InFOrmation syndicale

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15 mai 2012

INTERVIEW: LAURENT HALET DÉLÉGUÉ SYNDICAL À ABRFI

Laurent Halet, délégué syndical FO à ABRFI (construction et réparation de wagons de frêt ferroviaire - Châteaubriant)



L'Ouest Syndicaliste : ABRFI est une entreprise présentant une particularité : avoir une partie de son capital détenu par ses salariés. L'actionnariat ouvrier c'est payant ?

Laurent Halet : Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'à ABRFI, entreprise spécialisée dans la construction et la réparation de wagons ferroviaires de marchandises, et qui compte aujourd'hui 180 salariés, nous avons fait l'expérience des limites de l'actionnariat ouvrier. Au départ, il y a environ une vingtaine d'années, l'entreprise était en grande difficulté, et, comme LIP dans le années 70, sur le point de fermer définitivement. Pour éviter cette issue, les salariés d'alors ont investi leurs indemnités de licenciement dans le capital de la boîte.

Depuis lors, une des conditions pour être embauché est de devenir actionnaire. Mais les actions sont bloquées 5 années durant ; et au-delà des 5 années, il faut un justificatif avec devis de projet d'investissement (acquisition ou travaux immobiliers par exemple). Quant aux dividendes, au niveau ouvrier tout au moins, on n'en n'a jamais vu la couleur. Aujourd'hui le capital de ABRFI est détenu à hauteur de 37,4% par ses salariés, et de 62,6% par le groupe AORF, dont le capital est lui-même détenu à 33% par les salariés et à 67% par un actionnaire privé et sa société patrimoniale familiale, SOFREMOND.

Je ne sais pas si, à l'origine, c'était le fait, et les illusions pouvant en découler, d'être "actionnaire" de l'entreprise, qui était la source de l'absence pérenne de toute organisation syndicale à ABRF.

Toujours est-il que la conjonction actionnariat ouvrier minoritaire / désert syndical avait conduit à l'inexistence de toute vraie pratique contractuelle à ABRF et à l'inorganisation revendicative des salariés.

L'O.S. : Jusqu'au jour où, en lien avec des syndicalistes FO de la fonderie de Châteaubriant, la FMGC, une section FO a été consituée à ABRFI ...

L. Halet : Cela s'est produit à la fin de l'année dernière. La détérioration du climat social, suite à la manière dont l'actionnaire "majoritaire" traitait les actionnaires "minoritaires" salariés, a provoqué une démission collective des élus du personnels.

C'est là qu'avec Anthony Forget de la FMGC, nous avons constitué une section FO et déposé des listes FO aux scrutins organisés en novembre et décembre 2011, pour désigner de nouveaux représentants du personnel.

Le résultat fut sans appel : dans tous les collèges, que des élus Force Ouvrière !

Depuis, la donne a changé à ABRFI : avec FO, la pratique contractuelle s'est imposée dans les rapports salariés / direction.

FO a obtenu en février dernier 3% d'augmentation générale à l'occasion des NAO 2012, ce qui prouve qu'entre un bon accord salarial et les aléas de l'actionnariat ouvrier, il n'y a pas photo.

Parallèlement, nous avons négocié des avancées en matière de conditions de travail, sur les postes de travail en particulier.

Aussi notre jeune section syndicale se porte-t'elle très bien. Nous en sommes à une cinquantaine de cartes FO ; et 6 de nos syndiqués se sont inscrits pour 2012 aux stages de formation organisés par l'UD-FO.
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Abo à L'Ouest Syndicaliste : http://www.fo44.org/p/louest-syndicaliste.html