAILLY Secrétaire Général