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26 septembre 2012

LA MÉTÉO SOCIALE (17 sept. 2012)


Jeudi 6 septembre, la décision de la Banque Centrale européenne d'acheter sur le marché secondaire (1) "en quantité potentiellement illimitée" les obligations "pourries" détenues par les banques commerciales, jette une lumière crue sur les tenants et aboutissants de la "construction européenne".

Après avoir inondé de liquidités ces mêmes banques (1018,5 milliards d'euros de prêts à 1% !) pour leur éviter la faillite -ce qui n'a pas suffi- la BCE leur retire donc les pertes potentielles.

Déjà 75 milliards d'euros d'obligations grecques, portugaises et irlandaises sont inscrites au bilan de la BCE. S'ajoutent 211 milliards de rachat de titres italiens et espagnols.

Et ce n'est qu'un début...

Comme la BCE ne peut créer de la monnaie (Le Traité de Maastricht l'interdit au prétexte de la lutte contre l'inflation ...), ces rachats seront financés en empruntant à ces mêmes banques provisoirement sauvées qui empocheront au passage un intérêt... Jackpot !

Pas étonnant que les banksters (2) exultent ! Super Mario (3) a encore frappé ! Le Président de la BCE, qui fut vice-président pour l'Europe de Goldman Sachs (la plus puissante banque du monde; 700 milliards d'euros d'actifs, deux fois le budget de la France...), pourra étendre davantage les tentacules de la Pieuvre (4) : il supervisera toutes les banques de la zone euro, selon le projet d'Union bancaire présenté le 12 septembre par la Commission européenne.

N'en déplaise au président allemand de la Buba(5), qui, dans une ultime posture solitaire a voté "contre" lors de la réunion de la BCE du 6 septembre, l'Union européenne n'est, ni ne sera allemande; elle n'est qu'une Union monétaire et bancaire sous protectorat... américain.

La BCE a donc une nouvelle fois différé l'écroulement systémique de l'industrie financière sans pouvoir toutefois régler la crise. Le rachat des obligations "pourries" est en effet soumis à une stricte condition, celle de "la mise en place des programmes d'ajustement budgétaire" synonymes de la "règle d'or"(6).

Le racket ne peut pas fonctionner sans carburant : le job des gouvernements successifs, porte-flingues des banksters, consiste donc à le pomper. Leurs "programmes d'ajustement budgétaire" organisent le siphonnage illimité (lui aussi) des protections sociales collectives, salaires, pensions, droits sociaux, services publics...

Mais c'est sans compter sur la résistance des peuples qui frise l'explosion, partout en Europe.
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JA - L'Ouest Syndicaliste
1- Là où s'échangent les titres appelés "obligations souveraines", émises par les Etats emprunteurs et détenues par les banques commerciales
2- Mot fabriqué par les américains pour désigner les banquiers = gangsters.
3- Le Président de la BCE, Mario Draghi, ainsi baptisé par L'Expansion
4- Surnom donné à Wall Street à la banque américaine Goldman Sachs.
5- Jens Weidman, président de Bundesbank, la banque d'Allemagne.
6- La règle d'or, inscrite dans le Traité TSCG, impose le strict équilibre budgétaire que vise, en France, la ponction de 30 milliards d'euros sur les entreprises et les ménages.