InFOrmation syndicale

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11 juillet 2013

LA GRÈVE GÉNÉRALE VA S'INSCRIRE À L'ORDRE DU JOUR !

En juillet 1935, au nom de "l'équilibre budgétaire" (déjà!), le gouvernement de Pierre Laval amputait de 10% le salaire des fonctionnaires.
En juin 2013, au nom de "l'assainissement des finances publiques" pour respecter les critères de Maastricht ( pas plus de 3% de déficit ! ), la ministre de la fonction publique, Mme Lebranchu, annonce le gel des salaires des fonctionnaires, pour la cinquième année consécutive, ce qui s'ajoutera aux 7,1% de perte cumulée depuis 2010 (1).

Certes la méthode est différente. Avec Laval c'était propre et net : la guillotine ! Avec Lebranchu c'est plutôt le garrot à l'espagnole. Le supplicié est assis sur une chaise, sa tête appuyée sur le dossier est enserrée dans un collier de fer muni d'une vis que l'Inquisiteur actionne lentement jusqu'à l'étranglement ...

A la veille de la conférence sociale, l'insane provocation de Lebranchu en a dit long sur le véritable contenu du "dialogue social".

Sagement assis sur leurs chaises qu'ils n'ont pas voulu laisser vides, les "partenaires sociaux" ont donc écouté une fois de plus le porte-parole de Olli Rehn (le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires) rabâcher les consignes qu'il était allé chercher à Bruxelles.

Cela dit, la pompeuse "Grande Conférence sociale" aura finalement accouché d'une ennuyeuse messe basse. Ramant dans le doute, le petit télégraphiste d'Olli Rehn l'a reconnu lui-même : il faut "se méfier des grandes messes où il n'y a plus la foi". Notre camarade Jean-Claude Mailly a ensuite enfoncé le clou :
" Lors des grandes messes, je n'aime pas les communions", pour conclure : "La feuille de route du gouvernement ne nous engage pas". Fermez le ban !

La réplique à 1935 fut la grève générale de juin 1936.

A l'époque il était pourtant "minuit dans le siècle", écrivait Victor Serge : la Gestapo nazi et le Guépeou stalinien semaient partout la barbarie.

Aujourd'hui l'élan de la révolution tunisienne (2) semble irrésistible : après la Turquie, il soulève le Brésil ! Les grecs que l'on disait résignés après une douzaine de "grèves générales" à répétition infligées par des sommets syndicaux étranglés par le dogme de la construction européenne, viennent à nouveau de déployer leur force inentamée pour renvoyer la Troïka dans ses cordes .

En France, c'est une certitude, la grève générale va s'inscrire à nouveau à l'ordre du jour !
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JA
1- Au regard des chiffres officiels de l'inflation. Et sans parler des 48% de perte de la valeur du point d'indice depuis le "tournant de la rigueur" de 1982... de sorte, par exemple, qu'un professeur des écoles débute aujourd'hui sa carrière avec un salaire à peine supérieur au SMIC
2- Qui n'a rien d'"arabe" ni de "printanier" mais beaucoup de 1789 ...