InFOrmation syndicale

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23 novembre 2011

DEUX POIDS DEUX MESURES

Le gouvernement cumule les annonces et décisions à l’encontre des salariés du privé et du public. 

Après avoir durci la contreréforme de 2010 sur les retraites, augmenté la TVA et l’impôt sur le revenu, bridé le pouvoir d’achat des prestations sociales, réduit encore les dépenses publiques et sociales, il veut ajouter un jour de carence supplémentaire en cas de maladie aux salariés du privé et en créer un pour les fonctionnaires.

Dans le privé, cela pénalisera fortement les salariés dont, déjà, les trois premiers jours de carence ne sont pas pris en charge faute d’accord collectif. Cela concerne plus particulièrement les salariés des TPE et des PME. C’est une forme de mépris à leur égard.

Dans la fonction publique, ce n’est pas la Sécurité sociale qui est concernée mais l’État, car c’est lui qui maintient le salaire. Ce n’est pas de l’équité, c’est tout simplement une économie budgétaire sur le dos des fonctionnaires.

Le premier jour de maladie sera considéré comme un jour de grève en quelque sorte, sauf qu’on choisit de faire grève, on ne choisit pas d’être malade et on s’arrête sur prescription médicale. Nombre de médecins du travail considèrent d’ailleurs qu’un arrêt de quelques jours correspond souvent à une décompression indispensable face au stress, qui risque dès lors de s’accroître.

Pire, comme le gouvernement a laissé le champ libre à des officines privées pour contrôler, avec les médecins appointés par l’employeur, les arrêts de travail, on accroît la suspicion sur les travailleurs, qui risquent de devoir rembourser les indemnités journalières ou l’État.

Pour FO, les contrôles doivent être exercés par les médecins de la Sécurité sociale, pas par des médecins privés.

Le gouvernement serait beaucoup plus efficace budgétairement s’il s’attaquait à la fraude sur la TVA ou à la fraude fiscale, qui représentent des dizaines de milliards d’euros. En quelque sorte, la fraude des riches c’est de l’intelligence qu’on épargne; celle supposée des moins favorisés qu’on stigmatise, une arnaque qu’on sanctionne. Deux poids deux mesures qui ne peuvent qu’alimenter le populisme le plus dangereux.

Face à ce train d’austérité, les syndicats se sont réunis le vendredi 18 novembre pendant plusieurs heures au siège de la CGT. Dès avant la réunion, Force Ouvrière avait clairement annoncé sa position:

  • oui à une action commune déterminée. Si nous acceptons l’idée d’une première journée avec manifestations, une deuxième journée ne peut se traduire que par un appel clair, en commun, à 24 heures de grève interprofessionnelle; 
  • non à une succession de journées d’action; 
  • nécessité de revendications claires. 

Cette réunion fut décevante, les tensions nombreuses. Dans ces conditions, Force Ouvrière, qui a accepté d’assister à une réunion des syndicats mais refuse le carcan anesthésiant de «l’intersyndicale», n’est pas signataire de la déclaration commune des cinq syndicats. Celle-ci appelle à diffuser un texte commun (à rédiger) du 1er au 15 décembre, avec un «temps fort» (rassemblements notamment) le 13 décembre.

Nous diffuserons nos propres revendications et positions, et notre participation au 13 ne peut être que sur ces bases.

La Commission exécutive confédérale du 24 novembre fera le point.

Encore une fois, nous devons garder nos positions, notre cohérence et notre détermination.
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Éditorial de Jean-Claude Mailly