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06 juillet 2013

CONGRÈS DE LA FÉDÉRATION DES FINANCES : «LES INTERROGATIONS SE TRANSFORMENT EN COLÈRE»

Deux cents délégués ont participé au dix-huitième congrès de la Fédération FO des Finances les 18,19 et 20 juin, accueillis aux Karellis par l’Union départementale FO de Savoie. Un congrès marqué par l’émotion qui a entouré la présence de Laurent Aubursin, Secrétaire général sortant confronté à des problèmes de santé, et la détermination à défendre les revendications des agents, coûte que coûte. 


Le jour de l’annonce du gel des salaires des fonctionnaires en 2014, le lendemain de la présentation du rapport Moreau sur les retraites et à la veille de la conférence sociale... On peut dire que le congrès de la Fédération FO des Finances, du 18 au 20 juin aux Karellis, en Savoie, s’est déroulé dans un contexte particulièrement tendu. Il a également été marqué par la très grande émotion qui a entouré, tout au long des travaux, la présence, après plusieurs mois d’hospitalisation et malgré un état de santé encore extrêmement éprouvant, de Laurent Aubursin, Secrétaire général sortant de la fédération.

Après avoir longuement remercié l’équipe fédérale qui a fait face pendant les quatorze mois de son absence et tous les militants et amis qui l’ont soutenu dans cette période, Laurent Aubursin, qui n’a pas cherché à dissimuler à quel point il était touché, a montré par la présentation de son rapport d’activité, adopté à l’unanimité, que la maladie n’avait à aucun moment entamé sa vigilance, ni sa détermination à défendre les intérêts de ses mandants.

«Le 18 avril, nous avons rencontré pour la première fois le ministre délégué au Budget, Bernard Cazeneuve, et nous sommes sortis de cette audience sans aucun message d’espoir. Le ministre de l’Économie et des Finances, Pierre Moscovici, n’a répondu que fin mai à notre demande d’entrevue que nous lui avions transmise le 22 janvier... Je ne vois pas de changement entre ce gouvernement et celui d’avant», a notamment déclaré le Secrétaire général sortant. Et de poursuivre: «On nous avait dit que la précédente réforme des retraites allait assurer la pérennité du système pendant vingt ans. Je trouve que le temps a passé bien vite! Mais nous, nous pouvons être sereins car nous n’avons donné aucune consigne de vote. Alors nous verrons comment se positionneront les uns et les autres à la rentrée.» Christian Grollier, Secrétaire général de la FGF (Fédération générale des Fonctionnaires), dont fait partie la Fédération des Finances , a précisé: «Le risque est de se focaliser sur l’opposition public-privé et que cela fasse oublier le principal enjeu, à savoir l’allongement de la durée de cotisation à 44 ans [...]. Nous , FGF, refusons de revivre ce qui s’est passé la dernière fois, avec les journées de mobilisation saute-mouton. Si nous avions bloqué le pays pendant plusieurs jours suivis, nous n’en serions pas là. C’est le mandat que nous porterons.»

LES FONDAMENTAUX: LES CAHIERS DE REVENDICATIONS 

En attendant, les congressistes ont clairement réaffirmé leurs revendications. Leur résolution générale exige ainsi un niveau de pension a minima de 75% de la dernière rémunération, la revalorisation du minimum de pension, le rétablissement du droit au départ en retraite anticipée pour les fonctionnaires, hommes et femmes, qui ont eu au moins trois enfants, la suppression des systèmes décote/surcote, la prise en compte des années d’études supérieures dans le calcul du nombre d’annuités nécessaires pour une retraite à taux plein et le maintien de la référence à l’indice de rémunération détenu les six derniers mois d’activité pour la liquidation de la pension. Les délégués se sont opposés à tout allongement de la durée de cotisation.

Plusieurs militants ont également dénoncé la stérilité du dialogue social. Pascal Pavageau, qui représentait la Confédération au congrès, a répondu à cette préoccupation en déclarant notamment: «On ne nous a jamais autant parlé! Au niveau de la Confédération nous avons compté et nous en sommes à trois sollicitations quotidiennes pour rencontrer des ministres! Pourquoi? L’un d’entre vous a dit: pendant ce temps, on ne fait pas autre chose. Eh bien, vous avez la réponse! […] Revendiquer a toujours été important. Aujourd’hui c’est une question de survie. Il nous faut revenir aux fondamentaux: les cahiers de revendications.»

Les délégués ne s’en sont pas privés, plusieurs d’entre eux exprimant le mécontentement grandissant des agents. «En plus du gel du point d’indice, on s’attaque aujourd’hui au GVT [Glissement vieillesse technicité, ndlr], c’est-à-dire à nos promotions. Les interrogations des personnels se transforment en colère, a indiqué la déléguée de la section fédérale des Hauts-de-Seine. «Le changement promis n’a aucune traduction concrète. On nous dit que la RGPP est finie mais la MAP commence. On nous dit que c’est la fin du non-remplacement d’un départ sur deux en retraite, mais on nous impose les redéploiements de personnel. Bref, tout change pour que rien ne change!», s’est exclamée celle de la Moselle. Et le représentant de la section parisienne a témoigné: «Avec les personnels nous avons dressé les cahiers de revendications et nous les avons portés en délégation auprès du directeur régional. Nous étions trois cents délégués représentant quasiment tous les services. Dernièrement, soixante collègues d’un poste du 17e, accompagnés de leurs délégués syndicaux, se sont rassemblés devant le site pour réclamer de meilleures conditions de travail. La direction a immédiatement dépêché quelques directeurs pour calmer le jeu. Tout le monde sent bien que les collègues sont à bout.»
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Evelyne Salamero - es@force-ouvriere-hebdo.fr
Finances FO: http://www.financesfo.fr/