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27 juin 2011

ALLEZ VOUS FAIRE VOIR !

Les grecs sont une nouvelle fois descendus massivement dans les rues d’Athènes pour rejeter le nouveau plan de rigueur que les « inspecteurs » de la Troïka (FMI, BCE et UE) prétendent leur imposer.

Face à cette mobilisation, le premier ministre « socialiste » Papandréou a été incapable de trouver une majorité au parlement et a été contraint d’éjecter son ministre des finances.

Les tunisiens, les égyptiens disaient «dégage !», «dehors !» Les grecs disent aussi dehors le FMI, la BCE : ils disent à l’Union européenne d’aller se faire voir…

Les « bien-pensants » ont voulu réduire la révolution tunisienne à un « printemps arabe ». Les mêmes tentent aujourd’hui de nous expliquer que la Grèce est victime de ses propres turpitudes, et qu’il est normal de faire payer au peuple grec et à sa classe ouvrière la note résultant d’années de laisser-aller. A chaque fois c’est le même mépris !

Pourtant, le peuple grec est l’héritier d’une formidable civilisation qui a légué à l’humanité entière la démocratie, la philosophie, les bases des mathématiques, entres autres. L’essentiel de ces avancées de la pensée et de la science nous a d’ailleurs été transmis par les arabes.

Après plusieurs siècles d’obscurantisme moyen-âgeux, il a fallu attendre la renaissance italienne et française pour renouer avec tous ces apports essentiels. Pour les petits inspecteurs de la Troïka, tout ceci n’est que bavardage. « Quand j'entends le mot culture je sors mon revolver » disaient les nazis.

En Espagne, ce dimanche, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Madrid, de Valence, mais aussi de Barcelone. Comme en Grèce, les travailleurs espagnols s’opposent au plan de rigueur imposé par la « Troïka » et appliqué servilement par le gouvernement « socialiste » de Zappatero, lui-même soutenu par les dirigeants des deux principaux syndicats l’UGT et les Commissions ouvrières (les Chérèque et Thibault ibériques !).

Le système capitaliste est en crise, il conduit l’humanité à la barbarie.

Que ce soit en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie (en Chine par exemple), aux Etats-Unis (dans l’état du Wisconsin) ou en Europe, les peuples et la classe ouvrière sont entrés en mouvement. Ce mouvement est profond. Il balaie et balaiera ceux qui, par veulerie, par opportunisme ou par faiblesse, tenteront de s’y opposer.

La Troïka pense probablement pouvoir imposer sa politique dans la mesure où elle dispose de l’appui de la CSI (Confédération Syndicale Internationale) et de la CES (Confédération Européenne des Syndicats).

Elle se trompe. Les organisations syndicales ont la confiance des travailleurs quand elles défendent sérieusement leurs intérêts.

A l'inverse, dès lors qu'elles se font, comme en Espagne, les complices du gouvernement et de l’Union européenne, les travailleurs et la jeunesse trouvent d’autres formes d’organisation.

Bien sûr, cette situation est inquiétante, car de tels mouvements « spontanés » sont toujours l’objet de convoitises et peuvent être détournés de leurs objectifs initiaux à des fins diverses et parfois non avouables. Mais leur existence ne peut en aucun cas s’expliquer par de quelconques manœuvres politiciennes ou policières. Lorsque les travailleurs et les jeunes se détournent de leurs organisations, c’est obligatoirement parce que celles-ci ne répondent plus à leurs aspirations.

En France aussi, le gouvernement s’est engagé dans une politique de rigueur. A la demande de la BCE (Banque Centrale Européenne) et de l’Union européenne, il veut ramener le « déficit » public à 3% en 2013, afin de respecter les critères du Traité de Maastricht. Pour atteindre cet objectif, il faut quelques sérieux tours de vis supplémentaires, ainsi que les commissaires de l’UE viennent de le lui rappeler.

Comme en Grèce ou en Espagne, il est évident que la classe ouvrière française n’acceptera pas.

Dans ce contexte, les dirigeants de la CFDT, la CGT et l’UNSA ont choisi d’accompagner la CES en organisant le 21 juin une journée pour demander « une réduction graduelle des déficits publics ». (voir page 2)

En d’autres termes, la CFDT, la CGT et l’UNSA approuvent la politique de rigueur imposée par l’UE, mais demandent quelques aménagements dans son application, espérant peut-être qu’ainsi la pilule soit moins amère à avaler.

Quand on se souvient du rôle de ces organisations dans la bataille des retraites, nous ne sommes pas trop surpris par cette initiative. Il est probable que les militants de ces organisations, en particulier ceux de la CGT, ne se précipitent pas dans ces euro-manifestations.

Pour notre part, nous n’avons pas vocation à devenir auxiliaire des commissaires de la Troïka.

Par les positions claires prises par notre Confédération à l’occasion du conflit des retraites, nous avons acquis un capital de confiance auprès de nombreux militants, y compris dans d'autres organisations. Il serait stupide de dilapider un tel capital. Au contraire, c’est en refusant d’accompagner la mise en œuvre de la politique de rigueur que nous pourrons répondre aux aspirations de la classe ouvrière et conforter cette confiance.

Bien sûr cette position peut nous « isoler » de ceux qui ont fait le choix de soutenir l’Union européenne.

Mais en France d'ores et déjà les travailleurs résistent aux suppressions de postes, aux licenciements, et combattent pour préserver leurs statuts, leurs conventions collectives, pour exiger des augmentations de salaires et défendre leur protection sociale.

C'est pourquoi quand, demain, la classe ouvrière fera à nouveau irruption sur la scène de l’histoire, notre Confédération sera avec ceux qui disent aux petits commissaires et à leurs complices :
« Allez vous faire voir ! »
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Edito de Patrick HEBERT, Secrétaire général de l'UD CGT-FO de Loire Atlantique