InFOrmation syndicale

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18 janvier 2012

20/21 : QUI DIT MIEUX ?

2012 commence en fanfare. L’agence de notation Standard and Poor’s a abaissé la note de la France, tandis que l’agence Moody’s annonce qu’elle maintient le triple A. La belle affaire ! Le Général de Gaulle déclarait que « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ». Aujourd’hui ce sont les agences de notation qui semblent décider du sort de millions de gens dans le monde entier !

En effet, c’est au prétexte de la préservation du triple A que le gouvernement a justifié les contre-réformes, en particulier celle des retraites en 2010, et depuis les plans d’austérité successifs.

Pourtant M. Baroin minimise cette dégradation. Il déclare que 19 sur 20 est encore une bonne note. M. Fillon, en sa qualité de premier ministre, fait encore plus fort dans la surenchère (normal, hiérarchie oblige) : « L'échelle de notation de Standard and Poor’s a 21 crans. C'est comme si la France était notée 20 sur 21. »

En quelque sorte, nous sommes les bons élèves.

En réalité, cela fera 30 ans en juin prochain que le gouvernement de Pierre Mauroy, sous la Présidence de François Mitterrand, a décidé du « tournant de la rigueur ».

30 ans, c’est déjà de l’histoire ancienne. On sait maintenant que c’est l’influence de Jacques Delors qui a été prépondérante, et qu’à l’époque le parti socialiste et le gouvernement étaient très divisés sur cette question.

Cette politique de rigueur que nous subissons encore aujourd’hui répondait à l’objectif de maintenir le franc dans le «serpent monétaire européen».

Ce système monétaire a débouché dans un premier temps sur l’ECU, puis sur l’EURO ! Rappelons, pour la petite histoire, que la monnaie unique devait initialement s'appeler ECU, et que c’est officiellement pour des raisons de prononciation que cette dénomination a été abandonnée au profit de l’EURO. Certaines mauvaises langues prétendent que le gouvernement allemand ne voulait pas de l’ECU parce que celui-ci rappelait trop une ancienne monnaie française !!!

Depuis 30 ans, les gouvernements successifs ont renoncé à toute politique indépendante, et, au prétexte d’améliorer la compétitivité des entreprises, ont mis en œuvre une politique fondée sur «l’abaissement du coût du travail».

Dans les faits, cette politique a débouché sur les privatisations de pans entiers de notre économie, sur la fermeture de centaines d’entreprises.

De 1980 à 2010, le chômage est passé de 1,3 millions à 2,6 millions (chiffres officiels) pour la seule catégorie A. On peut estimer le nombre réel de chômeur à 4,6 millions. 1,8 millions d’emplois industriels ont disparu, détruits par les fusions, privatisations et autres restructurations.

Cette recherche constante d’abaissement du coût du travail a aussi conduit aux délocalisations massives, cette sorte de «commerce triangulaire» inversé.

En effet, à l’époque du trafic d’esclaves, on transportait les hommes sur les lieux de production.

Aujourd’hui, on transporte la production sur les lieux où se trouvent les nouveaux esclaves, là où le «coût du travail» est le moins élevé.


Cette recherche du profit maximum ne connaît pas de limites. Alors que la crise du système capitaliste frappe durement des millions de travailleurs dans le monde entier, jamais les gains des banques et des entreprises n’ont été aussi importants.

Pour «améliorer» encore ces résultats, la Troïka a décidé de s’attaquer maintenant au financement de la protection sociale. Pourtant, en France, les entreprises bénéficient chaque année de plus de 30 milliards d’exonérations de cotisations sociales (32 milliards pour l'année 2011) et de 100 milliard d’aides publiques diverses.

Aujourd’hui, la Troïka veut s’attaquer au fondement même de notre protection sociale, c'est-à-dire à nos cotisations assises sur notre salaire.

En clair, elle veut nous voler une part de notre salaire, celui que nous appelons le «salaire différé». Ce sont ces cotisations qui nous appartiennent qui servent à financer notre assurance maladie, nos retraites, notre assurance-chômage et les allocations familiales.

M. Fillon, dans le Journal du Dimanche du 11 janvier, n’y va pas par quatre chemins : «la priorité est de prendre une mesure significative sur la baisse du coût du travail».

Pour qu’il n’y ait pas de doute, il ajoute : «Comment baisser le coût du travail en réformant le financement de la protection sociale, comment mettre de la souplesse dans les entreprises avec les partenaires sociaux?».

Sa réponse : la TVA dite «sociale» ! Dans un premier temps on nous vole nos cotisations, dans un deuxième temps on nous fait payer la TVA dite sociale. On est donc volés deux fois !

Pour sa part, M. Hollande s’oppose à la proposition du gouvernement. Il a une bien meilleure idée : la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu. La CSG, cet impôt créé par Michel Rocard, était déjà un début de fiscalisation de nos cotisations sociales. C’est pourquoi notre confédération s’y était opposé et s’y oppose toujours fermement.

La proposition de M. Hollande ne devrait pas nous surprendre, puisque déjà en 2009 il déclarait : «Je considère qu’aujourd’hui, la part de l’impôt doit être élargie, je ne considère plus normal que les cotisations sociales servent à financer la politique familiale, il n’est pas normal non plus que sur le chômage, ce soient essentiellement les cotisations qui servent de ressources.»

M. Hollande faisait partie des «12 apôtres» fondateurs du club «Témoins» du Père la rigueur Jacques Delors.

Ainsi, 30 après, la boucle est bouclée !

C’est dans ce contexte que va se tenir le 18 janvier le «Sommet social».

Nous en ignorons pour l’instant le contenu détaillé. Mais, compte tenu du contexte, il est probable que des propositions «désagréables» y soient annoncées.

Bien sûr nous n’accepterons pas un nouveau tour de vis. Nous refuserons la TVA dite «sociale».

Mais nous nous gardons bien aussi de nous laisser entraîner dans des manœuvres préélectorales.

L’intersyndicale institutionnalisée va peut-être nous proposer une nouvelle fois quelques initiatives ridicules.

Nous n’avons rien à faire avec une CFDT qui, acoquinée avec la CGT, se prononce en faveur de mesures ("justes" bien sûr) pour lutter contre la dette.

Notre rôle n’est pas d’accompagner un plan de rigueur dicté par le FMI, la BCE et l’Union européenne. Bien au contraire, il est de défendre les intérêts des salariés.

C'est pourquoi nous devons préserver notre indépendance.

Non à la dictature de la dette !

Non à l’austérité, qu’elle soit de droite, de gauche ou syndicale !

Bonne année ... quand même...